Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Immobilier > Travaux > Etre assuré de rester chez soi, même dépendant

Etre assuré de rester chez soi, même dépendant

Etre assuré de rester chez soi, même dépendant
Juin 2005
Le Particulier n° 990, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

Perdre son autonomie, même partiellement, entraîne des frais très importants. Pour pouvoir rester à son domicile dans de bonnes conditions, mieux vaut prévoir des solutions adaptées. Voici les pistes à explorer en priorité.

Assurances ou produits d'épargne : le choix dépend de votre âge aujourd'hui

Rester à son domicile lorqu'on est très âgé, même après avoir perdu tout ou partie de son autonomie ? C'est le souhait de la grande majorité d'entre nous. Mais encore faut-il disposer, le moment venu, des ressources suffisantes pour faire face aux frais que cette perte d'autonomie entraîne. D'autant plus que, en cas de dépendance totale, la présence permanente d'une tierce personne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 représente l'équivalent de 5 emplois à temps plein. Rester à son domicile risque alors d'être plus coûteux qu'un hébergement dans une structure spécialisée. En cas de dépendance seulement partielle, les sommes en jeu restent élevées : à raison de 3 heures d'aide par jour, par exemple, il faut prévoir une dépense supérieure à 1 000 € par mois. Or, selon les statistiques des assureurs, l'espérance de vie d'une personne âgée dépendante est de 4 à 5 ans (davantage dans le cas d'une dépendance psychique). À raison de 1 000 € par mois pendant 5 ans, ce sont donc 60 000 € qui devront être déboursés. Et si la dépendance doit durer 10 ans et coûter 2 000 € par mois, la facture finale atteint 240 000 €. L'aide de la collectivité, sous la forme de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA) et de divers allégements fiscaux (voir p. 66), reste limitée et ne couvre, au mieux, qu'une partie de ces coûts. En outre, il n'est pas sûr que cette aide demeurera à son niveau actuel dans l'avenir, lorsque l'augmentation du nombre de "papy-boomers" entraînera mécaniquement celle des personnes âgées dépendantes.

Plus tôt vous prendrez des mesures, plus nombreuses seront les solutions.

Sauf si vous vous en remettez par avance à l'aide financière de vos enfants ou à leur assistance bénévole, il faut donc vous préparer une protection adaptée. Vous pouvez pour cela souscrire une assurance couvrant le risque de dépendance, investir dans un produit d'épargne transformable en protection dépendance, ou tout simplement épargner pour constituer un capital qui sera mis à contribution si le besoin se fait ressentir. Par ailleurs, si vous envisagez de transmettre, de votre vivant, une partie de votre patrimoine à vos enfants ou petits-enfants, prenez la précaution de vous réserver les moyens suffisants pour faire face au risque de dépendance (voir le n° 981 du Particulier). Dans tous les cas, au regard des sommes à mobiliser pour couvrir le risque de perte d'autonomie, plus tôt vous prendrez des mesures, et plus l'éventail des possibilités sera ouvert.

L'assurance dépendance : bon marché à 50 ans, mais risquée.

Les assurances spécifiques contre la dépendance reposent sur un principe simple : vous payez une prime et, le jour où vous devenez totalement dépendant, l'assureur vous verse une rente. La prime peut être viagère (versée sans limite de durée), temporaire (versée par exemple sur 10 ans), ou unique (voir p. 68). Dans tous les cas, cette prime dépend du montant de rente souhaité et de votre âge à la souscription : plus il est élevé, plus l'assurance est chère. En revanche, vos cotisations n'augmentent pas ensuite avec votre âge. Gros avantage de cette formule : son coût abordable, d'autant plus si vous y souscrivez dès 50 ans, par exemple. Il vous en coûte, en effet, de 30 à 40 € par mois pour être couvert à hauteur de 1 000 € mensuels si vous devenez totalement dépendant. Comptez environ 10 € de plus pour percevoir également une partie de cette rente en cas de dépendance partielle. Ces montants doivent être doublés dans le cas où les deux membres d'un couple veulent se couvrir contre le risque de dépendance.

Des risques sur le long terme. Cette formule présente néanmoins deux défauts importants. D'une part, elle est "à fonds perdus" : vous aurez donc payé pour rien si vous vivez toute votre vie sans perdre votre autonomie ou en la perdant pendant une durée très courte – c'est heureusement, au vu des statistiques, l'hypothèse la plus probable. D'autre part, l'assureur se réserve toujours la possibilité, au cas où il enregistrerait de mauvais résultats sur ce contrat, de réviser les cotisations à la hausse, ou les prestations garanties à la baisse. Ce n'est pas une hypothèse d'école : AG2R, le principal acteur sur ce marché, a augmenté en 1999 de plus de 30 % les cotisations de son contrat Saphir, et les assurés ont dû, soit payer plus cher, soit accepter une protection réduite, soit résilier le contrat en perdant les primes déjà versées. Pour un contrat que vous êtes appelé à conserver une trentaine d'années avant d'en bénéficier, c'est un risque délicat à prendre. C'est pourquoi, à cet âge, avant d'opter pour une assurance dépendance, il faut aussi explorer la piste de l'épargne.

L'assurance vie, pour ne pas perdre le capital investi. Avec un placement financier sans risques, type assurance vie en euros, rémunéré 4 % par an en moyenne, vous devez, à partir de 50 ans, épargner 116 € par mois pour disposer d'un capital de 60 000 € à 75 ans (âge à partir duquel le risque de dépendance devient plus sérieux). Pour disposer de cette somme à 80 ans, vous devrez épargner 83 € par mois. L'effort financier est donc nettement plus important que pour une assurance dépendance, et, là aussi, il le sera deux fois plus pour un couple. En revanche, le capital ainsi constitué ne sera pas perdu si vous n'êtes jamais dépendant.

A 60 ans, l'assurance dépendance devient chère mais reste accessible.

A 60 ans, la solution de l'assurance vie exige un effort d'épargne important : pour disposer de 60 000 € à 75 ans, il faut verser, à partir de 60 ans, 243 € par mois rémunérés à 4 % ; et 163 € pour atteindre cet objectif à 80 ans. L'assurance dépendance souscrite à 60 ans sera également chère mais restera plus accessible (60 € environ pour 1 000 € de rente par mois en cas de dépendance totale ; 70 à 100 € en ajoutant une garantie dépendance partielle). Si vos capacités financières sont limitées, c'est un bon compromis pour une protection optimale, à condition de bien choisir le contrat (voir pp. 68 et 69).

Cumuler assurance vie et assurance dépendance. Si vous disposez de moyens plus importants, des contrats d'assurance proposent désormais de mixer épargne et protection dépendance, et vous évitent de cotiser à fonds perdus. En revanche, vous devrez verser davantage que sur une assurance dépendance, puisque seule une partie de vos primes sera affectée à cette garantie. Si le risque de perte d'autonomie ne se réalise pas, vous pourrez récupérer, de votre vivant, une partie de vos versements et des intérêts produits, ou, en cas de décès, ce capital sera versé au(x) bénéficiaire(s) que vous aurez désigné(s), dans le cadre fiscal favorable de l'assurance vie (voir p. 92). Ainsi, avec Partenaire Liberté, d'Auxia, vous effectuez un versement unique dont 75 % serviront à financer une rente versée en cas de dépendance, tandis que les 25 % restants sont investis sur un fonds d'assurance vie en euros. L'intérêt d'un tel produit est néanmoins limité, car vous pouvez aussi bien d'une part, souscrire une assurance dépendance, et, d'autre part, une assurance vie (ou alimenter un contrat que vous détenez déjà).

Sur le contrat Libre Autonomie des AGF, à l'inverse, la totalité de vos versements est épargnée, et cette épargne est transformée en rente viagère en cas de dépendance. Les frais d'entrée (jusqu'à 8 %, voir p. 68) sont majorés par rapport à une assurance vie classique (3 à 4 %) et le capital est perdu en cas de dépendance.

Par ailleurs, certains contrats vous garantissent immédiatement un montant de rente en cas de dépendance (la majorité), tel Safir Plus revenus (voir p. 69), tout en vous laissant constituer cette protection par des versements étalés dans le temps, et ceux qui, comme aux AGF ou à la Fédération continentale, conditionnent le montant de la rente au capital constitué au moment où vous devenez dépendant. Ces derniers sont à privilégier seulement si vous disposez d'ores et déjà d'un capital important à placer.

Quelle que soit la formule, la dépendance partielle est souvent exclue. Autre différence notable à retenir : seuls certains contrats, comme celui des AGF, garantissent, en cas de dépendance partielle, une rente elle aussi partielle. D'autres, tels Safir Plus Revenus d'AG2R ou Aviséo de Maaf Assurances, n'interviennent qu'en cas de dépendance totale, celle-ci étant le plus souvent définie comme l'impossibilité pour la personne assurée d'accomplir seule et de manière constante trois des quatre actes courants de la vie quotidienne (se déplacer, s'habiller, se laver et s'alimenter), ou comme la nécessité de recourir à l'assistance permanente d'une tierce personne. En outre, certains contrats prévoient que la mise en jeu de la garantie dépendance vous fait perdre tout droit sur le capital constitué (ainsi qu'aux bénéficiaires en cas de décès) même si, à votre décès, le service de la rente n'a pas absorbé tout ce capital. Sur de tels contrats, il faut donc limiter ses versements à ce qui est strictement nécessaire pour constituer la rente souhaitée. À cet égard, la Fédération continentale envisage d'inclure prochainement dans les contrats qu'elle commercialise une option très attrayante si vous disposez d'une somme importante à placer : vous pourrez choisir de cumuler une rente, en cas de dépendance totale, égale à 20 % par an du capital constitué, avec, à votre décès, le versement de la totalité de ce capital au(x) bénéficiaire(s). Cette option (voisine de ce que propose la Maaf avec Aviséo, voir p. 69) devrait coûter moins de 1 % par an de l'épargne gérée pour les personnes de moins de 70 ans.

Après 70 ans, les possibilités se réduisent fortement.

Après 70 ans, vous pouvez encore vous diriger vers ces formules mixtes, à condition de verser assez pour constituer une rente suffisante en cas de dépendance, et de souscrire avant 75 ou 80 ans, selon les assureurs. Une autre stratégie possible, si vous disposez d'un patrimoine suffisant, est d'en convertir une partie en rente viagère uniquement si vous devenez dépendant. Mais là aussi, une telle opération (dite "rente viagère immédiate") n'est plus possible passé 80 ou 85 ans, selon les assureurs.

Lorsque vos moyens financiers sont limités, seule une assurance dépendance à fonds perdus permet à des septuagénaires de se protéger efficacement. Il en coûte néanmoins de 80 à 100 € par mois à 70 ans pour une garantie de 1 000 € en cas de dépendance totale. Mais la plupart des assureurs limitent à 75 ans l'âge de souscription.

Bien choisir son assurance dépendance. Les formules les plus simples, et les moins chères, ne prennent en charge que la dépendance complète. Il est cependant préférable, bien que cela soit plus coûteux, d'opter pour une assurance qui jouera aussi en cas de dépendance partielle. L'assureur vous versera alors une partie de la rente garantie en cas de dépendance totale, selon votre degré de perte d'autonomie. La proportion est susceptible de varier d'un contrat à l'autre. Il faut donc bien faire ses calculs avant de s'engager et prendre le temps de décrypter les contrats. Par ailleurs, évitez aussi de vous engager sur des montants de cotisation trop élevés, que vous ne pourriez supporter sur le long terme. En effet, si vous vous trouviez obli-gé de résilier le contrat, faute de pouvoir verser vos primes, vous perdriez, la plupart du temps, le droit à toute garantie et la totalité des cotisations que vous auriez déjà payées serait conservée par l'assureur. (sauf à l'Agipi et l'AG2R, voir p 69).

Éric Leroux


Mots-clés :

AMELIORATION DE L'HABITAT , ASSURANCE DEPENDANCE , DEPENDANCE , LOGEMENT , PERSONNE AGEE




Outils pratiques :

Bannière Choix patrimoniaux

Bien choisir votre assurance vie
Un expert vous accompagne pour optimiser votre fiscalité, anticiper la transmission de votre patrimoine et préparer votre retraite

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière e-Particulier