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Misez sur les bons produits pour revenir en Bourse

Misez sur les bons produits pour revenir en Bourse
Septembre 2005
Le Particulier n° 992, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

Les fonds "à formule" garantis, que banques et assureurs vendent à tour de bras, réservent peu de bonnes surprises. Si vous voulez profiter de la Bourse sans pour autant prendre de risque, réalisez vous-même votre propre fonds garanti. Mode d'emploi.

En choisissant la bonne entrée, profitez en direct de la hausse de la Bourse

Quatre ans après le krach boursier de 2001, et alors que les marchés tardent à se redresser, les épargnants français continuent à bouder les actions. En revanche, ils sont friands de fonds dits "à formule", comme Bénéfic, commercialisé par La Poste, ou Écureuil Europe 2004, vendu par les Caisses d'épargne, qui ont laissé de mauvais souvenirs à la fin des années 90. Dans les deux cas, on avait laissé croire aux épargnants qu'ils gagneraient à tous les coups, que la Bourse monte ou baisse. Au bout du compte, ils ont perdu jusqu'à 30 % de leur capital. Mais le phénomène persiste : en 2003, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a reçu plus de 300 plaintes concernant les fonds à formule. Même si, depuis quelques années, la majorité de ces fonds sont "garantis" (c'est-à-dire que vous êtes sûr de récupérer, au terme du contrat, au moins le capital investi), ce type de placement laisse sceptiques les professionnels les plus avertis et déçoit encore les épargnants. Souvent baptisés de noms exotiques (Zanzibar, Organdi, Hawaii, Paso Doble, etc.) par leurs promoteurs, banques ou assurances, ces fonds à formule présentent, en effet, de nombreux défauts.

Les fonds garantis ne le sont pas à 100 %.

Le premier défaut est que la garantie de capital n'est acquise qu'à la fin de vie du fonds, fixée à une date précise par le contrat (le 15 septembre 2013, par exemple). En général, la durée de vie des fonds va de 5 à 8 ans. Autrement dit, si vous avez besoin de disposer de votre argent avant la date convenue, cette garantie ne joue plus et vous ne récupérerez que la valeur du fonds à ce moment-là. Si elle a baissé de 20 %, par exemple, en raison d'une méforme de la Bourse, vous perdrez 20 % de votre capital. Sans compter les frais pour sortie anticipée, qui représentent couramment de 3 % à 5 % du montant retiré. De plus, cette garantie ne porte jamais sur la somme versée, mais sur celle qui a été réellement investie après prélèvement des frais. Si vous placez 10 000 € sur un tel fonds et que les frais sont de 3 %, la garantie ne portera que sur 9 700 €. Deuxième défaut, ces fonds reposent sur des mécanismes financiers extraordinairement complexes, difficiles à comprendre pour un simple épargnant. De plus, l'épargnant ne reçoit jamais la totalité de la performance réalisée par l'indice boursier de référence. En général, sa part se limite à 60 % ou 80 %, selon les formules. Quant aux modes de calculs retenus pour la progression des fonds, ils sont souvent pénalisants. Par exemple, la progression peut reposer sur une moyenne de variations trimestrielles (voir p. ci-contre) ou sur un panier de plusieurs indices, mais dans lequel, chaque année, on retire l'indice ayant obtenu la meilleure performance pour ne garder que les autres

Des rentabilités médiocres, même en période de hausse boursière.

Pour mesurer ce que peut vraiment rapporter l'un de ces fonds, il suffit de se pencher sur sa notice d'information et sur le "prospectus simplifié" où figurent des simulations présentant son potentiel. Trois scénarios y sont retenus : favorable, neutre et défavorable. C'est une lecture riche d'enseignements, car on peut y constater que, même avec une très forte hausse des marchés boursiers, les gains restent limités dans la quasi-totalité des cas. En clair, avec les fonds à formule, n'espérez pas gagner plus de 10 % par an, même avec les scénarios les plus favorables. L'espérance de gain est même bien plus faible : elle se situe en moyenne entre 5 % et 6 % par an, même si tout va pour le mieux sur les Bourses mondiales...

Conclusion, si les marchés boursiers progressent fortement, vous n'en profiterez que très partiellement ; et s'ils baissent ou stagnent, vous gagnerez moins qu'avec un placement sans risque, comme un livret, un plan d'épargne logement ou une assurance vie en euros. Mieux vaut se tenir à l'écart de ces fonds, qui sont surtout très rentables pour les banques, grâce à des frais élevés

Il est d'autant plus facile de les ignorer qu'il existe d'autres solutions, beaucoup plus simples, pour parvenir à des résultats équivalents ou meilleurs. En effet, si vous connaissez avec précision la durée prévue de votre placement et que vous souhaitez ne prendre aucun risque sur votre capital, il est tout à fait possible de construire vous-même votre fonds garanti.

Réalisez vous-même votre propre fonds garanti.

Il suffit pour cela de répartir votre investissement entre deux placements différents : l'un offrant une sécurité à toute épreuve (un fonds en euros d'assurance vie, par exemple), l'autre étant entièrement en prise avec les marchés boursiers. Pour déterminer la part à investir dans chacun, il faut faire un petit calcul, en fonction du rendement attendu du fonds en euros (voir p. 25). S'il rapporte 4 % par an, par exemple, et que vous disposez de 10 000 € à placer pour une durée de 10 ans, vous pouvez mettre 6 710 € dans le fonds d'assurance vie et 3 290 € sur un support totalement investi en Bourse. Au bout de 10 ans, selon les perspectives d'évolution des marchés financiers, vous récupérerez votre mise (les 6 710 € seront devenus 10 000 € par le jeu des intérêts capitalisés), et une partie de vos fonds investis en Bourse, avec ou sans plus-values. Soit mieux ou aussi bien que ce qu'aurait rapporté n'importe quel fonds à formule. Pour que ce mécanisme fonctionne bien, il convient de sélectionner les bons outils. En ce qui concerne l'assurance vie, il faut choisir un contrat offrant un rendement performant et stable (au moins 4,50 % en 2004). Bien entendu, rien ne garantit aujourd'hui une progression de 4 % pendant les 10 prochaines années. Il existe toujours un petit risque de baisse des taux d'intérêt mais, compte tenu de leur niveau actuel, ce risque est modeste. Veillez à ce que les frais d'entrée soient raisonnables : 3 % est un maximum. Vous pouvez trouver, via Internet, des contrats sans frais d'entrée, avec des fonds en euros performants (voir le n° 987 du Particulier, p. 22).

En ce qui concerne la part "risquée" de votre épargne, mieux vaut se concentrer sur des fonds entièrement investis en Bourse et fuir les fonds diversifiés ou profilés. En effet, ces derniers placent une partie de l'épargne en obligations ou en produits monétaires. Or, votre placement sur un contrat d'assurance vie joue déjà ce rôle de diversification. En investissant la part risquée de votre épargne dans un fonds "pur", vous serez en prise directe avec les évolutions de la Bourse. Cependant, l'acquisition et la gestion d'un portefeuille d'actions en direct sont très complexes et réservées aux investisseurs avertis. Il est donc préférable de se tourner vers les instruments collectifs, essentiellement les Sicav investies en actions, les Sicav indicielles et les "trackers".

Les Sicav en actions : les plus diversifiées possible.

Afin d'éviter une exposition trop prononcée à certains marchés très spécialisés, il vaut mieux se tourner vers les Sicav généralistes qui investissent dans tous types d'entreprises, quels que soient leurs secteurs d'activité. Ne vous limitez pas aux actions françaises : les marchés de la zone euro, et notamment ceux des nouveaux pays membres, disposent d'un bon potentiel de croissance et les Sicav investies sur l'ensemble des pays de la zone euro offrent une bien meilleure diversification des risques.

Investissez également une partie de votre épargne risquée sur des Sicav d'actions internationales, réparties sur le reste du monde. À long terme, les statistiques montrent que ce sont toujours les moins risquées (par rapport aux autres fonds en actions), et souvent les plus profitables. Vous profiterez ainsi de la bonne santé de l'économie américaine, de la reprise au Japon, voire de la vigueur retrouvée de certains pays émergents.

Toujours dans le même souci de diversification des risques, vous pouvez aussi affecter une partie de votre épargne (jusqu'à 30 %) à des Sicav spécialisées dans les "petites et moyennes capitalisations" selon la terminologie officielle (autrement dit les entreprises de taille moyenne). Moins exposées aux grands mouvements économiques mondiaux, ces petites valeurs se révèlent souvent moins risquées que les plus grandes, comme le prouve l'évolution de ces Sicav depuis plusieurs années. D'une manière générale, préférez les Sicav dont la gestion est dite "value", c'est-à-dire qui s'intéressent principalement aux actions d'entreprises servant d'importants dividendes. Ces Sicav sont moins risquées que leurs consœurs dites "growth" (c'est-à-dire tournées vers les valeurs de croissance), mais elles profitent moins des fortes hausses de la Bourse.

Quels que soient vos choix stratégiques, ne délaissez pas la tactique : la sélection de fonds de qualité parmi les milliers existants. Les journaux financiers et plusieurs sites Internet (notamment www.morningstar.fr) publient régulièrement des palmarès de Sicav et de fonds communs de placement (FCP). Sélectionnez ceux qui affichent régulièrement des rendements supérieurs à ceux du marché. Attention cependant : les marchés évoluent parfois très rapidement. Si vous avez pris l'option de panacher votre capital dynamique entre plusieurs Sicav, surveillez leur évolution. Et n'hésitez pas à en changer en cours de route, si l'une d'entre elles connaît un rendement déclinant.

Les Sicav indicielles : le choix de la simplicité.

Certaines Sicav se sont fixé pour objectif d'évoluer comme tel ou tel indice boursier. Une Sicav indicielle CAC 40, par exemple, est composée en permanence des actions des 40 sociétés réunies dans cet indice et avec la même pondération. La valeur des parts de cette Sicav évolue donc exactement comme l'indice phare de la Bourse de Paris. Il en existe pour la plupart des indices représentatifs des grands marchés mondiaux et, avec un seul fonds, vous diversifiez automatiquement vos risques, puisque ces indices prennent en compte la valeur d'entreprises très différentes. À long terme, et notamment sur 8 ou 10 ans, le choix de la gestion indicielle peut se révéler avantageux : toutes les études historiques montrent que les Sicav d'actions classiques parviennent difficilement à "battre" les indices sur de telles périodes. Pour parier sur une hausse de la Bourse, le placement indiciel est de ce fait l'un des meilleurs choix. Mais attention : si ces Sicav montent plus vite que les fonds d'actions classiques quand les marchés s'envolent, elles descendent aussi plus rapidement quand la Bourse baisse. Le choix de ces Sicav est bien plus limité que celui des Sicav d'actions classiques. Un épargnant français aura intérêt à se concentrer sur les Sicav ayant pour référence un indice français (le CAC 40 le plus souvent) ou européen (Dow Jones Eurostoxx 50 par exemple), quitte à miser une petite partie de son épargne sur une Sicav indicielle basée sur le marché américain (Standard & Poor's 500 notamment), mais qui sera exposée au risque de change. En revanche, délaissez les Sicav indicielles basées sur un seul pays étranger (l'Allemagne, la Grande-Bretagne, le Japon) qui n'offrent pas la diversification voulue, sauf si vous êtes particulièrement au fait de la situation dans le pays concerné. Seul inconvénient : ces Sicav indicielles, disponibles en banque et sur Internet, prélèvent des frais de gestion sur les dividendes relativement élevés (1 % environ), alors que leur gestion est particulièrement aisée. Ce qui ampute d'autant les dividendes versés par les entreprises.

Les "trackers" : la gestion indicielle améliorée.

Comme les Sicav indicielles, les trackers sont des organismes de placement collectif qui répliquent l'évolution d'un indice boursier déterminé. Seule différence : un tracker est lui-même un titre coté en Bourse. En achetant un tracker répliquant le CAC 40, par exemple, c'est comme si vous achetiez en une seule action les 40 valeurs de la Bourse de Paris. Les trackers présentent plusieurs avantages par rapport aux Sicav indicielles classiques. D'abord, puisqu'ils se négocient en Bourse comme des actions, vous pouvez les acheter et les revendre au cours du moment à chaque instant. Ensuite, en l'absence de frais d'entrée et de sortie, les frais prélevés par l'intermédiaire qui tient votre compte-titres sont inférieurs à ceux d'une Sicav. Vous recevez donc des dividendes versés par les entreprises composant l'indice plus élevés que ceux perçus sur les Sicav indicielles. Enfin, le choix des indices représenté par les trackers est beaucoup plus vaste : vous pouvez parier sur les grands indices européens, mais également sur une multitude d'indices géographiques ou sectoriels. Cependant, dans le cadre de votre fonds personnel, mieux vaut vous concentrer sur le CAC 40 ou l'Eurostoxx, qui sont les indices les plus généralistes et les plus faciles à suivre. Dans tous les cas, suivez attentivement l'évolution de votre investissement boursier. Si le marché s'envole, n'hésitez à prendre vos bénéfices de temps en temps en revendant une petite partie de vos actions, que vous placerez sur le fonds en euros de votre assurance vie. N'oubliez pas qu'avec votre fonds garanti personnel, vous disposez d'un avantage déterminant sur les fonds à formule proposés par les banques : c'est vous qui décidez du meilleur moment pour récupérer vos capitaux. Éric Leroux


Mots-clés :

BOURSE , FONDS A PROMESSE , FONDS GARANTI , PLACEMENT BOURSIER , PLACEMENT FINANCIER , SICAV , TRACKER




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