Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Argent > Assurance vie > Assurance vie : protégez les bénéficiaires des aléas boursiers

Assurance vie : protégez les bénéficiaires des aléas boursiers

Assurance vie : protégez les bénéficiaires des aléas boursiers
Octobre 2005
Le Particulier n° 993, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

Profiter de la reprise des marchés boursiers sans faire prendre de risques à vos héritiers, c'est possible. En effet, de nombreux contrats d'assurance vie multisupports proposent des garanties permettant de concilier ces deux objectifs.

La garantie décès, un élément à ne pas négliger dans le choix de son assurance vie

La Bourse reprend des couleurs. En deux ans et demi, un portefeuille d'actions a progressé de plus de 30 %, alors qu'un fonds en obligations a gagné un peu plus de 10 % seulement. Pour l'assurance vie, le moment semble donc opportun de privilégier les contrats multisupports (dont les fonds sont investis majoritairement en actions) par rapport aux contrats en euros (dont les fonds sont essentiellement investis en obligations). C'est d'ailleurs ce que souhaitent encourager les pouvoirs publics qui viennent d'autoriser la transformation des anciens contrats en euros en contrats multisupports (voir le n° 992 du Particulier, p. 6). Bien sûr, un investissement en Bourse ne se conçoit que sur une longue durée : il vaut mieux disposer d'un horizon de 8 à 10 ans et ne pas être obligé de récupérer son argent à une date donnée qui peut tomber en pleine crise boursière. Or, si l'assuré décède au moment où les marchés financiers sont en berne, l'investissement peut tourner à la catastrophe. Dans ce cas, en effet, l'assureur ne verse aux bénéficiaires du contrat d'assurance vie que la valeur de l'épargne au jour de la disparition de son souscripteur. Ce risque est d'autant plus aigu que l'assurance vie est fréquemment utilisée dans une optique successorale, en raison de ses avantages civils et fiscaux.

L'avantage des garanties décès.

Heureusement, de nombreux contrats d'assurance vie multisupports prévoient une garantie spécifique en cas de décès : si l'assuré disparaît alors que la valeur totale de son épargne est inférieure aux sommes qu'il a versées (ou à un autre montant défini par contrat), l'assureur verse aux bénéficiaires une indemnité complémentaire qui compense la perte. Ainsi, ceux à qui est destiné cet argent n'ont pas à souffrir d'éventuels mauvais choix de gestion, ni d'une crise financière subite. Ces garanties sont de deux types : les garanties "planchers", qui assurent une protection minimale, et les garanties "vie universelle", qui offrent différents niveaux de protection. Les premières, les plus fréquemment rencontrées (voir tableau p. 30), garantissent aux bénéficiaires le versement d'une somme au moins équivalente au cumul des versements réalisés. Si vous avez épargné 10 000 € sur votre contrat (après déduction des frais d'entrée), vous êtes certain que vos bénéficiaires recevront au moins ces 10 000 €. Inutile de se priver de cette sécurité : son coût est modeste. Il est souvent inclus dans les frais de gestion prélevés chaque année ou, parfois, facturé en plus de ces frais. Dans ce dernier cas, cette cotisation (exprimée en pourcentage de l'épargne constituée) peut être obligatoire, mais elle est le plus souvent proposée en option. Les tarifs sont très variables. Alors que la Mutuelle d'assurance du corps sanitaire français (MACSF) demande 0,1 % par an de la seule valeur des sommes investies en actions pour une garantie de 762 245 € jusqu'à 75 ans, le Crédit mutuel facture 0,49 % par an de l'épargne totale à une personne de 70 ans pour une garantie limitée à 80 000 €.

Les garanties planchers présentent deux inconvénients. Lorsque leur coût est inclus dans les frais de gestion, leur couverture est souvent limitée et, lorsqu'elles sont payantes, vous la payez chaque année tout au long de la durée du contrat, même si, en raison de la hausse de la Bourse, la valeur de l'épargne devient supérieure au minimum garanti en cas de décès. D'où l'intérêt des garanties "vie universelle".

Avec les garanties "vie universelle", ne payez que pour les risques courus.

Les garanties vie universelle se distinguent des garanties planchers par la variété des niveaux de protection possibles et, surtout, par un mode de tarification très différent. Avec elles, les cotisations d'assurance décès ne sont dues que lorsque la valeur du contrat est inférieure à la valeur minimale garantie en cas de décès. Si vous avez opté pour une garantie à hauteur de 20 000 € par exemple et que la valeur de votre contrat s'élève à 21 000 €, vous n'aurez aucune cotisation à payer. Si, au contraire, à la suite d'une baisse des cours, votre capital diminue jusqu'à 18 000 €, vous paierez une cotisation d'assurance décès sur 2 000 €, c'est-à-dire la différence entre le capital garanti (20 000 €) et la valeur réelle de votre épargne (18 000 €). On appelle ces 2 000 € le "capital sous risque". Le tarif appliqué à ce capital dépend de l'importance du risque, c'est-à-dire de votre âge. Concrètement, chaque mois ou chaque trimestre, votre assureur calculera le montant du capital moyen sous risque et lui appliquera le taux de cotisation correspondant à votre âge. Mais, sur la base de ce principe général, les garanties vie universelle peuvent prendre des formes très différentes selon les sociétés d'assurances et, parfois, selon les contrats.

La garantie plancher indexée, la plus intéressante.

La garantie vie universelle, dite indexée, est réellement la plus intéressante. Il s'agit d'une garantie plancher qui couvre les sommes investies, mais en les indexant afin de les faire progresser chaque année. Ainsi, la valeur du capital minimum garanti en cas de décès évolue comme si l'épargne était investie sur un placement sans risque. Et, contrairement à la garantie plancher simple vue plus haut, si la valeur du capital investi dépasse la valeur garantie en cas de décès (à la suite de bons résultats boursiers), l'assurance ne coûte rien. Au contraire, en cas de baisse des marchés financiers, le capital sous risque sera d'autant plus important que le taux d'indexation choisi est élevé (supérieur à 5 % par an, par exemple). Pour éviter des cotisations trop lourdes dans ce cas, mieux vaut privilégier un taux d'indexation raisonnable, correspondant au taux actuel d'inflation, par exemple. Ainsi, l'épargne transmise en cas de décès ne perdra pas son pouvoir d'achat. Actuellement, parmi les compagnies et les contrats offrant la possibilité de l'indexation, Saf BTPVie (groupe Pro BTP) offre le meilleur rapport prix-protection : elle assure une augmentation annuelle de la garantie plancher (de 2 % en 2005) sans aucune cotisation supplémentaire et, surtout, sans limite d'âge

La garantie majorée, utile pour les gros contrats.

Plutôt que de compenser les éventuelles pertes boursières, quelques assurances utilisent une autre logique : elles s'engagent à majorer d'un pourcentage défini au départ le capital versé aux bénéficiaires, en cas de décès du souscripteur. Autrement dit, le capital transmis sera celui qui apparaît sur le contrat au moment du décès, majoré de 10 %, 20 % ou 25 %, par exemple. En cas de baisse boursière supérieure à ces montants, une telle assurance ne permettra pas de compenser les moins-values constatées. En revanche, la majoration sera appliquée même si la hausse des cours a considérablement gonflé l'épargne à transmettre. Si, dans tous les cas, les bénéficiaires reçoivent un "plus" par rapport à l'épargne constituée, ce type de garantie peut donc ne pas couvrir toutes les pertes de capital enregistrées. Dans la plupart des contrats, cette assurance, proposée en option, est gratuite ou très peu onéreuse (0,05 % par an de l'épargne gérée à l'Asac /Fapes, par exemple). Mais, dans ce cas, la majoration est généralement limitée à 25 % de la valeur du capital constitué et diminue au fur et à mesure du vieillissement de l'assuré. Chez Capma-Capmi, par exemple, la majoration de 25 % intervient si l'assuré décède avant 40 ans. Mais elle passe à 10 % entre 40 et 50 ans, à 5 % entre 50 et 60 ans, à 2,50 % entre 60 et 70 ans, puis disparaît. C'est pourquoi certains contrats haut de gamme offrent la possibilité à l'assuré de choisir le pourcentage de majoration qu'il souhaite voir maintenu à ce niveau, quel que soit son âge. Bien entendu, dans ce cas, la cotisation annuelle sur le capital décès ainsi garanti, plus chère, augmente avec l'âge, comme dans le contrat Mondiale Stratégie II, de La Mondiale Partenaire, par exemple. Ce qui rend ce type d'assurance particulièrement coûteux (voir p. 27). Cependant, la formule peut intéresser les personnes qui prévoient de transmettre des sommes supérieures aux abattements fiscaux. En effet, chaque bénéficiaire d'une assurance vie est exonéré d'impôt à hauteur de 152 500 €, mais imposé à 20 % sur les sommes excédant ce montant. En choisissant une majoration décès de 5 %, 10 % ou 15 % (il suffit de faire varier le pourcentage selon l'importance des sommes transmises et donc de l'impôt à acquitter), l'assuré permet à ses bénéficiaires de payer cette taxe de 20 %, sans entamer le capital transmis.

La garantie cliquet, inutilement coûteuse.

Certains contrats multisupports proposent en option un autre type d'assurance décès, la garantie cliquet. Dans ce cas, l'assureur s'engage à verser aux bénéficiaires une somme équivalente à la plus haute valorisation atteinte par l'épargne durant tout le contrat. Supposons, par exemple, que vous ayez investi 30 000 € sur un contrat multisupport. À la suite d'une envolée de la Bourse, votre capital atteint 50 000 € puis, après une crise financière brutale, revient à 30 000 €. En cas de décès, vous avez la certitude que vos bénéficiaires recevront les 50 000 € du plus haut niveau atteint par votre épargne, soit le capital de 30 000 € présent au moment du décès et l'indemnité de 20 000 € couvrant la perte enregistrée depuis ce sommet. Séduisant sur le principe, ce type de garantie est néanmoins fortement déconseillé. Tout d'abord, elle ne correspond à aucun besoin patrimonial réel. En effet, s'il est prudent de protéger les bénéficiaires de votre contrat contre des pertes en capital dues à la baisse des marchés boursiers, il n'est pas utile de leur garantir des gains dont ils auraient bénéficié seulement si vous aviez eu le bon goût de décéder au moment où les marchés étaient au plus haut. Ensuite et surtout, cette garantie peut coûter très cher. En effet, comme on l'a vu, l'assureur prélève régulièrement les cotisations au titre de la garantie décès sur le capital sous risque. Lorsqu'une crise boursière se prolonge, les cotisations sont d'autant plus élevées que la perte est sévère et que l'assuré vieillit. Les épargnants qui avaient misé sur les marchés boursiers au plus haut en 1999 ou 2000 et qui avaient souscrit de tels contrats en ont parfois fait les frais : les prélèvements annuels de cotisation au titre de la garantie décès ont pu atteindre l'équivalent de 5 % de l'épargne gérée pour certains assurés âgés, faisant plonger encore un peu plus les pertes enregistrées sur leur contrat. "Une personne de plus de 75 ans qui perd beaucoup sur les marchés boursiers peut voir tout son capital disparaître en quelques années à cause d'une telle garantie", met en garde un assureur. Par exemple, chez Axa, un assuré de 79 ans paiera chaque mois une cotisation représentant 0,94 % du capital sous risque, soit 12 % chaque année

Adapter sa stratégie en fonction de son âge.

Si la garantie cliquet relève quasiment du gadget, la garantie plancher, si possible indexée, apporte au contraire une vraie sécurité, puisqu'elle permet de protéger efficacement le capital à transmettre. Si vous n'avez pas encore d'assurance vie, entre plusieurs contrats aux performances équivalentes, préférez celui qui comporte une garantie décès plancher. Cependant, la garantie plancher n'est pas éternelle : la grande majorité des contrats suppriment ces assurances quand l'assuré atteint 70, 75 ou 80 ans. Il est donc préférable de choisir une garantie de type vie universelle et, de préférence, une garantie plancher indexée. Si vous avez un contrat d'assurance vie en cours dont la garantie décès vous paraît inadaptée ou inutilement coûteuse, vous pouvez en changer à condition que le contrat autorise ce changement d'option en cours de route. Mais si les assurances de type vie universelle peuvent être conservées durant toute la vie, leur coût devient prohibitif à partir de 65 ou 70 ans. C'est pourquoi, à partir de 70 ans, la meilleure stratégie consiste à limiter la part des investissements à risque dans l'assurance vie au profit des fonds en euros ou des profils les plus prudents. À l'approche de cette échéance, arbitrez régulièrement vos gains accumulés sur les fonds boursiers vers les fonds sans risque. Il est prudent de commencer à diminuer la part des actions dans votre patrimoine avant la retraite pour n'en détenir plus que 20 à 25 % à 70 ans. L'objectif est d'avoir soldé toutes ses positions vers 75 ou 80 ans. Ainsi, les capitaux destinés à vos proches seront à l'abri des crises boursières et vous n'aurez plus à supporter le coût élevé de leur protection.

Éric Leroux


Mots-clés :

ASSURANCE DECES , ASSURANCE VIE




Outils pratiques :
 

Bannière Choix patrimoniaux

bannier la lettre des placements

Forum bannière

Préparer votre retraite
Faites appel à un expert pour anticiper et compléter vos futurs revenus

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Simulateur Assurance vie 300*250

Bannière e-Particulier