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Améliorez aujourd'hui votre retraite de demain

Améliorez aujourd'hui votre retraite de demain
Mai 2006
Le Particulier n° 1001, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

La retraite approche et vous n'avez rien prévu ? À 5 ou 10 ans de cette échéance, il est encore temps de vous constituer un complément de retraite. Au travers de cas concrets, voici les meilleures stratégies.

Les conseils de trois experts en gestion patrimoniale pour doper vos futurs revenus

S'il n'est jamais trop tôt pour épargner en vue de sa retraite, en réalité cet objectif est bien souvent sacrifié à d'autres tels que l'achat d'un logement ou l'éducation et l'installation des enfants. Jusqu'au jour où la retraite devient une échéance bien réelle, par exemple lorsque, à 56 ans révolus, vous recevez de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) votre "relevé de carrière" qui récapitule les droits que vous avez acquis durant votre vie active. Ce n'est pas encore une estimation de votre retraite (aucun montant n'y figure, et il s'agit des seuls droits à la retraite de la Sécurité sociale), mais pour beaucoup de ses destinataires, ce courrier sonne comme un coup de semonce. D'ici à 2008, en application de la loi Fillon de 2003 réformant les retraites, cette information sera plus précoce – dès 54 ans – et plus complète, avec une première estimation de vos droits dans tous les régimes auxquels vous avez cotisé. Mais d'ores et déjà, vous pouvez commencer à évaluer votre future pension, à partir du relevé de carrière Cnav et des relevés de points que vous adressent, en principe chaque année, les régimes complémentaires tels que Arrco ou Agirc. En multipliant le nombre de points par la "valeur de service", vous connaissez d'ores et déjà le montant de pension acquis dans ce cadre. Et en projetant votre fin de carrière selon divers scénarios optimistes ou négatifs (âge du départ, évolution des revenus) vous pouvez avoir une idée du montant de vos retraites futures, et de vos besoins de revenus complémentaires. Pour vous y aider, nous avons imaginé des situations types de futurs retraités, et avons demandé leur diagnostic à trois spécialistes de la gestion de patrimoine (Sophie Gonsard, de Cyrus Conseil ; Jean-Pierre Rondeau, de Mégara Finance, et Pierre Arraou, du cabinet Arraou SA). Vous disposez aussi de différents outils (voir le n° 994 du Particulier), qui vont des simulations gratuites sur Internet aux audits personnalisés et payants proposés par des cabinets spécialisés.

Avant tout, faites un "bilan retraite".

Cependant, avant d'entreprendre quoi que ce soit en matière d'épargne, vérifiez d'abord que toutes les périodes auxquelles vous avez cotisé ont bien été prises en compte, et faites rectifier les éventuelles erreurs ou omissions. Examinez également l'opportunité d'un rachat de trimestres pour, dans certaines conditions et limites, éviter des minorations de votre retraite, notamment si vous voulez partir avant 65 ans. Par ailleurs, renseignez-vous sur les sommes que vous pourriez percevoir en partant à la retraite. Si vous êtes salarié, certaines conventions collectives prévoient une indemnité de fin de carrière représentant parfois plusieurs mois de salaire. Si vous êtes travailleur indépendant, à votre départ en retraite, vous pourrez retirer un capital de la cession de votre entreprise, de votre fonds de commerce, de votre clientèle, ou encore des locaux où s'exerce votre activité si vous en êtes propriétaire. Il est parfois possible aussi de mettre son entreprise en location-gérance. Enfin, tentez de mesurer vos besoins futurs une fois à la retraite. Selon le mode de vie que vous envisagez, vos charges ne seront en effet pas les mêmes. Au minimum, souligne Sophie Gonsard : "La baisse des revenus à la retraite s'accompagne souvent d'une baisse des impôts, qui pèseront donc d'autant moins sur votre budget". Une fois établi ce bilan prévisionnel, faites porter votre réflexion sur les moyens de combler l'écart entre vos ressources et vos besoins futurs, d'une part en réorganisant votre patrimoine actuel, d'autre part, en réorientant et, si besoin, en accroissant votre effort d'épargne. Pour donner un ordre de grandeur, un capital d'environ 300 000 € est nécessaire pour percevoir une rente viagère d'un montant initial de 1 000 € par mois, avec revalorisations garanties, à partir de 65 ans. Autre élément d'appréciation : si vous prélevez chaque mois 1 000 € sur un capital de 100 000 € placé à 4 %, il s'épuisera en 10 ans, cette durée passant à 17 ans ou 28 ans pour un montant initial de 150 000 ou 200 000 €. Votre patrimoine n'est pas suffisant pour faire face à vos besoins futurs ? Il ne reste plus qu'une solution : épargner pendant les années de vie active qui sont encore devant vous.

Votre horizon de placement ne se limite pas à l'âge de la retraite.

Avec un délai de 5 à 10 ans avant la retraite, les possibilités d'investissement semblent limitées, car les placements les plus sûrs pour un tel horizon de gestion (assurance vie en euros, notamment) ont une rentabilité moyenne, alors que d'autres placements a priori plus performants, comme les actions, sont mal adaptés à une telle durée. En cas de crise financière grave, en effet, vos économies fondraient, remettant en cause vos revenus futurs. Mais cette contradiction peut être surmontée, en considérant qu'à l'âge de la retraite, vous aurez encore devant vous, statistiquement, 20 à 30 ans d'espérance de vie. Ce constat amène de plus en plus de professionnels à préconiser des stratégies diversifiées, en constituant par exemple, d'une part un capital destiné uniquement à servir des revenus complémentaires du départ en retraite jusqu'à 70 ans, qui sera placé sur des produits sûrs, et d'autre part un capital géré de manière plus dynamique, destiné à servir des revenus à partir de 70 ans (voir page ci-contre). Avec un délai de placement ainsi allongé, votre épargne est moins sensible aux aléas boursiers (le temps est l'allié de l'investisseur en actions...). Vous avez plus de chances d'obtenir des rendements supérieurs et donc un capital plus copieux lors de la retraite, pour un même effort d'épargne, ou un revenu complémentaire équivalent, pour un effort d'épargne plus réduit. De plus, si vous choisissez de jouer la carte de la rente viagère (vous abandonnez votre capital à un assureur en échange d'un revenu à vie), il vaut souvent mieux attendre d'avoir atteint 70 ans : les rentes sont plus élevées et la fiscalité est parfois moins lourde.

Diversifiez vos placements selon leur niveau de risques.

Pierre Arraou préconise une stratégie de diversification, en commençant par répartir 50 % des sommes épargnées sur un fonds d'assurance vie en euros, sans risque, et 50 % dans un fonds investi en actions. Après 2 à 3 ans, cette répartition s'orientera à 50 % sur le fonds euros et 50 % sur un fonds diversifié ou équilibré, puis, 2 à 3 ans avant la retraite, 100 % sur le fonds euros. Ainsi, lors de la retraite, vous disposerez d'un capital investi sur plusieurs compartiments, de l'ordre de 50 % en sécurité sur le fonds en euros, 25 % dans un fonds dynamique et 25 % dans un fonds équilibré. Vous utiliserez alors en premier le compartiment dynamique, pour délivrer des revenus complémentaires (en convertissant le capital correspondant en rente viagère, par exemple), puis le compartiment équilibré afin de ne conserver, dans un âge avancé, que l'épargne placée en sécurité. Cela étant, cette stratégie vous permet aussi, si la conjoncture boursière est mauvaise au moment de votre retraite, d'attendre des jours meilleurs pour liquider le compartiment dynamique, en mettant alors à contribution les autres compartiments.

La partie de votre épargne destinée à être gérée de façon dynamique peut être investie en Sicav actions, en fonds dynamiques d'assurance vie ou sur un Plan d'épargne populaire (PEP) assurance si vous en avez un dont vous n'avez pas atteint le plafond de versement. En revanche, pour la partie de votre épargne devant être à l'abri du risque, vous n'avez guère le choix : les fonds en euros d'assurance vie offrent le meilleur compromis entre sécurité (les performances d'une année ne peuvent être remises en cause les années suivantes), rendement (de l'ordre de 4 % nets de frais et de prélèvements sociaux) et souplesse (vous versez ce que vous voulez quand vous voulez et vous pouvez récupérer facilement votre épargne). En revanche, les placements de trésorerie (livrets, Sicav monétaires) ne sont pas du tout adaptés, ni les obligations ou Sicav d'obligations qui servent immédiatement des revenus réguliers et dont la valeur peut diminuer avec la remontée des taux d'intérêt. Les fonds à formule proposés par les banques et dans certaines assurances vie multisupports sont aussi à éviter, les garanties de performances et/ou de maintien du capital investi qu'ils comportent étant restreintes (voir le no 992 du Particulier).

Privilégiez la fiscalité douce.

Si vous êtes à la tête de revenus confortables et lourdement imposés, par exemple, vous pourrez avoir intérêt à privilégier les produits offrant un avantage fiscal à l'entrée, comme le Plan d'épargne retraite populaire (Perp) ou, si vous êtes travailleur non salarié, une assurance vie "Madelin". Les impôts que vous ne paierez pas viendront grossir votre pécule. Il faut cependant bien mesurer les contraintes de ces formules : elles vous obligent notamment à récupérer votre argent uniquement sous forme de rente viagère. Très prisé des contribuables les plus imposés, l'immobilier défiscalisant (régimes fiscaux Malraux, Robien et Borloo) est peu conseillé, si vous disposez d'un horizon de gestion de seulement 5 à 10 ans. En revanche, on le verra plus bas, ces avantages fiscaux peuvent aider à constituer un patrimoine immobilier locatif, source de revenus pérennes. Faites par ailleurs la part belle aux produits bénéficiant d'une fiscalité clémente à la sortie, avec une exonération fiscale des produits de votre épargne, tout particulièrement l'assurance vie (voir p. 90), un PEP, ou un Plan d'épargne en actions (PEA, pour vos investissements effectués en actions françaises ou européennes), après 5 ans. PEP et PEA permettent en outre une sortie en rente viagère non imposable. Si vous détenez des valeurs mobilières (actions, parts de Sicav...) dans le cadre d'un compte-titres ordinaire, hors PEA, n'oubliez pas que les plus-values réalisées lors de la revente de valeurs sont exonérées d'impôt et de prélèvements sociaux si vous n'effectuez pas plus de 15 000 € de cessions dans l'année. Enfin, ne négligez ni l'épargne salariale (les retraits sont exonérés d'impôt au bout de 5 ans), si votre plan vous donne accès à des fonds de qualité, ni sa variante dédiée à la retraite, le Plan d'épargne retraite collectif (Perco) : les versements que vous effectuez sur un Perco peuvent en effet être abondés par un versement de votre employeur.

Réorganisez votre patrimoine immobilier.

Pour préparer votre retraite, n'oubliez pas la partie immobilière de votre patrimoine. Si vous habitez toujours la grande maison ou l'appartement familial que vos enfants ont quitté, vous pouvez envisager de le revendre – "en profitant de ce que le marché est en haut de cycle", précise Sophie Gonsard – pour acheter un logement plus petit. Vous récupérez ainsi un capital (différence entre le prix de votre ancien logement et celui du nouveau) susceptible de produire un complément de revenus. De plus, vous allégerez pour l'avenir vos charges de logement. Le raisonnement vaut si vous êtes propriétaire d'une résidence principale et d'une ou plusieurs résidences secondaires : la vente – ou la mise en location – d'un bien devenu inutile à la retraite doit être envisagée pour diminuer vos dépenses et augmenter vos capacités financières. À l'inverse, si vous n'êtes pas encore propriétaire de votre résidence principale, son acquisition devient urgente pour diminuer vos charges futures : une fois le crédit remboursé, votre budget sera sensiblement allégé et vos besoins de compléments de retraite seront diminués d'autant. "Attention cependant à ne pas acheter un bien disproportionné par rapport à vos capacités financières d'entretien", met en garde Jean-Pierre Rondeau. Par ailleurs, la durée relativement brève sur laquelle vous pouvez emprunter impliquera des échéances de remboursement assez élevées, donc un effort financier important. Si vous prévoyez, au départ en retraite, de déménager pour vous rapprocher de vos enfants ou profiter de cieux plus ensoleillés, il peut être judicieux d'acheter dès maintenant votre logement futur à crédit, et de le mettre en location en attendant. Les loyers vous permettront de financer en partie le crédit, limitant d'autant votre effort d'épargne. De plus, la fiscalité peut venir à votre aide : les intérêts de l'emprunt sont déductibles des loyers perçus, et, si vous investissez dans un logement neuf, vous pouvez en outre déduire une partie de son prix, en optant pour l'un des régimes Robien ou Borloo. Il faut toutefois que vous soyez assez loin de la retraite, car vous devrez laisser le logement loué pendant au moins 9 ans.

Investissez dans l'immobilier locatif.

L'immobilier peut aussi être une source de revenus futurs, en investissant, toujours à crédit, dans un ou plusieurs logements destinés à rester loués après votre retraite. Si le plan de financement est bien monté, vous vous retrouverez au jour de la retraite sans crédit à rembourser, et avec des loyers qui tombent régulièrement. Ils seront alors pleinement imposables, mais si vos revenus de retraité sont plus faibles qu'actuellement, ils seront moins taxés. En outre, dans la mesure où vous louez sans limite de durée, cela rend d'autant plus envisageable l'option pour le Borloo ou le Robien. Cependant, cette stratégie, séduisante sur le papier, l'est moins en pratique. Ainsi, si vous êtes salarié du privé, vous courez le risque de subir une cessation d'activité plus tôt que prévu, alors que vous n'aurez pas fini de rembourser votre emprunt. Par ailleurs, les risques d'impayés de loyer sont à prendre au sérieux, tout comme les contraintes de gestion, qui deviennent lourdes dans le grand âge. Il faut aussi tenir compte qu'une partie non négligeable des loyers est absorbée par les charges qui incombent au bailleur : taxes foncières, prélèvements sociaux, frais de gestion du logement, réparations, entretien, etc. Enfin et surtout, compte tenu du niveau actuel des prix immobiliers, très élevé, vous pouvez espérer une rentabilité nette (loyer annuel net de charges divisé par le prix d'achat du logement) de l'ordre de 3 % seulement. Ainsi, pour disposer à votre retraite de 500 € par mois de revenu complémentaire, avant impôt, il vous faudrait investir environ 200 000 €, par exemple dans un trois pièces neuf de 70 à 75 m2 dans une ville moyenne. En respectant le loyer plafond "Robien remanié" (11 €/m2/mois), il procurera un loyer annuel brut d'environ 6 000 € net de charges. En empruntant le prix sur 10 ans à 4 %, vos mensualités s'élèveront à 2 025 €. Au final, votre effort d'épargne (mensualité moins loyer net de charges) sera de l'ordre de 1 525 € par mois. Néanmoins l'économie d'impôt liée au Borloo ou au Robien peut alléger cet effort jusqu'à 400 € par mois dans notre exemple (les 7 premières années et si vous êtes imposé au maximum du nouveau barème, 40 %). L'achat de parts de Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) à crédit représentait jusqu'ici une bonne alternative à l'investissement immobilier en direct, avec un ticket d'entrée moins élevé, et sans les soucis de gestion d'un logement. Mais la transformation, par l'ordonnance du 13 octobre 2005, des SCPI en Organismes de placement collectif immobilier (OPCI) pourrait entraîner la fin de la déductibilité des intérêts d'emprunt, au détriment des contribuables taxés dans les tranches supérieures du barème de l'impôt.

Eric Leroux


Mots-clés :

EPARGNE , PLACEMENT FINANCIER , RACHAT DE TRIMESTRES , RETRAITE




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