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Crise financière : quelle stratégie pour votre assurance vie ?

Crise financière : quelle stratégie pour votre assurance vie ?
Février 2009
Le Particulier n° 1034, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

Cette année, les fonds de placement des assurances vie offriront des rapports très contrastés. Si les performances des fonds en euros resteront correctes, les belles opportunités viendront des fonds en obligations d'entreprises et en actions. Voici les stratégies gagnantes selon le type de contrat que vous détenez.

L'assurance vie, un placement de bon père de famille ? La réponse mérite d'être sérieusement nuancée. À l'issue d'une année exceptionnelle durant laquelle tous les marchés financiers ont été emportés dans la tourmente, les fonds en euros des contrats d'assurance vie ont, pour leur part, bien résisté et parfaitement joué leur rôle, en offrant une totale garantie du capital placé et des intérêts acquis. Même si leurs rendements étaient en légère baisse en 2008 (voir p. 6), ils restent et devraient rester appréciables. En revanche, il est difficile d'en dire autant de tous les fonds en « unités de compte » présents dans les contrats d'assurance vie multisupports

Directement adossés à des Sicav ou à des Fonds communs de placement (FCP), ces supports ont, en effet, répercuté les évolutions – très contrastées – de leurs marchés de référence. Les fonds investis en actions, même pour une part modeste, sont, très généralement, en baisse ; leur chute de valeur atteignant de 30 à 70 % pour les plus lourdement investis en actions ! En 2008, les fonds placés en obligations très sûres, émises par les grands pays de la zone euro (Allemagne, France notamment), se sont, quant à eux, sensiblement valorisés – de 7 % en moyenne – du fait de la baisse des taux des emprunts d'État à 10 ans, qui sont passés de près de 5 % à moins de 3,5 %.

En effet, la valeur d'une obligation est toujours inversement proportionnelle à l'évolution du prix de l'argent. Ainsi, lorsque les taux descendent de 5 % à 4 %, une obligation ancienne valant 100 € et offrant 5 % de rendement (soit 5 € d'intérêts) deviendra très recherchée et se valorisera, par le jeu de l'offre et de la demande, jusqu'à 125 €, valeur à laquelle elle procurera, elle aussi, les 4 % de rendement servis par les obligations nouvellement émises. Une Sicav qui investit en obligations (ou dans un FCP) répercute immédiatement ces écarts dans sa valeur.

Inversement, les fonds investis en 2008 dans des obligations d'entreprises ont perdu 8 % de valeur en moyenne. Car les taux des emprunts des entreprises privées ont bondi, en un an, de 5 % à plus de 8 %. Toutes les obligations anciennes offrant moins de 8 % de rendement s'en sont donc trouvées, par là même, dépréciées.

Enfin, une minorité de contrats d'assurance vie multisupports propose des fonds immobiliers, souvent investis dans des sociétés civiles de placements immobiliers (SCPI). Du fait de la crise immobilière, la valeur de ces fonds devrait logiquement baisser, comme ont déjà commencé à le faire les parts de SCPI d'UFG, qui se sont dépréciées de 5 à 7 %. Pour les épargnants qui en détenaient, 2008 aura donc été une année perdue, les revenus servis – d'environ 6 à 8 % par an – étant annulés par la moins-value enregistrée. Et la ou les 2 années à venir ne devraient guère être plus fastes, dans la mesure où l'immobilier de bureaux, dans lequel sont investies de nombreuses SCPI, devrait se déprécier, au total, d'environ 30 %, selon de nombreux spécialistes.

Tous les contrats ne sont pas adaptés à la nouvelle donne financière

À la lumière de ces performances très contrastées, dans quels fonds convient-il de placer son épargne ? Tout dépend du type de contrat d'assurance vie que vous détenez, de votre horizon de placement et de votre degré d'aversion pour le risque. Car tous les spécialistes s'attendent à une année 2009 encore très chahutée. Les actions, notamment, pourraient encore subir de fortes décotes quand la baisse de l'activité économique se traduira concrètement par une chute des résultats des entreprises. En revanche, beaucoup d'experts prédisent un redémarrage de l'économie à partir de 2010. Cette année pourrait donc être une bonne occasion de redéployer l'épargne placée dans un contrat d'assurance vie pour profiter d'un rebond des marchés d'actions et d'obligations. En utilisant, notamment, des mécanismes d'arbitrage propres à ces types de placements, qui pilotent automatiquement votre épargne en vous débarrassant des soucis de gestion de portefeuille.

Dans tous les cas, nous vous déconseillons fortement de sortir maintenant des fonds investis en actions qui ont subi une quelconque moins-value : cela vous empêcherait de profiter d'une reprise future. Comme le rappelle un assureur, « Pour compenser une baisse de 50 %, il faut gagner 100 % ; ce qui, avec un fonds en euros, prend près de 20 ans ». Alors qu'avec la Bourse, cela peut remonter beaucoup plus vite...

Vous avez une assurance vie monosupport en euros : conservez votre contrat sauf si sa performance est insuffisante

A l'abri de toute perte, les fonds en euros continueront de représenter, pour 2009, l'un des meilleurs havres de tranquillité pour votre épargne. Si vous ne désirez prendre aucun risque, vous n'avez donc rien à changer

Attention, tous les fonds en euros ne se valent pas

Les rendements de ces supports garantis devraient cependant se situer, en 2009, à un niveau relativement faible – entre 3,5 et 4 % – mais les écarts de performances entre assureurs demeureront importants et les meilleurs continueront à donner plus, certainement aux alentours de 4,5 %. Ce sont les petites sociétés d'assurance vie ou celles qui se développent depuis peu qui tireront le mieux leur épingle du jeu : leurs gérants ont acheté, ces derniers mois, des obligations très rentables, qui procureront une rémunération élevée dans les prochaines années. Par exemple, de grandes sociétés comme Lafarge, Renault ou PPR, ainsi que les grandes banques, ont émis, ces derniers mois, des obligations d'une durée de 4 ans rapportant 7 à 8 % par an et parfois plus

Parmi les assureurs vie bien armés pour tirer parti de cette situation, figurent Axéria vie, Matmut vie, deux petites sociétés dont les fonds en euros ont quelques mois d'existence. Par définition, ces assureurs n'ont pas été amenés à acquérir d'obligations dans les années 2004 à 2007, alors qu'elles rapportaient moins de 4 %. Alors que ces obligations à faibles rendements pèsent maintenant sur les performances des fonds en euros des compagnies d'assurance vie plus anciennes, surtout si elles ont été obligées d'en acquérir de grosses quantités parce qu'elles drainent chaque année une épargne importante.

Tournez-vous vers les meilleurs fonds en euros ou passez au contrat multisupport

Si le rendement de votre fonds en euros est inférieur à la moyenne – c'est parfois le cas dans certains vieux contrats qui ne sont plus commercialisés, l'assureur négligeant alors d'en soigner la performance –, deux possibilités s'ouvrent à vous. Tout d'abord, vous pouvez clore votre vieux contrat afin de confier votre épargne à un autre assureur obtenant de meilleurs résultats. Sauf si votre assurance vie vous donne droit à des avantages fiscaux aujourd'hui disparus (c'est le cas si vous y avez placé de fortes sommes avant le 13 octobre 1998, puisqu'elles sont alors totalement exonérées d'impôt et de droits de succession, voir p. 92 et notre Spécial Impôts 2009, p. 161), le jeu peut en valoir la chandelle si vous acceptez que votre épargne soit à nouveau indisponible pendant 8 ans.

Autre piste : opter pour une transformation de ce contrat monosupport en un multisupport dans le cadre de la loi pour la confiance et la modernisation de l'économie, plus connue sous le nom de loi Fourgous (loi n° 2005-842 du 26.7.05 ; voir le n° 998 du Particulier, p. 32). À condition de placer au moins 20 % de votre épargne dans des supports en unités de compte, notamment investis en actions, vous conserverez l'antériorité fiscale de votre contrat tout en profitant des opportunités à venir des marchés boursiers. Après la forte baisse des marchés d'actions enregistrée en 2008, et si un rebond se profile effectivement pour 2010, cette transformation de votre contrat pourrait s'avérer payante, à condition que vous soyez prêt à immobiliser votre épargne encore 5 ou 8 ans. Mais attendez, pour transformer votre contrat, que l'horizon économique s'éclaircisse. Et vérifiez d'abord que, à la place de votre vieux contrat, votre assureur vous propose bien, comme le font, par exemple, l'Afer et la Maaf, un contrat multisupport de qualité, sans frais excessifs et avec des fonds performants.

Vous avez un contrat multisupport simple : votre faible latitude de choix doit vous inciter à la prudence

De nombreux contrats d'assurance vie multisupports offrent une palette financière très limitée comprenant, outre le fonds en euros garanti : un seul fonds en actions (tels les contrats Vivaccio de la Banque postale et Libre Cap de la Maif) ; éventuellement un fonds en obligations d'États ; deux ou trois fonds à gestion profilée (« prudent », « équilibré », « dynamique ») présentant un niveau de risque constant ; et, fréquemment, un ou plusieurs fonds à formule. De ce fait, ces contrats multisupports simples ne permettent pas un pilotage fin de vos capitaux, ce qui doit vous conduire à privilégier la sécurité dans l'environnement actuel.

Misez au maximum sur le fonds en euros

Le ou les fonds en actions risquant d'être encore très chahutés en 2009, le fonds d'obligations d'État étant susceptible de voir sa valeur baisser en cas de remontée des taux d'intérêt, et les fonds profilés étant composés, dans des proportions variables, des ingrédients précédents (actions et obligations), c'est donc le fonds en euros qui mérite la plus grande part d'attention, puisque vos capitaux y seront totalement à l'abri. Ces sommes étant toujours disponibles, vous pourrez à tout moment les redéployer sur des fonds plus prometteurs lorsque les signaux économiques repasseront au vert.

Les fonds à formule s'avèrent plutôt risqués et peu performants

Vantés par de nombreux assureurs vie (notamment les filiales d'assurance des banques), les fonds à formule mettent en avant la garantie du capital et une promesse de gain conditionnée par l'évolution d'un ou de plusieurs indices boursiers. En règle générale, ces fonds ne présentent que des inconvénients : ils immobilisent votre épargne pendant plusieurs années, puisque la garantie du capital n'est acquise qu'à l'échéance (par exemple, au bout de 2 ans et demi avec le fonds Zanzibar 10 de BNP Paribas, et après de 5 à 8 ans avec les fonds Amareo de la Société générale). Et surtout, ces fonds ont une probabilité de gains limitée. Selon les spécialistes de l'observatoire testepour vous.com, les chances d'obtenir une performance supérieure à un placement sans risque ne sont que de 3 à 4 sur 10. De plus, si les marchés boursiers redémarrent fortement, vous n'en profiterez que très partiellement car, avec ces fonds, les gains sont toujours plafonnés.

Grâce aux options d'arbitrage automatique, vous optimisez vos placements dans les fonds en actions

Pour parier sur un rebond de la Bourse, mieux vaut donc patienter puis investir, le moment venu, dans des fonds placés à 100 % en actions, qui vous feront profiter de leur valorisation. Pour vous aider à répartir au mieux votre épargne entre les fonds disponibles, la plupart des contrats proposent désormais des options d'arbitrage automatique. Ainsi, lorsque vous choisirez d'affecter une partie de vos capitaux à un ou plusieurs fonds en actions, vous pourrez opter pour un rééquilibrage automatique entre vos différents supports. Si les marchés d'actions progressent, une partie des bénéfices générés sera alors automatiquement réinvestie dans le fonds en euros. À l'inverse, si la Bourse baisse, un prélèvement sera effectué sur le fonds en euros pour augmenter la part exposée en Bourse. Ce type d'arbitrage est intéressant quand les marchés sont chahutés, car la part investie en Bourse est limitée à la proportion que vous avez définie à l'origine (voir page ci-contre).

Si vous voulez limiter la prise de risque, préférez l'option de dynamisation : votre épargne est placée dans le fonds en euros et seuls les intérêts sont investis sur des unités de compte en actions, risquées mais aux performances potentiellement supérieures. Votre capital initial, lui, reste protégé.

Autre option d'arbitrage intéressante : celle d'écrêtage automatique des gains, au-delà d'un certain seuil préalablement défini (voir p. 23). Si votre contrat ne propose pas cette option, vous pouvez réaliser ce type d'arbitrage vous-même, en dirigeant une partie de votre épargne vers un ou plusieurs supports dynamiques en actions quand les marchés sont à un point bas, puis en rapatriant vos gains vers le fonds en euros dès que les cours sont montés de, par exemple, 15 %. La crise actuelle des marchés boursiers prouve, en effet, que le pire des comportements est d'investir dans un portefeuille d'actions sans procéder à des arbitrages réguliers (voir p. 20), puisque les chutes des marchés effacent alors toutes les hausses précédentes, voire beaucoup plus pour les épargnants entrés en Bourse quand le marché était au plus haut.

Vous avez opté pour un contrat multisupport avec la loi Fourgous : prenez garde de ne pas perdre les avantages fiscaux

Depuis 2005, un million et demi de contrats d'assurance vie monosupports en euros, à la sécurité absolue, ont été transformés en contrats multisupports, pour un montant de 55 Md€. Autorisée par la loi « Fourgous », du nom du député qui l'a portée, cette transformation permet de placer tout ou partie de son épargne sur des supports en actions tout en conservant l'antériorité fiscale de l'ancien contrat : par exemple, s'il a plus de 8 ans, en cas de retrait, les intérêts et plus-values restent exonérés d'impôt à hauteur de 4 600 € pour un célibataire, 9 200 € pour un couple (voir p. 92). Par ailleurs, ce transfert peut être avantageux sur le plan des prélèvements sociaux (passés de 11 % à 12,1 % depuis le 1er janvier 2009) : dans un multisupport, ceux-ci sont ponctionnés lors des rachats, alors qu'ils sont déduits chaque année à la source dans les contrats monosupports. Les capitaux versés en cas de décès de l'assuré sont, de surcroît, entièrement exonérés de prélèvements sociaux dans les contrats multisupports. En contrepartie de ces avantages, l'administration fiscale a toutefois précisé, dans une instruction, qu'une part significative des capitaux transférés devait être placée dans des fonds « notamment investis en actions », en indiquant une proportion minimale de 20 %.

Vous ne serez pas pénalisé fiscalement si la valeur des fonds investis en actions baisse en dessous de 20 %

Jusqu'alors, les épargnants ayant transformé leur contrat monosupport dans le cadre de la loi Fourgous n'ont pas réalisé une bonne opération, surtout si elle est intervenue en 2006 ou en 2007, alors que la Bourse était au plus haut. Les épargnants qui avaient investi 20 %, voire plus, de leur épargne sur des fonds majoritairement investis en actions pâtissent donc actuellement de la forte dépréciation de ces compartiments. Cette situation n'induit, toutefois, aucune insécurité fiscale si ces épargnants avaient bien respecté, lors de la transformation du contrat, la règle des 20 % investis en fonds en actions. En effet, si, du fait de la seule chute boursière, la valeur de l'épargne investie sur des supports en actions descend en dessous du seuil minimal de 20 % imposé par la loi Fourgous, le fisc ne remettra pas en cause les avantages consentis.

Vous vous exposez aux foudres du fisc si vous retirez votre épargne des fonds actions

En revanche, sur un contrat « Fourgous », il est formellement déconseillé de procéder à des arbitrages pour diminuer votre exposition aux risques boursiers et augmenter la part du fonds en euros au-delà du seuil maximal fatidique de 80 %. D'une part, parce que sortir maintenant des fonds en actions concrétiserait définitivement vos pertes, alors qu'elles ne sont, pour l'instant, que potentielles, et vous empêcherait de profiter d'un futur rebond de la Bourse. Mais surtout, parce que les conséquences fiscales de cet arbitrage pourraient s'avérer désastreuses. En effet, l'administration fiscale pourrait considérer que vous avez, en agissant de la sorte, dénaturé votre contrat Fourgous et pourrait l'assimiler à un nouveau contrat. Il perdrait alors le bénéfice de son antériorité fiscale

Certains spécialistes évoquent une tolérance possible du fisc dans le contexte boursier actuel, mais aucun texte ne vient la confirmer. Mieux vaut donc ne pas céder à cette dangereuse tentation.

Au contraire même, si votre horizon de placement est encore lointain (8 à 10 ans ou plus) et que vous acceptez encore une dose de risque, vous pouvez envisager de renforcer, dans votre contrat, la part des fonds en actions qui a logiquement été réduite du fait de la chute boursière. À partir du 1er semestre 2010, si le ciel boursier a, d'ici là, commencé à s'éclaircir, des arbitrages réguliers mais modestes vers les fonds en actions – ou en obligations d'entreprises si votre contrat en comporte – devraient vous permettre de redonner plus rapidement des couleurs à votre contrat Fourgous. Le moment venu, pensez à sécuriser vos plus-values en les rapatriant vers le fonds en euros, pour ne laisser que 20 % de vos capitaux sur les supports en actions.

Vous avez un multisupport étendu : profitez de toutes les potentialités des fonds proposés

Plutôt destinés aux investisseurs avertis, de nombreux contrats d'assurance vie multisupports comportent une palette très étendue de supports en actions et obligations, qui en comptent de plusieurs dizaines à plusieurs centaines. Ces contrats se trouvent, principalement, sur Internet (Altaprofits, Boursorama, Fortunéo, Linxéa, Mesplacements Vie, Kapital Direct...), chez les conseillers en gestion de patrimoine, et dans les offres haut de gamme des banques (contrat Ebène de la Société générale, Plan Patrimonio du Crédit mutuel-CIC, contrat Multiplacements Privilège de la BNP Paribas...). L'an dernier, la plupart des fonds en actions disponibles dans ces contrats ont enregistré des baisses, parfois très importantes. Toutefois, certains assurés ont su mettre à temps leur épargne à l'abri en la retirant des supports risqués pour la placer dans le fonds en euros dont tous ces contrats sont également dotés.

Intéressez-vous aux fonds investis en obligations d'entreprises privées

Mais surtout, ces contrats, véritables « Formule 1 » de l'épargne, offrent aujourd'hui, grâce à leur choix étendu de fonds, des opportunités d'investissement inégalées dans la conjoncture actuelle. Ils comportent ainsi des fonds d'obligations d'entreprises émises, par de grands groupes industriels ou financiers, avec des taux d'intérêt très élevés, parfois supérieurs à 7 %, en raison des difficultés actuelles de financement. Certes, ces fonds ne sont pas dénués de risques : en cas de poursuite de la hausse des taux d'intérêt des obligations privées, la valeur de ces supports serait inexorablement ajustée à la baisse (voir p. 21). Le risque encouru est cependant moindre qu'avec les fonds en actions et la performance de ces fonds est très attractive.

Placez de 5 à 10 % de votre épargne sur des fonds obligataires

À un niveau de risque supérieur, figurent les obligations à haut rendement (« High Yield » en anglais), émises par des entreprises présentant un aléa de non-remboursement plus élevé. À titre d'exemples, de grandes entreprises comme Alcatel-Lucent ou Vivendi font ou ont fait partie récemment de cette catégorie d'emprunteurs. Actuellement, les craintes de défauts de paiement sont telles que les rendements de ces obligations atteignent des sommets, de 15 à 20 % par an, voire davantage, des taux jugés excessifs par nombre d'observateurs avertis. Si les taux de cette catégorie d'obligation venaient à baisser courant 2009, ce qui semble plausible, les fonds obligataires détenant des obligations « High Yield » rapportant de 15 à 20 % verraient automatiquement leur valeur s'envoler (voir p. 21). Le risque de faillite d'une ou plusieurs entreprises recourant à ce type d'obligation n'est, toutefois, pas à exclure. Il est donc vivement conseillé de n'investir dans ces fonds obligataires à haut rendement qu'une partie modeste (de 5 à 10 % maximum) de votre épargne placée en assurance vie.

Autre opportunité pointée par les professionnels : les fonds d'obligations convertibles en actions. Ces titres hybrides rapportent un intérêt annuel, et le porteur peut les transformer en actions à un prix convenu d'avance s'il juge que cette opération lui est favorable. Ayant fait l'objet d'une forte spéculation ces dernières années, ces obligations convertibles sont les plus grandes victimes de la crise boursière actuelle, car de très nombreux fonds d'investissement les ont vendues massivement pour récupérer de l'argent liquide. Elles se négocient actuellement bien en dessous de leur valeur réelle (avec une décote de 30 à 40 % début décembre 2008), ce qui leur confère, selon Sandrine Pance-Guérin, gérante spécialisée à la Banque d'Orsay, « un potentiel de rendement actuariel de 12 % à maturité ». Autrement dit, par le seul jeu de leur niveau actuel de dépréciation et de l'intérêt minimal qu'ils versent, ces titres pourraient rapporter 12 % par an jusqu'à leur échéance, soit plus que des fonds conventionnels d'obligations d'entreprises

Et si les marchés d'actions redémarrent, ces titres devraient offrir des rendements encore nettement supérieurs ! Toutefois, là également, le risque de faillite pure et simple d'une ou plusieurs entreprises émettrices de telles obligations convertibles ne saurait être écarté. Il ne faut donc investir dans des fonds d'obligations convertibles qu'à titre de diversification.

Pensez aux fonds à formule à titre de diversification

Les contrats multisupports haut de gamme intègrent aussi des fonds à formule pouvant se montrer bien plus intéressants que ceux des multisupports les plus simples (voir p. 24). Certes, ces fonds à formule n'offrent de garantie intégrale sur le capital que si la Bourse ne baisse pas au-delà d'un certain seuil (souvent fixé à - 40 %). Mais, en contrepartie, les promesses de rendement sont importantes, certains fonds versent des coupons chaque année proches de 10 % (tels les fonds R7 ou R8 d'Exane Derivatives, Serenindis de Privalto ou Optimiz Best Timing d'Adequity). Souscrire de tels fonds pourrait devenir judicieux si la Bourse peinait à se redresser sans plonger fortement : ces produits rapporteraient alors des gains inégalables.

Mieux vaut piloter votre contrat vous-même

Côté arbitrages automatiques, les contrats multisupports étendus comportent de multiples options de pilotage. Les options d'écrêtage ou de rééquilibrage peuvent s'avérer utiles (voir p. 23 et 27). Tenez-vous, en revanche, à l'écart des arbitrages « Stop Loss » (arrêt des pertes) qui font vendre un fonds dès qu'il a perdu un pourcentage de sa valeur, déterminé à l'avance : vous risqueriez de vendre au pire moment, sans espoir de redressement ultérieur. D'une manière générale, les multisupports haut de gamme s'accommodent mal d'un pilotage automatique : mieux vaut tenir le volant vous-même (ou le confier à un professionnel) afin d'optimiser toutes les ressources de votre contrat.

vous n'avez pas encore d'assurance vie : souscrivez-en une dès aujourd'hui pour prendre date sur le plan fiscal

Grâce à ses fonds en euros, plus rentables que les produits sûrs de type comptes à terme ou livrets bancaires (livret A et LDD inclus, puisque leur taux vont baisser en février), l'assurance vie continue à s'imposer comme un placement incontournable. Si vous n'en avez pas encore, n'hésitez pas à en souscrire une, au moins pour prendre date sur le plan fiscal : après 8 ans, vous pourrez en retirer vos capitaux en bénéficiant d'une fiscalité avantageuse (voir p. 92).

Attendez le rebond boursier, courant 2010, pour investir sur les fonds en actions

Si vous êtes âgé et que vous privilégiez la sécurité absolue, vous pouvez ouvrir un contrat monosupport en euros, ou investir la totalité de votre argent dans le fonds en euros d'un contrat multisupport. En revanche, si vous êtes encore jeune et que vous souhaitez vous constituer un capital par des versements réguliers, mieux vaut diversifier vos investissements entre plusieurs supports pour profiter d'une probable reprise des marchés boursiers. C'est votre degré d'aversion pour le risque qui vous fera déterminer la proportion adéquate de capitaux à placer sur le fonds en euros et sur les supports en actions (ou en obligations d'entreprises s'il en comporte). Toutefois, la faible valorisation actuelle des fonds en actions devrait vous inciter à leur faire la part belle. Mais vous devrez alors rester attentif à leur évolution et prendre vos bénéfices régulièrement à chaque phase de hausse. Sinon, au bout de 8 à 10 ans, vous n'aurez pas gagné davantage qu'en plaçant tout sur le fonds en euros

La technique de l'investissement progressif permet de minimiser les risques

Les épargnants qui ont un capital important à placer dans une assurance vie peuvent recourir à l'investissement progressif (souvent proposé en option d'arbitrage automatique). Dans ce cas, ils placeront tout, au départ, dans le fonds en euros, puis basculeront chaque mois une partie du capital sur des supports en actions. Ils entreront ainsi peu à peu sur les marchés boursiers, sans s'inquiéter de savoir s'ils entrent au moment idéal et sans risquer d'investir une trop grosse somme quand la Bourse atteint un pic temporaire. Dans l'hypothèse d'une reprise économique en 2010, cette stratégie vous permettrait d'en profiter pleinement en maximisant vos chances de gains.

Éric leroux


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