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Assurance vie multisupport : faites les bons arbitrages

Assurance vie multisupport : faites les bons arbitrages
Octobre 2007
Le Particulier n° 1017, article complet.
Auteur : CLEMENT (Catherine)

Avec les contrats d'assurance vie multisupports votre épargne est placée sur des fonds en actions. Plus performants, à long terme, que les fonds en euros, ils peuvent être sujets à des fluctuations et nécessitent un suivi attentif.

Jouez entre les différents supports pour stimuler ou sécuriser votre épargne

Longtemps, les épargnants n'ont guère eu à se soucier de gérer leur contrat d'assurance vie. Il suffisait d'investir sur le support en euros pour bénéficier d'une rémunération élevée et sans risques. Ce temps est révolu. Aujourd'hui, même les meilleurs contrats peinent à offrir 4,5 % sur ces supports. Et les moins performants sont passés sous la barre des 4 % net de frais de gestion avant prélèvements sociaux et impôt. Une performance certes honorable, comparée à l'inflation à peine supérieure à 1 % par an, mais décevante par rapport à d'autres placements, comme les actions. Or, la plupart des contrats d'assurance vie sont désormais multisupports : ils offrent la possibilité de placer l'épargne, soit sur un fonds en euros, soit sur des Sicav ou fonds communs de placement (FCP) investis, au moins en partie, en actions. Sur un fonds en euros, les gains engrangés une année sont définitivement acquis. Alors que la valeur de votre épargne investie sur des fonds en actions peut fluctuer à la hausse comme à la baisse.

Profitez du dynamisme des fonds en actions.

L'intérêt d'investir dans des fonds en actions est qu'à long terme ils sont plus performants, la Bourse étant traditionnellement le placement le plus rémunérateur sur une longue période. Depuis mars 2003, les fonds en actions ont enregistré de brillantes progressions, profitant de la reprise des marchés boursiers après le krach des années 2000. Mais les récentes ­corrections boursières, au printemps 2006, puis au printemps et au cours de l'été 2007, sont venues rappeler que les placements en actions exigent un suivi attentif. À la différence d'un compte-titres ou d'un Plan d'épargne en actions (PEA), il est exclu, dans le cadre d'une assurance vie, d'opérer à tout moment des achats et des ventes, au gré des bonnes ou des mauvaises nouvelles boursières. À l'exception de quelques contrats destinés à des investisseurs très réactifs, pour qu'un arbitrage (c'est-à-dire le transfert de l'épargne d'un support à l'autre au sein d'un contrat) soit exécuté, il faut compter plusieurs jours, voire une à deux semaines. En outre, si les assureurs offrent souvent un arbitrage par an, ensuite chaque ­arbitrage entraîne des frais qui peuvent aller jusqu'à 1 % du montant transféré (voir tableau p. 36). Multiplier les arbitrages peut donc coûter excessivement cher.

Faites évoluer la part des actions dans votre contrat.

Si l'assurance vie se prête mal à une gestion spéculative active, vous ne devez pas pour autant vous résoudre à l'immobilisme. De temps en temps, remettez à plat votre stratégie en faisant évoluer la part des actions dans votre contrat. Le principal critère, sur ce point, est le délai pendant lequel vous pouvez vous passer de votre épargne (voir ci-dessus). Si vous avez plusieurs années devant vous, vous pouvez placer au moins 50 % de votre assurance vie en actions. Mais si vous n'avez que 5 à 7 ans, ou si vous êtes allergique aux soubresauts de la Bourse, limitez cette part à 10 ou 20 %. Dans tous les cas, évitez de basculer d'un seul coup une partie importante de l'épargne sur des fonds en actions, que ce soit sous forme de nouveaux versements ou d'arbitrages venant du fonds en euros. Dans un climat boursier agité, il est plus prudent de procéder en plusieurs fois : cela peut éviter d'investir au prix fort, peu de temps avant une chute. En répartissant les transferts sur plusieurs semaines ou plusieurs mois, vous lisserez le prix de revient de l'investissement.

Effectuez vous-même des arbitrages ou programmez-les.

Vous pouvez orchestrer vous-même ces transferts progressifs, et ainsi tenir compte de la conjoncture sur les marchés, par exemple en profitant d'un repli temporaire pour investir davantage à meilleur prix. Mais ­nombre de contrats permettent de programmer les arbitrages, et cela souvent gratuitement. Ceux-ci seront automatiquement réalisés par l'assureur, aux dates prévues, à raison, par exemple, de deux arbitrages par mois (Multiplacements 2 de BNP Paribas) ou d'un par mois pendant 6 à 12 mois (Ideavie d'AGF, par exemple). Selon les contrats, cette option peut être utilisée lorsque vous effectuez un nouveau versement. Il sera alors placé en attente sur le fonds en euros (ou sur un fonds monétaire cependant moins rémunérateur et moins sûr que le fonds en euros), puis investi progressivement sur le fonds en actions de votre choix. Vous pouvez également opérer un transfert progressif des sommes déjà investies de longue date sur le support en euros pour accroître la part des actions dans votre assurance vie. Une bonne stratégie peut même consister à ne placer sur des supports en actions que les gains obtenus sur le support en euros. Ainsi, vous ne risquez aucune perte sur le capital investi. Ce type d'arbitrage peut, en outre, être automatisé, dans certains contrats, grâce à une option appelée "dynamisation du capital".

Veillez à maintenir le bon dosage d'actions.

Ces arbitrages successifs du fonds en euros vers un ou des fonds en actions permettront d'atteindre la répartition de votre épargne que vous vous êtes fixée. Vous devrez ensuite veiller à maintenir cette répartition. Or, le poids relatif de chaque type de support peut varier, même sans arbitrages, par l'effet de leur valorisation. Ainsi, si vous avez décidé, voici 2 ou 3 ans, d'investir votre épargne, par exemple à hauteur de 70 % sur le support en euros et de 30 % seulement sur un fonds en actions, il est probable, vu la progression des marchés boursiers, que le poids relatif de ce dernier fonds ait beaucoup augmenté depuis cette date. Il représente peut-être maintenant 35 ou 40 % de votre capital, voire davantage. Si vous estimez que cette nouvelle répartition vous fait prendre trop de risques, il est peut-être judicieux d'envisager de rééquilibrer votre assurance vie en faveur du fonds en euros. De nombreux contrats comportent cette option. Souvent gratuite, elle permet de rétablir la répartition choisie, en général une fois par an, parfois chaque trimestre. Pour effectuer ces corrections, vous pouvez aussi choisir de transférer sur le fonds en euros les plus-values réalisées sur les fonds en actions au coup par coup ou grâce à une option de gestion automatisée dite "sécurisation des plus-values". En général, vous pouvez déterminer le seuil de plus-values latentes qui déclenche l'arbitrage. Il est, par exemple, de 10, 20 ou 30 % avec le contrat Winalto de Maaf assurances. Selon les contrats, cet arbitrage est gratuit ou facturé (de 0,50 à 1 % du montant transféré). La fréquence avec laquelle le seuil de déclenchement peut jouer varie également : dans les contrats de la Société générale, elle est quotidienne, alors que sur le contrat Vivaccio de la Banque postale, elle est trimestrielle. Enfin, ce type d'arbitrage n'est effectué que si la plus-value à transférer atteint un montant minimal, variant, selon les contrats, de quelques dizaines à plusieurs centaines d'euros.

Rééquilibrez dans un sens... ou dans l'autre.

Un rééquilibrage peut également devenir nécessaire, mais cette fois en sens opposé, après une forte baisse des marchés d'actions et, par conséquent, du ou des fonds en actions présents dans votre contrat. Le fonds en euros ayant continué à progresser, le poids relatif des supports en actions pourra être devenu inférieur à votre objectif initial. Si vous avez validé une option de rééquilibrage automatique, les arbitrages nécessaires se feront sans votre intervention. En revanche, si vous avez activé l'option de ­sécurisation des plus-values, vous devrez l'annuler, pour pouvoir procéder à des arbitrages inverses, du fonds en euros vers les fonds en actions (voir ci-dessus). Ce jeu de balancier vous conduit à investir davantage sur les marchés boursiers quand ils ont baissé et sont bon marché, et

à sécuriser vos gains quand ils ont monté.

Une alternative aux arbitrages : les fonds profilés.

Pour maintenir un équilibre optimal entre actions et supports plus stables, vous pouvez investir votre épargne dans des fonds dits "profilés", accessibles au sein de nombre d'assurances vie multisupports. Selon le profil assigné au fonds, le gestionnaire combine actions, obligations et autres placements monétaires, à des doses variables. Ainsi, un fonds "prudent" comptera peu d'actions et beaucoup de placements obligataires ou monétaires. A contrario, un fonds "dynamique" ou "offensif" (les appellations varient d'un assureur à l'autre) sera, en grande partie, investi en actions. En outre, le gérant rééquilibre lui-même en permanence la composition du fonds, pour tenir compte des hausses ou des baisses de la Bourse, et des perspectives d'évolution des marchés. En principe, il vous suffit juste de choisir le profil de fonds convenant à vos objectifs et de laisser ensuite le gestionnaire piloter votre épargne. En pratique, les choses sont un peu différentes. Avec un profil dynamique ou offensif, vous serez quand même contraint à des arbitrages si, du fait de la valorisation ou des pertes enregistrées, la part de ces fonds dans votre épargne devient trop ou pas assez importante. Avec un profil prudent, vous profiterez moins des hausses de la Bourse, puisque ces types de fonds comportent peu d'actions, mais ils peuvent toutefois enregistrer des pertes quand elle chute. Mieux vaut donc, pour sécuriser votre épargne, recourir aux fonds en euros.

Rééquilibrez votre contrat si vos objectifs personnels évoluent.

Un dernier type d'ajustement peut devenir nécessaire en ce qui concerne, cette fois, la répartition que vous avez fixée entre support garanti en euros et fonds en actions. Si votre horizon de placement se raccourcit, il est prudent de réduire vos investissements en actions et de sécuriser votre capital sur le support en euros. Rien de pire, en effet, que d'avoir besoin d'argent juste au moment où la Bourse se trouve en mauvaise posture, et d'être obligé de brader ses placements pour dégager des liquidités. Veillez donc à ajuster cette répartition quand approche votre départ en retraite, le moment de financer les études supérieures de vos enfants, ou celui de leur consentir une donation... Ces ajustements peuvent se faire au travers d'arbitrages programmés du fonds en actions vers le fonds en euros. Mais, si vous savez déjà à quelle date vous aurez besoin de votre capital, certains établissements proposent une formule dite "gestion à horizon". Soit l'assureur transfère régulièrement (tous les ans ou tous les trimestres) une fraction de votre épargne investie en actions vers le support en euros, en fonction de la date à laquelle le fonds doit être sécurisé et à l'échéance que vous avez fixée. Soit vous souscrivez des parts d'un fonds "à horizon" qui investit votre épargne à la fois en actions, obligations et placements moné­taires. Dans son portefeuille, la part des actions sera progressivement réduite au profit des obligations et du monétaire. Sachez que la première solution est préférable car, jusqu'à présent, les supports en euros ont été plus rémunérateurs que les ­placements monétaires et ils sont les seuls à garantir la valeur de votre épargne.

Arbitrages programmés ou au coup par coup ?

Les arbitrages programmés ont l'avantage majeur de vous dispenser de suivre vous-même votre contrat. Mais, comme ils sont déclenchés à date fixe, ou en fonction de critères prédéterminés (un certain niveau de plus-value sur les fonds en actions, par exemple), ils s'opèrent quelle que soit la situation sur les marchés financiers et donc parfois à contre-courant. Ils peuvent ainsi conduire à alléger le fonds en actions pour réinvestir sur le support en euros quand la Bourse connaît un accès de faiblesse temporaire. Alors qu'il vaudrait mieux attendre qu'elle se reprenne pour sécuriser le capital. Si les actions se mettent à progresser fortement, vous en profitez moins, puisque vous avez réduit la part d'actions dans votre épargne. Inversement, un arbitrage programmé du support en euros vers les fonds en actions peut se révéler préjudiciable s'il est opéré peu avant une correction boursière car vous entrez sur le fonds actions au prix fort, au lieu de saisir des opportunités d'achat à moindre prix. En général, vous n'êtes pas averti de l'arbitrage programmé et il vous est difficile de l'empêcher. Vous pouvez seulement renoncer à l'option automatique. Mais il faut le demander quelques semaines à l'avance.

Au contraire, en effectuant vos arbitrages au coup par coup, vous restez maître de leur calendrier, en fonction de vos objectifs et de l'évolution prévisible des marchés boursiers. Mais si vous n'avez pas une grande expérience, vous risquez, au contraire, d'arbitrer à contre-temps, en ­investissant quand les marchés ont monté et en vendant quand ils ont baissé.

Même si vous avez opté pour une formule d'arbitrage programmé, vous gardez, bien sûr, la possibilité de réaliser vous-même des arbitrages ponctuels. Notamment si vos objectifs ont changé et que vous désirez réorienter votre capital. En revanche, évitez d'effectuer régulièrement vos propres arbitrages, en plus de ceux programmés. Vous risquez, soit d'amplifier exagérément l'effet des arbitrages programmés, si ceux que vous faites vont dans le même sens, soit, s'ils vont en sens contraire, d'annihiler cet effet. La gestion de votre épargne deviendra erratique et les frais d'arbitrage prohibitifs. Catherine Clément

 


Mots-clés :

ARBITRAGE , ASSURANCE VIE , BOURSE , VALEUR MOBILIERE




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