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Fonds garantis sur le capital... pas sur les performances !

Fonds garantis sur le capital... pas sur les performances !
Novembre 2007
Le Particulier n° 1018, article complet.
Auteur : POZNANSKI (Roselyne)

Ils conjuguent la garantie du capital investi et la promesse d'un rendement sur le marché bour­sier. Mais leur performance finale est difficile à évaluer. Voici les clés pour analyser les principaux fonds garantis actuellement proposés sur le marché.

Des formules complexes pour limiter l'impact des fluctuations boursières

Comment profiter de la Bourse sans pâtir des risques liés à la volatilité des actions ? Depuis la tourmente des marchés financiers, cet été, la question est plus que jamais d'actualité. La baisse des indices boursiers peut vous donner l'idée de réinvestir sur ces marchés pour bénéficier des prochaines hausses. Et cela sans avoir pour autant à gérer vos titres en direct. Vous pouvez ainsi souscrire auprès de votre banquier des Sicav en actions ou des fonds indiciels, calés sur un indice comme le CAC 40, à la Bourse de Paris, le DJ Euro Stoxx 50, pour la zone euro, ou le Standard & Poor's 500, pour les valeurs américaines. Mais ces fonds restent très sensibles aux mouvements de marché. Autre solution : miser sur des "fonds à formule et à capital garanti". Ils se nomment Best Seller (Caisses d'épargne), Intenséo (Banque postale), ou encore Zen (Barclays), et vous promettent d'alléchantes performances. Contrairement aux fonds en actions ou indiciels, ces produits hybrides marient la sécurité du capital placé, quel que soit l'état de la Bourse, et la perspective d'un rendement lié à l'évolution des marchés. Ils sont le plus souvent accessibles à partir de 100 € et peuvent être logés dans tout type d'enveloppe : compte-titres, Plan d'épargne en actions (PEA), assurance vie ou Plan d'épargne retraite populaire (Perp). Toutes les banques proposent de tels fonds, sur des périodes de souscription limitées à quelques semaines. Pour vous aider à y voir clair dans ces offres souvent complexes, nous avons décrypté le fonctionnement des produits actuellement proposés par les grands réseaux bancaires (voir nos fiches pages suivantes). De quoi déterminer s'ils peuvent ou non s'insérer dans votre stratégie d'investissement, en complément d'une épargne plus classique.

Une épargne bloquée durant 2 à 10 ans.

La quasi-totalité des fonds à formule commercialisés aujourd'hui sont des fonds à capital garanti : votre mise initiale, hors frais de souscription (de 1 à 3 % en moyenne) est garantie à l'échéance du fonds, quelle que soit l'évolution des marchés. Rien à voir donc avec les fonds où le capital est simplement "protégé", à hauteur de 80 à 95 %, avec une promesse de performance plus généreuse... si elle se réalise. Tel le fonds Benefic de La Poste, supposé sans risque et qui a fait perdre à certains de ses titulaires jusqu'à 30 % de leur investissement initial

Cette affaire a d'ailleurs incité à la prudence : les Caisses d'épargne ou le Crédit mutuel de Bretagne, par exemple, ne commercialisent plus que des fonds à capital garanti. Pour autant, le fonctionnement d'un fonds à capital garanti n'est pas simple. Tout d'abord, vous devez investir avant une certaine date, les périodes de souscription durant en moyenne de 4 à 6 semaines. Après cette date, le fonds est coté sur les marchés et sa valeur liquidative initiale n'est plus garantie. Vous devez ensuite accepter de bloquer votre épargne pendant une durée de 2 à 10 ans, selon les fonds, pour être sûr de la récupérer à terme, augmentée, si tout va bien, d'un rendement prédéfini. Cependant, la promesse de gain, extrêmement complexe, est très différente d'une banque à l'autre, rendant impossible toute comparaison. Ainsi, le rendement peut être fonction de l'évolution d'un ou de plusieurs indices boursiers (CAC 40, DJ Euro Stoxx 50...), d'un ou de plusieurs paniers d'indices, ou encore de l'écart entre différents indices... (voir nos fiches). Chaque établissement y va de sa recette, mais personne, pas même un gérant chevronné, ne peut prédire lequel de ces fonds, à sa date d'échéance, enregistrera la meilleure performance.

Une incertitude totale sur les performances à venir.

Pour avoir un minimum d'éclairage, il est important de décrypter la promesse de rendement. Attention : celle-ci est détaillée dans le "prospectus simplifié", visé par l'Autorité des marchés financiers (AMF), mais pas dans les documents commerciaux habituellement fournis. Trois scénarios – favorable, atone ou défavorable – y sont, en principe, décrits. Mais, à chaque fois, il ne s'agit que d'hypothèses. Ainsi, Beau fixe Rebond de LCL, lancé en 2001 et promettant le meilleur entre 100 % du capital investi et 80 % de ce même capital augmenté de 150 % de la progression semestrielle moyenne du CAC 40, a souffert de la chute brutale et ininterrompue de la Bourse de Paris jusqu'en 2003. Malgré une très belle reprise du marché par la suite, ce fonds – comme beaucoup d'autres à cette époque – n'a pas pu rattraper son retard. Conséquence : en juillet dernier, date de son échéance, les épargnants n'ont récupéré que... leur mise initiale

De quoi être amer.

Examinez aussi de près la formule mathématique de calcul du rendement, car elle peut réserver bien des surprises. Prenons l'exemple du fonds Stéréo du Crédit mutuel de Bretagne. Une lecture rapide de sa promesse pourrait laisser croire que l'on peut récolter le double (200 %) de la performance trimestrielle moyenne du DJ Euro Stoxx 50 d'ici à l'échéance du 15 novembre 2013. En réalité, il n'en est rien. Comme pour de nombreux fonds, la performance dépend ici de relevés périodiques. Autrement dit, on ne compare pas la valeur finale d'un indice à sa valeur initiale, mais on fait la moyenne de toute une série de performances intermédiaires. Et la performance finale sera minorée par les différents mouvements de repli enregistrés durant la vie du fonds. "Quand un indice fait 100 % sur une période et que les clients ne perçoivent que 30 % de cette hausse, par exemple, c'est effectivement un problème, reconnaît Catherine Leroy, responsable marketing produits de particuliers au Crédit agricole Asset Management. Car ils oublient qu'ils ont acheté d'abord de la garantie et ne voient que la hausse des marchés." On les comprend

Lancé en pleine ascension des marchés boursiers (juillet 2004), Monestar 2007 de Barclays, arrivé lui aussi à échéance en juillet dernier, a affiché un gain brut, sur 3 ans, de 17,23 %, alors que, pendant ce temps, le DJ Euro Stoxx 50, son indice de référence, progressait de plus de 60 % ! Une différence qui s'explique par le coût du filet de protection – la garantie du capital – et une formule de calcul limitant la performance mensuelle à + 1 % en cas de hausse de l'indice, et à – 1 % en cas de baisse.

A la recherche permanente de nouvelles combinaisons.

Pour que le flot des souscriptions ne se tarisse pas, les banquiers cherchent cons­­tamment la formule miracle. Comprenez, la moins décevante quelles que soient les configurations du marché. Depuis quelques mois, certains établissements proposent davantage de fonds de courte durée : c'est le cas des Caisses d'épargne avec leur gamme Fuzéor. Leur formule, qui n'est pas correllée aux marchés boursiers, permet de garantir, à l'instar d'un compte à terme, un rendement minimal. La seule incertitude portant sur l'octroi d'un bonus supplémentaire. D'autres banques optent pour des produits à sortie anticipée sous conditions, "qui permettent au souscripteur de se sentir moins prisonnier", comme l'admet Olivier Turbe, responsable marketing épargne long terme chez LCL. Si un premier objectif de gestion est atteint, l'épargnant récupère alors, par anticipation et sans frais, le capital net investi majoré d'une performance annoncée à l'avance. Mais, là encore, malgré des promesses a priori réalisables à court terme, le souscripteur n'est sûr de rien... En témoigne la trajectoire de Tonga 100, lancé en décembre dernier par BNP-Paribas. Ce fonds, d'une durée de 2 ans, dispose d'une fenêtre de sortie anticipée en décembre 2007 si le cours de chaque indice de son panier de référence est stable ou en hausse par rapport à son cours initial. « Mais si la probabilité de ce remboursement anticipé était forte avant l'été, elle ne l'est plus aujourd'hui », constate Josselin Lecuyer, responsable des produits structurés chez BNP-Paribas.

Aucune formule n'est vraiment bonne ou mauvaise : tout dépend des marchés. Lorsqu'ils sont haussiers, comme cela a été le cas ces dernières années, "seuls quelques produits ont affiché une performance supérieure à celle d'un bon fonds en euros", précise Christophe Gaboriaux, de Testé pour vous, organisme indépendant d'analyse financière. Ne vous attendez donc pas à des miracles.

Attention à l'échéance et à la fiscalité.

Toutefois, si vous souhaitez diversifier vos avoirs de cette façon, retenez quelques principes avant de souscrire. Le premier est que vous ne devez pas avoir besoin de l'argent investi avant la date d'échéance du fonds. À défaut, vous seriez triplement pénalisé : la valeur liquidative du fonds pourra être inférieure à ce qu'elle était au départ, vous perdriez la promesse de rendement et des frais de sortie anticipée vous seraient facturés, sauf pour quelques fonds chez LCL ou à la Société générale. Ensuite, réfléchissez au support fiscal le plus adapté. Nous vous conseillons, lorsque le fonds y est éligible, le compte-titres ordinaire : tant que les cessions de titres ne dépassent pas 20 000 € par an et par foyer fiscal, les plus-values échappent à l'impôt et aux prélèvements sociaux. En outre, votre argent n'est pas bloqué, comme avec un PEA de moins de 5 ans ou, de façon moins pénalisante, une assurance vie de moins de 8 ans (voir le n° 978 du Particulier, p. 30). Sachez aussi qu'une fois le fonds garanti arrivé à échéance, vous serez obligé de récupérer votre épargne, même si vous n'avez rien gagné, alors qu'avec une Sicav en actions, vous pouvez toujours attendre des jours meilleurs. Enfin, sachez décrypter les annonces de bons résultats des fonds arrivés à échéance... Les banquiers préfèrent, en effet, communiquer sur des performances globales, plus flatteuses qu'un taux annuel. Mais 30 % de performance sur 6 ans ne représentent jamais que 4,50 % brut de rendement annuel, soit à peine mieux qu'un fonds en euros d'un contrat d'assurance vie ! Roselyne Poznanski

 


Mots-clés :

FONDS DE GARANTIE , PLACEMENT BOURSIER




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