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L’isolation favorise... la condensation

Juin 2011
Le Particulier Pratique n° 369, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)
  • Des bâtiments de plus en plus étanches
  • Condensation en surface ou en profondeur
  • Le critère de perméance des murs

Jusqu’à présent, la conception des maisons était telle que la vapeur d’eau était évacuée naturellement par une série de petits courants d’air traversant le bâtiment. Les murs n’étaient pas totalement fermés, pas jointifs au niveau des fenêtres. Un équilibre hygrométrique s’instaurait, et l’air était renouvelé.

Des bâtiments de plus en plus étanches

L’augmentation du coût des énergies depuis plusieurs années et les différentes réglementations thermiques qui en ont découlé ont conduit à isoler les logements, rompant cet équilibre hygrométrique. La vapeur d’eau ainsi concentrée à l’intérieur des bâtiments ne peut plus en sortir, ce qui cause de nombreux sinistres. Le cas le plus emblématique est le changement de fenêtres, qui rend le bâtiment étanche. Le phénomène est aggravé par la multiplication des équipements qui, auparavant, étaient absents (lave-linge, lave-vaisselle, douche…), l’aménagement de plus en plus courant des combles, qui autrefois permettaient à la maison de respirer, l’ouverture moins fréquente des fenêtres (les volets roulants sont commandés de l’intérieur), etc.

Condensation en surface ou en profondeur

En l’absence de ventilation des locaux, il existe un risque de condensation sur les parois ou, plus grave, dans l’épaisseur des murs. Entre un intérieur chaud et humide et un extérieur froid et sec, la température décroît dans la paroi. La vapeur d’eau “cherche” un équilibre : elle va du milieu le plus humide vers le plus sec – c’est la pression de vapeur d’eau – et condense quand elle rencontre un mur froid. C’est ce qui se passe dans une maison bien isolée lorsqu’elle traverse l’isolant. Mais tout dépend de la perméabilité de ce dernier et de celle du mur qui est derrière.

Le critère de perméance des murs

La quantité de vapeur d’eau qui peut traverser une paroi par unité de temps sous une différence de pression donnée est appelée perméance. Celle-ci est fonction de la composition de la paroi et de la porosité des matériaux. Les phénomènes de migration de la vapeur d’eau sont extrêmement complexes. Ils varient selon la température et l’hygrométrie. Si le temps est pluvieux, le mouvement de l’humidité est ralenti. Les problèmes surgissent lorsque la vapeur d’eau condense dans le mur, à l’endroit où la température chute, généralement au contact de l’isolant et de la paroi froide. L’isolant, mouillé, perd alors ses qualités. L’humidité peut le dégrader en attaquant la colle, les fibres et les liants, voire favoriser l’apparition de micro-organismes comme les moisissures. En présence d’un pont thermique – rupture de l’isolant à la liaison entre le plancher et la façade, à la jonction d’une menuiserie, d’un balcon, etc. –, la température diminue du côté intérieur de la paroi ; c’est là que se fait la condensation, et non dans l’épaisseur de l’isolant. La condensation au cœur de mur est difficile à détecter et ne devient apparente en surface qu’après quelques semaines, ou même quelques mois, lorsque le papier peint commence à se décoller, la peinture à cloquer ou que des moisissures apparaissent. En cas de doute, de petits humidimètres, comme le 606-1 de Testo ou l’Humitest Survey de Domosystem, peuvent aider à tester le mur.

Une bonne ventilation est indispensable

L’isolation de la maison doit donc aller de pair avec l’installation d’une ventilation, qui permet de contrôler les débits d’air et de rétablir un équilibre hygrométrique. “Ces problèmes de condensation peuvent être réglés à la source, avec une ventilation adaptée. La ventilation naturelle est le minimum, mais il existe aujourd’hui des technologies très performantes, dont le débit d’air est contrôlé : la ventilation double flux, qui récupère les calories de l’air extrait, ou la ventilation hygroréglable, dont le débit varie en fonction du taux d’humidité du logement”, explique Frédéric Henry, responsable technique à l’Agence qualité construction – AQC (voir LPP n°s 345 et 356).


Mots-clés :

HUMIDITE , ISOLATION THERMIQUE , MAISON INDIVIDUELLE




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