Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Vie pratique > Consommation > De grandes vacances à petits prix... sur le Net

De grandes vacances à petits prix... sur le Net

De grandes vacances à petits prix... sur le Net
Juin 2011
Le Particulier n° 1062, article complet.
Auteur : FRASNETTI (Pascal)

Si les Français achètent souvent leurs voyages sur Internet, l’offre spécialisée sur le tourisme en ligne peut laisser perplexe. Derrière les promotions alléchantes, les clients ne sont pas à l’abri de mauvaises surprises. Sachez les éviter pour obtenir les meilleurs prix.

Avant d’acheter un voyage, 63 % des Français ayant accès à internet déclarent avoir consulté un site pour préparer leurs vacances (étude Médiamétrie de juillet 2010). Mieux : les Français passent désormais à l’acte d’achat en ligne. Publiée en janvier dernier, une étude de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) souligne la poussée de l’e-tourisme, qui signe la plus forte croissance de tous les secteurs du commerce en ligne en 2010, avec une progression de 20 %. Logique ! Car en quelques clics, vous pouvez tout acquérir depuis votre ordinateur, des billets de train ou d’avion jusqu’à la location de maison, de mobile home ou l’achat de séjours en club…

Consulter les bons sites

Encore faut-il s’y retrouver dans la galaxie des sites spécialisés. Tapez « séjour au Maroc » sur un moteur de recherches comme Google et vous obtiendrez plusieurs milliers de résultats. Pour vous repérer, vous devez connaître quelques règles de base pour savoir à qui vous avez affaire. Il existe, en effet, quatre familles d’acteurs (voir notre lexique p. 80) : les tour-opérateurs (Nouvelles Frontières, Thomas Cook, Fram, Kuoni, Club Med…), les agences de voyages (Voyages-sncf, Expedia, Voyage-privé…), les distributeurs (Opodo, Go Voyages, Lastminute…) qui sont parfois aussi agences de voyages et, enfin, les moteurs de recherches et autres métamoteurs (Kelkoo, Voyagermoinscher, Easyvols, Illicotravel, Liligo…). Seuls les trois premiers peuvent vendre directement des prestations, même si les distributeurs se contentent souvent de proposer l’offre des tour-opérateurs qui leur rétrocèdent une commission, autour de 10 à 15 % du prix de la prestation.
En revanche, les moteurs de recherche ou les métamoteurs, agrégeant les informations de plusieurs moteurs de recherche, sont des sites non marchands. Ils permettent d’obtenir une vision d’ensemble de toutes les offres du marché. Comme ils sont rétribués par les producteurs ou distributeurs au nombre de clics effectués sur leur site, vous serez vite renvoyé sur un autre site dès que vous cliquerez sur une offre. Au final, un même séjour monté par un tour-opérateur peut se retrouver dans une agence de voyages (interne ou externe), chez les distributeurs ou sur les moteurs de recherche, avec des différences de prix parfois conséquentes.

Faire le tri dans les offres

Outre les différences entre voyagistes et distributeurs, le deuxième problème est la nature des prestations proposées. Tous les sites vendent de tout, ou presque. Sur Voyages-sncf, vous pourrez acheter un séjour au parc Disneyland, une traversée en ferry vers la Corse ou la Grande-Bretagne, des croisières mais aussi des locations de places de campings… Cette offre éclectique a permis au site de la SNCF de devenir le leader de la vente de séjours en France sur internet. À l’inverse, depuis la fin du monopole de la vente de billets de train en 2009, vous pouvez acheter vos trajets sur d’autres sites, comme Expedia ou Promovacances. Ces prestataires payent à la SNCF une licence d’exploitation pour accéder à la base de réservation, baptisée Ravel. Vous verrez leur nom apparaître – et non celui de la SNCF – si vous réservez un billet de train sur ces sites.

Le prix le plus bas est rarement garanti

Dernier écueil : les écarts de prix. Un même séjour au Maroc sera proposé par une multitude de sites à des prix différents. Rares sont les producteurs ou distributeurs qui s’engagent à être les moins chers (voir encadré p. 82). Même lorsque les sites affirment comparer l’ensemble des offres parues sur le web, ils vont d’abord mettre en avant les partenaires avec lesquels ils ont conclu des accords. Par exemple, la sélection de promotions sur le métamoteur Voyagermoinscher, un site du groupe Priceminister, renvoie systématiquement sur les offres du site Promovacances. Il en va de même lorsque les distributeurs ne proposent pas les tarifs des compagnies aériennes à bas coût dites low cost (voir le n° 1049 du Particulier, p. 78). Sur le site d’Opodo, une case à cocher permet d’intégrer à la recherche ces vols à bas prix. Malheureusement, nous n’y avons pas trouvé trace de la liaison Easyjet entre Paris et Pise ni les vols Ryanair entre Paris et Dublin, à différentes dates de départ. Dans ces conditions, pour obtenir le meilleur tarif, vous avez tout intérêt à séparer l’achat du vol de celui du séjour.

Gare aux frais cachés

Dans tous les cas, méfiez-vous des prix annoncés, ils peuvent réserver de mauvaises surprises. Si la loi exige que le prix du voyage soit présenté toutes taxes comprises, à la facture finale viennent souvent s’ajouter des frais supplémentaires. Nous avons notamment constaté que la plupart des sites prélèvent des frais de dossier sur les séjours. C’est le cas, par exemple, chez Promovacances (99 € par personne pour un séjour au Mexique en juillet). Sur le site Opodo apparaît en plus la mention « frais de dernière minute » sur les forfaits touristiques. Des frais qui, selon le distributeur, ne seraient pas prélevés et devraient rapidement disparaître des conditions de vente. Sur Boursedesvoyages, le tarif indiqué n’inclut pas les frais de réservation, qui peuvent atteindre 20 € si vous passez votre commande sur le site entre 23 heures et minuit. Autre exemple : cette croisière en Méditerranée, vendue par Costa sur le site Abcroisiere, qui indique le prélèvement en fin de voyage d’un « forfait de séjour à bord », dont le montant n’est pas précisé immédiatement. Ou, encore, la location d’une maison de vacances sur le site du loueur Cuendet, où il faut ajouter 2,2 % du tarif final si vous souhaitez régler avec une carte bancaire MasterCard…
Tout n’est pas si noir, heureusement. Certains sites comme Lastminute indiquent des prix TFC (tous frais compris) : le prix affiché est égal au prix payé. Dans tous les cas, nous vous conseillons de dérouler le processus de la réservation jusqu’à la page du paiement en ligne pour voir toutes les éventuelles mauvaises surprises. Et relisez bien votre contrat avant de payer. Certaines cases optionnelles, comme les assurances facultatives payantes, peuvent être précochées. Si votre carte bancaire vous offre une protection suffisante, décochez la case (pour en savoir plus sur les assurances des cartes « haut de gamme », voir le n° 1051 du Particulier, p. 36).
Au-delà de ces pièges traditionnels, la politique tarifaire des prestataires du tourisme est une vaste nébuleuse. Ils n’hésitent pas à faire varier les prix, en fonction de l’importance de la demande et d’autres critères peu transparents. Cette politique est bien connue pour les voyages aériens ou en chemin de fer. Exemple, la SNCF peut faire monter les prix en fonction des événements régionaux, voire de la météo du week-end à venir, pour les offres de dernière minute ! Cette politique de tarification en temps réel porte un nom : le « yield management ».

Réservez le plus tôt possible

Si vous recherchez un séjour à moindre coût, la solution la plus sûre consiste à réserver son voyage le plus tôt possible (« en première minute » dans le jargon des voyagistes). « Plus on est exigeant, plus il faut réserver tôt », rappelle Pierre Brisset, directeur général du site Voyagermoinscher. Ainsi, une famille avec trois enfants a tout intérêt à réserver très à l’avance. Surtout si la famille n’a pas la possibilité de faire varier sa destination ou sa date de vacances. Quel que soit votre profil, les professionnels poussent aujourd’hui les clients à acheter plus tôt. « Plus l’on réserve tôt, moins l’on paie cher », martèle la formule du Club Jumbo, une marque du voyagiste Thomas Cook.
Chez Marmara, la réduction sur leur offre « 1res minutes » atteint ainsi jusqu’à 30 %. Pour un séjour d’avril à octobre, il faut réserver début décembre. Trop tard pour cette année. Mais si vous souhaitez partir de novembre à mars, réservez dès la fin août. « Chez nous, impossible de trouver un séjour dont le prix soit inférieur à notre offre appelée 1res minutes », affirme Sébastien Boucher, directeur de la communication. Selon Marmara, ces offres sont toujours au moins inférieures de 10 % au prix des voyages de dernière minute. Avec ce tour-opérateur, vous pouvez partir en Tunisie à partir de 249 € la semaine grâce aux premières minutes, hors juillet-août, et au Maroc à partir de 399 €, en période estivale. Une offre idéale pour les familles adeptes de la formule club. Les autres pourront se tourner vers le voyagiste Fram. Lui aussi affiche des réductions allant jusqu’à 30 % sur son offre première minute « Réservez + tôt ». À condition de réserver dès janvier-février pour un départ l’été et de septembre à octobre pour l’hiver. Et Fram propose aussi son Offre Duo, soit un séjour à un euro pour la deuxième personne. Là encore, il faut s’y prendre tôt : au premier trimestre pour partir en été.
Vous souhaitez une offre première minute plus haut de gamme ? Tournez-vous alors vers Happy First du Club Med qui propose une réduction de 15 % par personne si vous réservez vos vacances d’hiver (séjour ski ou soleil) avant le 3 juillet. Mais sachez tout de même qu’avec ces réservations de première minute, vous pouvez vous exposer à une hausse de tarif au dernier moment. Face à l’instabilité actuelle du coût du carburant, les tour-opérateurs peuvent répercuter la hausse sur le client. Le code du tourisme (art. L. 211-13) précise les limites de cette hausse. Elle ne peut porter que sur le carburant, les coûts liés aux redevances et taxes (atterrissage, embarquement, débarquement…) ou les taux de change. Et ces changements doivent avoir lieu au maximum 30 jours avant le départ et avoir été mentionnés noir sur blanc dans le contrat.

Des promotions de dernier moment

Vous n’êtes pas fixé sur une destination ou une date particulière ? Optez alors pour l’autre solution d’achat à meilleur coût : les offres de dernière minute, prévoyant des départs dans le mois, voire parfois dans la quinzaine suivante. Bien entendu, il faudra se montrer moins sélectif concernant les dates ou les destinations. Mais ces offres ont l’avantage d’être ouvertes toute l’année. Et la plupart des prestataires y ont recours (voir tableau p. 78). Là encore, la meilleure solution passe par la chasse aux promotions sur internet, qui affichent parfois des taux de réduction spectaculaires. Pour ses ventes flash, Opodo évoque une réduction maximale de 70 % par rapport au prix brochure, soit le même rabais que le site Lastminute, avec son offre Dernière minute. Lastminute présente ses offres promotionnelles de manière claire, la réduction offerte est systématiquement affichée et les offres sont classées par dates de départ.
Autre site à recommander : Look Voyages qui indique systématiquement la réduction en pourcentage sur ses offres de dernière minute. Et vous pouvez trier votre séjour par date de départ (dans la semaine ou semaine suivante), en fonction de la ville de départ ou de votre budget. Sur le site, les réductions dépassent rarement 50 %. Sur Boursedesvoyages, vous avez accès à plus de 150 offres de voyages dégriffés. Mais la réduction par rapport au prix de base n’est pas affichée. Le site Nouvelles frontières offre jusqu’à 75 % de remise sur les tarifs catalogue avec son offre Promo dernière minute. Si les prix pratiqués par le voyagiste s’entendent tous frais compris, reste que les frais de dossier sont particulièrement élevés. En revanche, le site Nouvelles frontières propose une description utile des hôtels et des chambres sélectionnées.
Attention, ces promotions s’appliquent trop souvent sur une seule date de départ. Elles peuvent aussi rester à l’affiche sur le site, même si les séjours sont complets. Pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’une offre d’appel, il faudrait connaître le nombre de places proposées sur ces séjours à prix bradés. Or, rares sont les prestataires à jouer la transparence. Marmara annonce 200 000 séjours printemps/été disponibles dans ses offres de première minute. Go Voyages déclare proposer au minimum 1 000 offres à prix bradé par jour. Et la réduction est affichée en pourcentage par rapport au prix de base, dont le montant est également mentionné. À l’inverse, les voyagistes haut de gamme n’aiment pas communiquer sur le nombre de séjours disponibles en promotion. Ils sont parfois réservés à quelques privilégiés. Dans ses conditions générales, le Club Med indique ainsi que ses offres de dernière minute sont valables dans la limite de 20 places par semaine et par village concernés par l’offre. Elles permettent d’obtenir jusqu’à 30 % de réduction. Le Club Med propose plus volontiers des réductions pour la seconde personne. Par exemple, au moment de notre enquête, la marque au trident offrait une ristourne de 25 % sur un séjour d’une semaine à Marrakech au départ de Paris, le 25 juin, soit 3 187 € pour deux personnes.

La bonne démarche pour acheter seulement un trajet en avion

Si vous n’êtes pas intéressé par les offres de séjour et recherchez uniquement un vol au meilleur prix, procédez en quatre étapes. Commencez par regarder du côté de prestataires comme Opodo ou Kelkoo. Chez ce dernier, les vols low cost sont systématiquement intégrés. Comparez ensuite les résultats obtenus avec ceux des métamoteurs Easyvols, Liligo ou IllicoTravel, proposant plusieurs centaines de compagnies aériennes ou sites de voyage spécialisés. Nous avons, par exemple, trouvé un aller-retour Paris-Istanbul sur une compagnie régulière avec une escale en Suisse, à 165 €, sur Illicotravel.
Troisième étape : regardez ensuite les promotions sur des sites comme Expedia. Celui-ci propose des rabais pour un départ dans les 2 à 3 semaines suivantes. Et si le montant de la ­ristourne n’est pas précisé, vous pourrez facilement comparer le coût final avec les offres des moteurs de recherche. Enfin, si vous n’êtes pas décidé sur la destination, inscrivez-vous sur le site de Nouvelles frontières pour participer aux enchères. Trois fois par semaine, les internautes peuvent y dénicher de très bonnes affaires. Surtout sur des vols secs. Exemple : cet aller-retour pour les îles Canaries au départ de Roissy remporté en avril pour 69 €(prix catalogue 341 €) ou encore cet aller-retour vers les Maldives, remporté pour 249 € (au lieu de 736 €). Attention, en haute saison, la demande plus forte limite l’effet discount de ces enchères.

Pascal Frasnetti


Mots-clés :

AGENCE DE VOYAGE , CIRCUIT TOURISTIQUE , HARD DISCOUNT , INTERNET , PRIX , TOURISME , VACANCES




Outils pratiques :

Vous aimerez aussi
Préparer votre retraite
Faites appel à un expert pour anticiper et compléter vos futurs revenus

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Choix patrimoniaux

Forum bannière

 

Bannière e-Particulier