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Aller chercher l’eau en profondeur... avec un forage

Mai 2011
Le Particulier Pratique n° 368, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)
  • Déclarer son forage
  • Trouver un bon foreur
  • L’importance du tubage et de son cône

Vous pouvez capter l’eau d’une nappe phréatique située dans votre terrain par un forage. En fonction de l’usage que vous désirez en faire – arroser le jardin ou alimenter la maison si vous êtes dans une zone non desservie par le réseau public –, la réglementation qui s’applique ne sera pas la même.

Déclarer son forage

Vous avez le droit de prélever jusqu’à 1 000 m3 d’eau par an, à condition d’en faire la déclaration à la mairie. Le formulaire est téléchargeable sur foragesdomestiques.developpement-durable.gouv.fr. L’entreprise de forage pourra vous aider à le remplir. Cette mesure est destinée à recenser les forages privés. Les forages de plus de 10 m de profondeur sont soumis à une déclaration préalable auprès de la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire). Tout pompage doit être équipé d’un compteur d’eau permettant de vérifier si la règle des 1 000 m3 est bien respectée.
Pour savoir s’il y a de l’eau dans votre terrain et à quelle profondeur, adressez-vous à un foreur local qui connaît la géologie. Il est également possible de faire appel à un sourcier – il en existe encore : si la nappe ne s’étend pas sur toute la région, dans les sous-sols en schiste par exemple, il pourra trouver la faille par où passe l’eau. Enfin, des cartes numérisées répertoriant les forages de France – vous verrez ainsi quels sont ceux à proximité de votre terrain – sont consultables sur le site infoterre.brgm.fr.

Trouver le bon foreur

Trop de forages sont encore réalisés au mépris de la réglementation, ce qui constitue une véritable catastrophe écologique. Pour trouver un professionnel consciencieux, vous pouvez vous renseigner auprès du Syndicat national des entrepreneurs de puits et forages d’eau (SFE) ou de l’Association syndicale des entreprises de forages (Asef). Ces organismes ont élaboré une charte de qualité, que leurs adhérents s’engagent à respecter.
Le foreur doit vous fournir un devis clair et détaillé, indiquant précisément ce qu’il va réaliser : diamètre du forage et du tubage, catégorie du gravier filtrant… Vous pouvez faire référence à la norme Afnor NF X 10-999 de 2007 sur les forages de l’eau et de géothermie avant de passer votre commande, ce qui écartera les foreurs peu sérieux. Celle-ci impose des essais de pompage, une cimentation en tête et un massif filtrant dans les terrains non consolidés (sol meuble, sable).

Une roche dure est plus aisée à creuser

N’hésitez pas à demander un devis à plusieurs entreprises. Pour l’établir, le foreur doit se rendre sur le terrain, car les difficultés d’accessibilité pèseront lourd sur la facture. La nature du sol et la facilité, ou non, de le creuser jouent également. Contrairement à une idée reçue, une roche dure est plus simple à forer, car les professionnels disposent maintenant d’outils à percussion adaptés. Ainsi, le coût du forage dans du granit, en Bretagne par exemple, se situera dans la fourchette basse, environ 40 € le mètre. En revanche, en région parisienne, où la géologie est complexe – c’est un véritable millefeuille composé d’une superposition de strates de différentes natures –, le prix sera beaucoup plus élevé, 300 € le mètre, en moyenne.

Faire un forage est toujours un pari

Sa mise en œuvre comporte, en effet, plus ou moins d’inconnues. Avant d’engager les travaux, il est, par conséquent, indispensable de bien se mettre d’accord avec le professionnel sur les conditions de réalisation de l’ouvrage. Il faut, tout d’abord, apprécier la quantité d’eau dont vous avez besoin, en fonction de la surface du terrain à arroser par exemple. L’entrepreneur peut estimer le pourcentage de réussite selon la nature du terrain – dans le socle, en schiste ou en granit, les débits sont plus aléatoires. “Il faut déterminer à partir de quel débit le forage est intéressant. Le client doit donc décider à l’avance avec le foreur de la conduite à tenir si le débit n’est pas suffisant, prévoir si on gardera le forage et si on tubera quand même, ou non”, prévient Max Pradurat, président de l’Asef.
“Avant de placer la pompe définitive, le foreur doit poser une pompe destinée à nettoyer le forage, extraire le limon, le sable et les granules pour clarifier l’eau. Cette pompe provisoire crée tout autour du tube une poche qui sert de filtre naturel. Au moment de mettre la pompe neuve, l’eau doit être propre”, recommande Bernard Vignals, formateur au Training Center KSB. Demandez ensuite un essai de pompage à l’entrepreneur pour voir si le débit est constant. “En fin de chantier, le foreur délivre un rapport de travaux mentionnant le débit à ne pas dépasser ainsi qu’une coupe des travaux effectués. Surtout ne payez pas tant que vous ne l’avez pas entre les mains”, insiste Éric Garroustet, président du SFE.

L’importance du tubage et de son cône

Un forage doit être cimenté dans sa partie haute. Le ciment protège la nappe de la pollution venant de la surface du sol. La profondeur du cône en ciment est définie par le foreur. Un joint d’argile évite que le ciment ne pollue la zone située au-dessous.
Le tubage est réalisé en tubes PVC, le matériau le moins cher, si le terrain tient bien. Le PVC utilisé, de couleur bleue, est le même que celui pour l’eau potable. Les tuyaux gris ne sont pas prévus pour les captages d’eau, car ils ne présentent pas une résistance suffisante. Si le terrain bouge, il faudra employer un tuyau en acier, plus coûteux.
Une fois le forage achevé, vous devrez respecter le débit indiqué par le foreur, sous peine de détruire l’installation. En cas de surexploitation, l’augmentation de la vitesse de pénétration de l’eau dans la crépine entraîne des matières, qui finissent par la boucher. Veillez, enfin, à ce que les abords du forage restent propres ; ainsi, il n’y aura pas de problème le jour où il faudra sortir la pompe. Quelques foreurs proposent des contrats d’entretien incluant une inspection par an. Cela n’est utile que pour la géothermie.


Mots-clés :

EAU , EAU RESIDUAIRE DOMESTIQUE , PRIX




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