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Un nouveau dallage : une cour carrossable

Mai 2011
Le Particulier Pratique n° 368, article complet.
Auteur : MARTIN (Claire)

Une cour pour garer sa voiture, c’est pratique, mais une cour relookée, débarrassée des impersonnels pavés autobloquants au profit de matériaux plus originaux – pavés authentiques, dalles en pierre reconstituée, mélange de ciment et de gravillons, béton décoratif –, c’est mieux ! Quel que soit le matériau choisi, le chantier doit respecter les contraintes de stabilité du sol – en raison du poids des véhicules, des salissures dues à l’huile de moteur ou aux traces de pneus –, d’écoulement de l’eau de pluie et d’entretien. Mieux vaut donc avoir toutes les cartes en main.

Pierre naturelle ou reconstituée, béton décoratif, des rendus très différents

Le style de la maison, l’habitat traditionnel de la région et les conditions climatiques déterminent le choix des dalles ou des pavés en pierre naturelle. Cependant, pour supporter les manœuvres et les passages fréquents d’un véhicule, leur épaisseur doit être de 6 cm au minimum, ce qui élimine bon nombre de modèles décoratifs destinés aux terrasses et aux allées de jardin, dont l’épaisseur ne dépasse pas de 3 à 4 cm. Il faut éviter également des matériaux comme le marbre, très glissant lorsqu’il est humide, et les calcaires durs, tels que le comblanchien, car ils sont gélifs et se détériorent au fil des années. La forme des dalles contribue aussi au cachet de la cour. La disposition en opus romain consiste à placer des dalles rectangulaires en bandes, tandis que celle en opus incertum permet de disposer des pierres de formes et de tailles variées de façon aléatoire. Quant aux petits pavés cubiques (10 x 10 x 10 cm) en grès ou en granit, qui font le charme des allées d’autrefois, ils existent en différents aspects : bombés, irréguliers, sciés ou clivés. Ils doivent être non gélifs, antidérapants et recouverts d’un traitement oléofuge et hydrofuge (Pierre & Sol). Leur prix varie entre 19,50 et 160 €/m2, hors frais de port.
Si vous optez pour la pierre reconstituée, sachez que la plupart des dalles ne sont pas carrossables du fait de leur faible épaisseur. Le fabricant Girpav, spécialiste de la voirie, propose une combinaison de dalles oléofuges et hydrofuges, de 8 cm d’épaisseur, mais au prix de la pierre naturelle (modèle Gallo-romain, référence DGVE 8, 78,65 €/m2). Xtirio vend des dalles ou des pavés, en 6 cm, pour la moitié de ce prix, qui conviennent également.
On peut aussi réaliser une cour carrossable en coulant 15 cm de béton comprenant une forte proportion de gravillons, auquel sont ajoutés un plastifiant, pour lui donner de l’élasticité, et des fibres synthétiques à base de polymère afin qu’il ne se fissure pas. Des joints de fractionnement réalisés à partir de matériaux tels que des briques ou des pavés apportent une touche d’originalité. Enfin, l’application de moules sur du béton frais permet d’obtenir de faux dallages aux coloris et aux motifs variés : bois, pavés, dalles (Artevia Empreinte de Lafarge). Souvent, passer une couche de résine en surface évite la pénétration des hydrocarbures et facilite l’entretien.

L’ampleur des travaux dépend de ce qu’il y a sous l’ancien dallage

Lorsque le sol n’est pas porteur (simple lit de sable, terre argileuse ou remblai), il est primordial de le stabiliser, que la pose des matériaux se fasse sur lit de sable ou sur béton. Si le sol est porteur (terre stabilisée et bien damée), les pavés, ou le béton, se placent directement dessus. Enfin, il arrive que l’ancien dallage recouvre une dalle en béton, voire une chape maigre, constituée de 15 parts de sable pour une part de ciment. En fonction de sa profondeur et de sa déclivité (il faut 2 cm par mètre pour assurer l’évacuation des eaux de pluie), ce fond de forme, ou sous-fondation, peut parfois être réutilisé. La profondeur totale doit être de 15 à 20 cm. Dans le cas où la chape n’est pas assez profonde, il faut la casser, ce qui alourdit la facture (de 35 à 45 €/m2 en région) et augmente le temps de mise en œuvre.

Les pavés et les dalles se posent sur lit de sable ou sur béton

Dans un cas comme dans l’autre, le fond de forme doit être rigoureusement plan, tout en respectant la pente de 2 cm par mètre.
La pose sur lit de sable, relativement simple mais longue, implique de creuser le terrain, avec un engin ou à la pelle, sur une vingtaine de centimètres de profondeur. Si le sol est très humide, des drains doivent être installés afin d’évacuer l’eau. Il faut ensuite poser des rives, ou bordures, pour éviter le glissement de la terre autour de l’excavation, mais aussi pour bloquer les pavés ou les dalles une fois qu’ils seront en place. L’étape suivante consiste à étendre une couche de tout-venant (gravats) de 5 à 10 cm si le sol est porteur et de 10 à 15 cm s’il ne l’est pas, puis à la damer de façon que les gravats s’imbriquent les uns dans les autres. Sur ce hérisson, aplani et respectant toujours la pente pour l’écoulement de l’eau, est répandu un lit de sable de 4 à 5 cm, damé puis recouvert de pavés. Enfin, les interstices de 1 à 1,50 cm entre les pavés sont comblés avec du sable mélangé à un liant polymère. Ce liant va durcir en séchant sans devenir cassant pour autant. Insérer un géotextile (Bidim) entre le tout-venant et la couche de sable stabilise ce dernier et empêche que l’herbe ne pousse entre les pavés.
La pose sur chape présente l’inconvénient d’être définitive, ce qui obligera à tout casser lors de modifications ultérieures. D’autre part, elle ne peut s’effectuer que sur des sols parfaitement stabilisés afin d’éviter toute fissure. Cette formule est intéressante si votre ancienne chape est d’une profondeur suffisante et si la déclivité est respectée, une partie des travaux étant ainsi déjà réalisés. Il ne reste plus alors qu’à la recouvrir de tout-venant, de sable, puis à y poser les pavés ou les dalles. Il n’est pas utile d’intercaler un géotextile.

Avec le béton décoratif, une mise en œuvre rapide, mais un long séchage

Le plus pratique est qu’un camion toupie puisse entrer dans votre propriété. Si ce n’est pas possible, le béton sera acheminé soit au moyen d’un tapis relié à la toupie, soit, solution extrême, par une pompe. Pour une bonne mise en œuvre, la déclivité nécessaire à l’écoulement des eaux de pluie doit être respectée. Il faut prévoir des joints de fractionnement, car une dalle d’un seul bloc risquerait de se fissurer. Un coffrage en bastings délimite la surface à garnir, en suivant un calepinage, c’est-à-dire un dessin très détaillé permettant d’alterner les effets de matières et de couleurs. Le béton est coulé, lissé manuellement, puis recouvert d’un désactivant (produit réactif qui retarde la prise du béton en surface pour un meilleur effet décoratif). Après une nuit de séchage, la laitance est éliminée au nettoyeur haute pression, ce qui laisse apparaître les gravillons. Il faudra alors attendre 28 jours pour que le béton soit complètement sec, et que vous puissiez y garer votre véhicule.

Claire Martin


Mots-clés :

AMELIORATION DE L'HABITAT , MAISON INDIVIDUELLE , PARKING , STATIONNEMENT , TRAVAUX




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