Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Vie pratique > Consommation > La collecte sélective des déchets : comment optimiser son tri

La collecte sélective des déchets : comment optimiser son tri

La collecte sélective des déchets : comment optimiser son tri
Mai 2011
Le Particulier Pratique n° 368, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

Un but écologique

Au cours des 20 dernières années, la quasi-totalité des communes ou groupements de communes a mis en place une collecte sélective des déchets recyclables. Ce service se justifie par des raisons écologiques (limiter la pollution générée par les incinérateurs et les décharges) et économiques (répondre à la raréfaction des matières premières).

Des résultats perfectibles

Alors que, en moyenne, 85 % des déchets ménagers pourraient être recyclés, à peine 30 % le sont effectivement. Des résultats modestes qui s’expliquent par une collecte sélective qui reste médiocre quantitativement et qualitativement. Comment l’optimiser ?

Le recyclage concerne, en France, à peine 30 % des déchets, contre de 50 à 70 % aux Pays-Bas, en Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Suisse… Notre pays est donc mauvais élève, puisqu’une directive européenne de 2008 fixe un objectif de 50 % de recyclage “matière” (compostage ou transformation en matières premières secondaires) d’ici à 2020. La loi Grenelle I, d’août 2009, qui exige des collectivités locales un taux de recyclage de 35 % en 2012 et de 45 % en 2015, va sans doute donner un coup d’accélérateur. S’agissant des emballages (un tiers des déchets ménagers et assimilés à eux seuls), la performance attendue est de 75 % dès 2012, contre 63 % actuellement.

Pourquoi une si maigre collecte ?

Pour que la collecte sélective soit fructueuse, il faut que les ménages acceptent de trier leurs déchets chez eux, en respectant des consignes précises, de les stocker, puis, en l’absence de collecte en porte-à-porte, d’aller les déposer dans un container collectif. Une gestion contraignante, surtout pour ceux qui ne disposent ni d’ascenseur ni de voiture. Et une démarche facultative : ceux qui ne trient pas, ou qui le font mal, n’encourent aucune amende. La motivation des foyers est une condition essentielle, mais pas forcément suffisante, car la tâche n’est pas simple, aucun logo n’identifiant clairement les déchets recyclables sur les conditionnements des produits. Quant au Point vert, il indique juste que le producteur s’acquitte d’une contribution auprès d’Éco-emballages pour l’élimination de l’emballage, et non que ce dernier est recyclable. Aussi les ripeurs (autre nom des éboueurs) trouvent-ils régulièrement des déchets indésirables dans la collecte sélective.

Quel parcours suivent les déchets triés ?

En porte-à-porte, la collecte s’effectue tous matériaux recyclables confondus. En containers collectifs, ils sont ramassés par grands types de matériaux. Dans les deux cas, ils sont acheminés jusqu’à un centre de tri régional, où ils subissent un tri plus poussé. Ils sont déversés sur des tapis roulants jalonnés d’aimants, de faisceaux infrarouges, de cellules laser, de séparateurs balistiques, de caissons aérauliques, de cribles vibrants qui écartent les déchets indésirables et regroupent les matériaux recyclables par familles et sous-familles : papier, carton, aluminium, acier, plastiques (polyéthylène téréphtalate – PET – et polyéthylène haute densité – PEHD)… Le tri mécanique est complété, en divers points du parcours, par un tri manuel. Pellenc, leader des machines de tri en France, expérimente actuellement un appareil capable d’identifier une infinité de plastiques, et non plus les seuls PET et PEHD : un faisceau infrarouge scanne le déchet et compare le spectre obtenu avec les différentes “signatures” enregistrées dans la banque de données logicielles. Cette technologie ouvrirait la voie au recyclage des pots, barquettes et films en plastique.

Accepte-t-on partout les mêmes déchets ?

Les déchets acceptés sont fonction des équipements techniques et des débouchés commerciaux des centres de tri. Cela dit, ces derniers récupèrent presque tous, aujourd’hui, le papier (feuilles volantes, journaux, magazines, prospectus, catalogues), le carton, les briques alimentaires, les boîtes de conserve, les canettes de boisson, les bombes aérosol, les bidons et boîtes métalliques, les bouteilles et flacons en plastique.

Quels déchets sont systématiquement refusés ?

Les centres de tri ne récupèrent jamais les morceaux de bois, les tissus, les gravats, la vaisselle, les miroirs, les vitres, les tessons de faïence ou de terre cuite, les bidons d’huile non alimentaire, ni les chaussures usagées, les carcasses d’animaux, les lingettes de nettoyage, les couches-culottes, les jouets, les bouteilles de gaz… Les pots, barquettes, films et sacs en plastique ne sont acceptés que dans quelques centres, à titre expérimental.
Les ripeurs contrôlent le contenu des bacs individuels avant de les vider. S’il n’y a que quelques déchets indésirables, ils les jettent dans la poubelle de tout-venant ou les déposent sur le trottoir, pour les encombrants. S’il y en a beaucoup, l’ensemble du bac est refusé – un autocollant ou un bandeau de refus est apposé pour le signaler au ménage “fautif”. Le contenu des containers collectifs ne peut être vérifié de la sorte, à cause de leur volume, leur profondeur, leur manque d’accès…
Les déchets recyclables qui ne respectent pas les critères de tri sont également refusés par les ripeurs ou le centre de tri ; par exemple, les boîtes non vidées, le papier sous film plastique, les emballages en carton emboîtés les uns dans les autres. Les papiers ou les cartons souillés sont inexploitables. Le papier déchiqueté est difficile à identifier par les machines de tri ou à saisir à la main sur les lignes de tri. Il en est de même du verre pilé, qui, en plus, s’incruste dans les autres matériaux, les rendant impropres au recyclage.

Quel est le taux de refus moyen ?

Tout confondu – matériaux non recyclables à ce jour et ceux qui sont recyclables, mais ne respectent pas les critères de tri –, en 2008, 23 % des déchets acheminés vers les centres de tri ont été réorientés vers des incinérateurs ou des centres d’enfouissement, selon Éco-emballages. Ce taux est même de 30 %, d’après le Centre national d’information indépendante sur les déchets (Cniid). Des erreurs de tri qui tiennent plus de la méconnaissance que de la malveillance.

Certains ménages trient-ils mieux que d’autres ?

Éco-emballages indiquent, d’une part, que les ménages urbains trient moins que les ruraux – 27 kg par an et par habitant, contre 57 kg –, alors qu’ils produisent beaucoup plus de déchets, et, d’autre part, que c’est en habitat collectif que les résultats sont le plus faibles. “En immeuble, 5 % de foyers qui trient mal peuvent nuire aux efforts de 95 % de leurs voisins”, souligne François Dagnaud, président du Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères (Syctom) de l’agglomération parisienne. Éco-emballages constate également que les jeunes et les habitants du sud de la France accusent un certain retard. Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) confirme que les jeunes sont rétifs au tri, tout comme les personnes âgées, les Franciliens et les ménages aux ressources modestes (ouvriers, inactifs).

Et si l’on automatisait complètement le tri ?

À terme, les ménages pourraient ne plus avoir à trier leurs déchets. Ils les jetteraient dans une poubelle unique, et le tri serait effectué a posteriori, dans les centres régionaux, de manière totalement automatisée. Le complexe de Fos-sur-Mer, près de Marseille, inauguré en janvier 2010, laisse entrevoir une telle évolution. Il regroupe, sur un même site, un centre de tri, une usine de méthanisation et de compostage des résidus de la méthanisation, ainsi qu’une usine d’incinération pour les matériaux non compostables ni recyclables. Seul hic, “75 % du tonnage collecté est, pour l’heure, incinéré”, s’insurgent des associations de protection de l’environnement locales. Depuis des années, Dany Dietmann, élu écologiste en Alsace, dénonce ces détournements plus ou moins ponctuels de matériaux recyclables – il s’agit, en général, de balles de plastique – vers les incinérateurs : leurs fours surdimensionnés devant être alimentés en continu – à raison de 15-20 tonnes de déchets par heure, dans le cas de celui de Fos-sur-Mer – et maintenus à très haute température pour des questions techniques et de rentabilité, le tri rigoureux est utilisé pour nourrir ces incinérateurs, au lieu d’offrir une seconde vie aux matériaux.

Sylvie Francisco


Mots-clés :

DECHET , RECYCLAGE DES DECHETS , TRAITEMENT DES DECHETS




Outils pratiques :

Vous aimerez aussi
Préparer votre retraite
Faites appel à un expert pour anticiper et compléter vos futurs revenus

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Choix patrimoniaux

Forum bannière

 

Bannière e-Particulier