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Recourir à un antenniste : Modifier son antenne pour le passage à la TNT

Mars 2011
Le Particulier Pratique n° 366, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

Le 30 novembre 2011, il en sera fini de la télévision analogique en France. À cette date, les émetteurs et réémetteurs hertziens de métropole ne diffuseront plus que des programmes numérisés, autrement dit codés en suite de 0 et de 1, comme pour le satellite, les réseaux câblés locaux et Internet. Le passage à la télévision numérique terrestre (TNT) consiste à changer le format de diffusion des programmes sans modifier le mode de transmission, résument les professionnels. Pour recevoir ce nouveau format, faut-il simplement s’équiper d’un décodeur TNT avant la date butoir (différente selon les régions, voir la carte p. 55) ? Ce décodeur est d’ailleurs intégré dans tous les téléviseurs achetés après mars 2008.

“Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, s’équiper d’un décodeur TNT ne suffit pas”, prévient M. Gratzer de Spid Antennes, à Paris. “C’est quand même souvent la seule chose à faire pour tous les téléspectateurs qui ne reçoivent pas la télévision par satellite, par réseau câblé local, de type Numericable, ni par ADSL”, rétorque M. Juarez d’Antelec, à Toulouse. Quoi qu’il en soit, les antennistes font état de plusieurs types de problèmes. “Les retours de mes confrères, dans les régions déjà passées au tout numérique, sont inquiétants”, insiste M. Gratzer. Près de Deauville, M. Baron, des établissements du même nom, confirme : “En Basse-Normandie, où nous sommes en numérique depuis mars 2010, nous ne comptons plus les changements de canaux successifs et les problèmes techniques, liés aux émetteurs, non résolus, et qui ne le seront probablement jamais…” La presse régionale et les forums de discussion Internet regorgent de critiques : image pixélisée ou figée, son haché, chaînes manquantes, écran noir, etc. L’incompréhension le dispute à l’irritation, à la colère même. D’après M. Gratzer, “certains problèmes dus au matériel de réception peuvent être évités pour peu qu’ils soient anticipés”.

Prendre les devants pour ne pas se retrouver face à un écran noir

L’antenne est le maillon le plus important de la chaîne de réception. L’extinction de la diffusion analogique s’accompagnera, dans bien des zones, d’un changement d’émetteur et/ou de fréquences d’émission de certaines chaînes. Cela imposera, au mieux, une réorientation de l’antenne ; au pis, son remplacement. Selon le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), le Syndicat national des installateurs en distribution audiovisuelle et réseaux de communication électronique et la Fédération nationale des professionnels indépendants de l’électricité et de l’électronque, 32 % des antennes râteau individuelles et 48 % des antennes collectives exigeraient l’intervention d’un antenniste avant le passage au tout numérique.
En fait, souvent les consommateurs ont pris les devants : ils ont acheté un décodeur (ou un nouveau téléviseur en possédant un) et ont, au besoin, réorienté ou changé leur antenne et reçoivent d’ores et déjà la TNT. Mais si une bonne partie de ces téléspectateurs continueront à recevoir correctement la TNT, d’autres, pourtant bien équipés, ne seront pas à l’abri de quelques couacs. “Même si vous captez correctement la TNT actuellement, vous pouvez rencontrer des difficultés de réception lors du passage au tout numérique, affirme M. Gratzer. À Paris, par exemple, ce passage, prévu pour le 8 mars, promet une belle pagaille pour tous ceux qui utilisent une antenne pas très récente. L’émetteur hertzien situé sur la tour Eiffel continue, pour l’instant, de diffuser les chaînes du groupe France Télévisions, Arte et LCP-Public Sénat en analogique. Le 8 mars, elles basculeront sur le canal 35. Or, la plupart des antennes qui ont été installées à Paris avant 2008-2009 sont à bande étroite : elles ne couvrent que les canaux 21 à 33. Pas mal de téléspectateurs parisiens ne pourront donc plus recevoir ces chaînes, à moins de s’équiper d’une antenne râteau à large bande.”

Faut-il changer l’antenne ou simplement la réorienter ?

Si vous habitez en logement individuel, vous pouvez faire vous-même quelques vérifications préliminaires. Assurez-vous que vous résidez bien dans une zone desservie par la TNT. Cela fait, branchez votre décodeur et lancez une procédure automatique de recherche et de mémorisation des chaînes numériques. Au besoin, entrez les fréquences manuellement. Le plan des fréquences numériques de votre région est disponible sur le site csa.fr.
Vous ne recevez aucune des chaînes gratuites de la TNT ou qu’une partie ? Interrogez vos voisins pour savoir s’ils rencontrent les mêmes difficultés. Vérifiez ensuite que votre antenne est suffisamment surélevée et bien dégagée – l’émetteur diffuse dans un rayon “à vue” –, puis essayez de la réorienter. L’implantation des émetteurs régionaux de télédiffusion a, en effet, été revue de fond en comble ces dernières années : certains ont été ajoutés, d’autres déplacés afin de couvrir 95 % du territoire, comme l’exige la loi. La carte des émetteurs et des bassins de réception peut être consultée sur les sites du CSA, du groupement d’intérêt public Tous au numérique (tousaunumerique.fr) ou de TNT test (tnttest.org). Dans bien des cas, l’emploi d’un mesureur de champ s’impose. Il faudra alors confier la réorientation de votre antenne à un spécialiste.
Si réorienter votre antenne ne suffit pas, il faudra la changer. “Une antenne oxydée, dépointée, mal fixée ou mal orientée ne peut pas donner de bons résultats”, rappelle M. Gratzer. “Les modèles d’extérieur compacts (en aile de requin, plats…) ou d’intérieur sont déconseillés, même à proximité d’un émetteur. L’idéal est une antenne de toit de type râteau, Yagi, Lambda ou trinappe à large bande UHF, c’est-à-dire couvrant les canaux 21 à 69, précise M. Baron, qui met en garde contre les économies qui n’en sont pas. Une fois par jour, au moins, j’interviens chez quelqu’un qui a acheté du matériel inadapté, voire obsolète.”

L’ajout d’un amplificateur pour améliorer la réception

Le câble qui relie l’antenne au décodeur TNT joue également un rôle important. Il doit être en bon état et compatible avec les fréquences de la TNT. S’il est vétuste, écrasé, dénudé, oxydé par endroits, il faut le remplacer par un câble coaxial 75 ohms à triple facteur de recouvrement. Privilégiez les références affichant les pertes de transport les plus faibles.
Pour compenser ces pertes, un amplificateur de signal peut s’avérer utile, à condition de ne pas l’installer avant le décodeur – où il amplifierait un signal dégradé – mais après l’antenne. Plus efficace encore, “optez pour une antenne râteau amplifiant au mieux le signal reçu, un angle de réception réduit au minimum, car il y a alors moins de risques de capter des signaux parasites latéraux, et/ou un rapport avant/arrière élevé : moins on capte de signaux parasites par l’arrière, moins le signal reçu par l’avant est brouillé”, recommande un antenniste de la région Centre. Un rapport signal/bruit image de 46 dB est un minimum. Au-dessous, pour une baisse de 1 dB des signaux captés – en cas de pluie, de neige ou simplement de masses nuageuses, par exemple –, on constate un décrochage brutal de l’image et du son.

En immeuble, l’adaptation de l’installation de réception s’impose

Près d’une installation collective sur deux exigerait la réorientation ou le changement de l’antenne râteau pour recevoir les signaux de la TNT. Par ailleurs, les filtres situés entre l’antenne râteau et l’amplificateur-répartiteur de signal ne gérant que les fréquences des six chaînes nationales analogiques – les autres sont bloquées –, il faudra les adapter afin qu’ils soient capables de recevoir les fréquences des chaînes numériques.
M. Gratzer préconise, quant à lui, de remplacer l’amplificateur-répartiteur et les filtres de signal existants par une centrale d’amplification intégrant un filtre égaliseur électronique. Un choix rentable si, comme en Basse-Normandie, les chaînes procèdent à des ajustements techniques fréquents : “Cela se traduit par des changements de fréquences d’émission, et donc des changements de filtres répétés, car les filtres simples sont programmés une fois pour toutes en usine. Les filtres des centrales d’amplification ont l’avantage d’être réglables. Et une intervention pour régler un filtre est facturée moins cher qu’un changement de filtre.” Pour savoir si ces adaptations ont déjà été réalisées dans votre immeuble, ou vont l’être avant la date butoir, interrogez votre bailleur ou votre syndic.

Certaines zones seront perturbées par des interférences en tout genre

Le signal numérique est réputé moins sensible aux perturbations que l’analogique. Pourtant, combien de téléspectateurs, dans les régions passées au tout numérique notamment, se plaignent de problèmes de réception qu’aucun antenniste ne peut aujourd’hui résoudre ! Selon une étude réalisée, en février 2010, par le cabinet de conseil CTIC, environ 540 000 foyers devront se contenter d’une réception “telle que la TNT aura du mal à les satisfaire”. Pour certains de ces foyers, situés en limite de zone de réception, dans une région encaissée, etc., une grosse masse nuageuse, le passage dans la rue d’un camion ou d’un cyclomoteur au moteur débridé suffisent à provoquer un décrochage intempestif de l’image et du son. D’autre part, lorsque deux émetteurs de télédiffusion – ou un de télédiffusion et un de téléphonie mobile – sont un peu trop proches l’un de l’autre, un couplage des champs de fréquences se produit. Ce problème est typique des zones frontalières. À Dunkerque, par exemple, un antenniste de Previews Service explique devoir jongler avec les signaux hertziens belges, britanniques et maritimes.

Les exclus de la TNT pourront opter pour le satellite

L’étude du cabinet CTIC estime, par ailleurs, que 270 000 foyers ne recevront pas du tout la TNT, faute d’émetteur régional. Comme pour les zones où le spectre hertzien est très chargé, voire saturé, la télévision numérique par satellite est la seule solution préconisée par les professionnels. Le service est gratuit – pas besoin d’abonnement –, mais il faut quand même acheter un décodeur Fransat ou TNT-Sat et une antenne parabolique. Le gouvernement, par le biais de France Télé numérique, alloue une aide spécifique (voir ci-contre).

Sylvie Francisco


Mots-clés :

ANTENNE DE TELEVISION , ARTISAN , TELEVISION , TNT




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