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Guide d'achat : Les poêles à bois - Allier tradition et technologie

Février 2011
Le Particulier Pratique n° 365, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

- La tradition revisitée avec la double combustion entre 1 000 et 6 000 € - Le confort et l’efficacité d’un poêle à granulés de 2 000 à 7 000 € - Le doux rayonnement d’un poêle à accumulation de 5 000 à 15 000 €

Jusqu’aux années 1980, les poêles étaient très polluants et peu efficaces (rendements inférieurs à 60 %). Ils ont fait de gros progrès depuis. La plupart sont munis d’un système de double combustion, qui rebrûle les gaz issus de la première combustion. Ainsi, les rendements sont considérablement augmentés (les valeurs atteignent 75 % et plus) et les rejets d’émissions polluantes diminués. La double combustion n’est possible que grâce à plusieurs entrées d’air dont les flux, extrêmement maîtrisés et canalisés, sont dirigés précisément sur la flamme. Elle exige une étanchéité sans faille des appareils. Godin a sorti une gamme de poêles étanches (Galatea, Cimotoe et Narita) destinés aux maisons sous label “bâtiment basse consommation” (BBC) et compatibles avec la ventilation mécanique contrôlée (VMC) double flux. Il faut alors prévoir une arrivée d’air directe extérieure pour raccorder le poêle.
Qu’il s’agisse de modèles double combustion à bûches, d’appareils à granulés ou de poêles de masse, leur technicité nécessite beaucoup de main-d’œuvre, car les pièces sont soudées à la main. Le coût des matériels s’en ressent. Mais l’investissement en vaut la peine, car le bois reste l’énergie la moins chère (voir LPP n° 352), et un crédit d’impôt peut alléger votre mise.

La tradition revisitée avec la double combustion

La société Dovre fabrique des poêles selon la tradition norvégienne. Les normes en vigueur dans les pays nordiques étant plus sévères qu’en France, cet industriel en est déjà à la double combustion de quatrième génération : sur ses gammes Astroline 3 et 4, le rendement est de 76,40 % et les émissions de monoxyde de carbone (CO) de 0,08 %. Ces modèles sont dotés de trois arrivées d’air. L’air primaire, qui s’introduit en bas de l’appareil, est réchauffé au contact de la fonte avant de se diriger vers les braises. Un apport d’air secondaire, assuré par une chicane placée en haut de la porte, produit un rideau d’air chaud qui oxygène la combustion tout en évitant un dépôt de carbone sur la vitre. Enfin, une arrivée d’air tertiaire enflamme les gaz de fumées qui ne sont pas encore complètement consumés. Les émissions de particules et de soufre sont ainsi réduites au minimum. Ce type de poêles consomme dix fois moins de bois que les anciennes versions, car le bois se consume, il ne brûle plus.
De même, les poêles du norvégien Jotul disposent d’une arrivée d’air tertiaire préchauffé, canalisé en partie haute de la chambre de combustion par une rangée de conduits. Au contact de ces “brûleurs”, les gaz et les particules contenus dans les fumées s’enflamment et sont détruits à 90 %. Selon un procédé similaire, les poêles en acier du danois Scan sont dotés d’un système de combustion propre tout aussi performant, y compris lorsqu’ils tournent à faible régime.
Supra, quant à lui, utilise la technologie SC2 : un déflecteur, placé dans la partie haute du poêle, oriente les fumées vers un endroit stratégique où les gaz sont renflammés. Hase a rallongé la trajectoire des gaz de fumées par des plaques spéciales afin qu’ils soient maintenus dans la zone chaude plus longtemps. Enfin, Xeoos (distribué par Best Fires) a développé le concept original Twinfire : les bûches sont brûlées dans le foyer du haut. Les gaz émis sont ensuite envoyés dans le foyer du bas, après un virage à 180°. Ils y subissent une postcombustion à 1 000-1 200 °C. Le rendement atteint les 90 %.

La convection, une tradition canadienne

Les poêles canadiens réchauffent l’air selon le principe de la convection, et non par rayonnement (dans ce dernier cas, le mur derrière votre canapé ne sera pas chauffé). Avec la convection, l’air chaud monte, puis descend en se refroidissant, ce qui crée un mouvement d’air et permet de chauffer de grandes surfaces, à condition de laisser les portes ouvertes. Le corps de chauffe de l’appareil est entouré de tubes creux par le bas desquels l’air froid entre. Une fois réchauffé, il sort par le haut. Ces poêles sont fabriqués en acier réfractaire haute température. Leur look peut ne pas plaire à tout le monde – ils ont un petit air de tambour de machine à laver –, mais ils affichent de bons rendements (73 %) et des rejets de CO de l’ordre de 0,30 %. Leur système de double combustion interne – l’air primaire entre par la face avant ; l’air secondaire, par la face arrière – réduit la production de cendres au minimum : un poêle fonctionnant 24 h/24 doit être nettoyé toutes les 3 semaines.
L’usine canadienne ayant fermé, ces poêles sont maintenant fabriqués en République tchèque. Deux distributeurs se partagent le marché français : Bullerjan et Bruno. Les appareils sont disponibles en différentes puissances. Le modèle 21 (21 kW) de Bruno peut accueillir des bûches de 1 m de long. Comptez de 1 700 € pour une petite puissance à plus de 6 000 € pour les plus gros, ceux de 45 kW de Bullerjan, réservés aux très grands espaces, de type loft.

Un turbo, de l’inertie, une cheminée…

Développée par l’entreprise France Turbo, la technique du poêle turbo est très proche de la double combustion classique. À une exception près : l’air entre par le haut du poêle, ce qui provoque un rayonnement à la base de l’appareil. Le système d’injection d’air par un turbo apporte une extrême rapidité de montée en température par son action sur les braises.
Le concept exclusif Calorific Accumulative System (CAS) de Brisach, en option sur les modèles Olga et Joburg, donne la possibilité de lisser les pics de température en introduisant un peu d’inertie. Une pierre située dans la partie supérieure du poêle accumule la chaleur et la restitue après l’arrêt du feu. La répartition de la chaleur est gérée par un système de réglage. Le modèle 58 de Scan, rehaussé d’un système d’accumulation, offre le choix entre chauffage par convection et par rayonnement.
Les utilisateurs qui souhaitent avoir l’esthétique d’une cheminée sans en supporter les inconvénients peuvent aussi se tourner vers un poêle-cheminée. Les modèles Atrabox FS 600 d’Atra, Kubic et Panoramic XL de Brisach, Onyx d’Invicta ont une large face vitrée qui laisse voir le feu. Les grands formats, comme Le Mélèze de Godin ou le Loubens de Cheminées Philippe, acceptent des bûches de 1 m de long.

Faible puissance mais fort régime

Les études montrent que la majorité des poêles installés dans les logements sont surdimensionnés et qu’ils tournent en sous-régime la plupart du temps. Les industriels commencent donc à sortir des appareils de faible puissance : le Texcia Result et l’Axior Result de la gamme HP3E (haute performance énergétique, économique et environnementale) de Richard Le Droff, les modèles F 162 et F 163 de Jotul, calibrés à 5 kW, le Lytham de Supra, de 7 kW. Le 30 Compact de Stûv a une petite chambre de combustion pour une plage d’utilisation optimale, comprise entre 3 et 9 kW.
Pour aller plus loin dans la démarche écologique, deux marques du groupe Bosch, Buderus et Geminox, proposent un poêle bouilleur : respectivement le Blueline 4W et le Gemflam Arden. D’une puissance de 8 kW, ces appareils peuvent s’installer sur un circuit de radiateurs et/ou de planchers chauffants. Ils ne chaufferont que modérément en direct, car une partie de la puissance est utilisée pour produire l’eau chaude domestique, mais ils constituent un bon appoint.

Des rendements encore améliorés

Certains poêles sont pourvus d’un ventilateur électrique qui force le brassage de l’air et évite une stratification de la température dans les pièces hautes sous plafond. Ainsi, grâce à l’accélérateur Turbo 2, le Yucatan de Supra consomme 30 % de bois en moins. La gamme 16 de Stûv peut être équipée d’un ventilateur, qui améliore le rendement des appareils de 6 à 7 %.
Les poêles i-2020 et i-2060 de Chazelles sont pourvus de capteurs qui régulent automatiquement l’alimentation en air, et donc la combustion, ce qui a l’avantage de réduire les taux de CO et de poussières de 50 %. La nouvelle génération de poêles Brisach, dotée de la technologie Brisach Air Box, permet de piloter les arrivées d’air primaire et secondaire pour faciliter l’allumage et gérer la puissance et la durée du feu. Cette box fonctionne comme un robinet mitigeur : elle fait varier la puissance, mais conserve le même ratio d’air entre les arrivées d’air haute et basse. La télécommande, e-BAB, en option, a une fonction de régulation : l’utilisateur entre une température de consigne, la box gère ensuite l’appareil pour l’obtenir. Ces poêles atteignent un rendement de 82 %.

Le confort et l’efficacité d’un poêle à granulés

Les poêles à granulés (ou pellets) sont des appareils autonomes : une fois le réservoir rempli, le brûleur est alimenté par une vis sans fin. Leur autonomie dépend seulement de la taille du réservoir. Leurs rendements (plus de 90 %) sont bien supérieurs à ceux des poêles à bûches  pour la simple raison que le combustible est beaucoup mieux maîtrisé. La taille, le diamètre et le taux d’humidité des granulés, sans écorce, sont toujours identiques. De plus, la production de cendres étant réduite, l’entretien est peu contraignant. Le taux de CO est, lui aussi, très faible : 0,014 % seulement pour certains appareils.

Une combustion bien maîtrisée

Cette maîtrise permet d’affiner les réglages de chauffe et d’intégrer de l’électronique dans les poêles. Ces appareils disposent d’une véritable programmation de la température journalière et hebdomadaire. Les plus simples sont pilotés par trois boutons ; les plus sophistiqués, par une télécommande. Comme ils sont alimentés en électricité pour pouvoir fonctionner, il faut éviter de les installer dans des zones rurales soumises à des coupures de courant répétitives. Ces poêles sont, en principe, pourvus de deux ventilateurs : l’un, silencieux, évacue les fumées ; l’autre, plus bruyant, extrait la chaleur de l’appareil. Ce second ventilateur est en option sur les modèles de Brisach, car ils sont conçus pour que la convection s’effectue naturellement, ainsi que sur le PF 800 de Jotul, à ventilation naturelle sans convection.

Arrêt et reprise automatique

La puissance minimale des poêles à granulés oscille généralement entre 2,20 et 2,40 kW suivant les modèles. En deçà, l’appareil s’arrête. Le Nimos et le Tilos de Supra, l’Ikaria et le Liparia de Richard Le Droff, de petite puissance (modulable entre 0 et 5 kW) et destinés aux maisons bien isolées, ont la particularité de redémarrer automatiquement, un peu comme une chaudière. Ils ont jusqu’à 3 jours d’autonomie. Le nouveau foyer Xiliane de Richard Le Droff présente les mêmes caractéristiques techniques, mais est revêtu d’un habillage qui dissimule la réserve de granulés. Étant encastrable, il ne mesure plus que 45 cm d’épaisseur une fois posé. Le PF 600 de Jotul, de petite puissance également, est optimisé, lui, sur la plage des 2,60 kW, avec, à ce régime, un record de rendement : 96,50 % ! Pour chauffer les plus grands espaces, il faut se tourner vers des modèles plus puissants : Valeria de Zibro ou CM 10 000 Power de Wanders (tous deux de 10 kW). Spécialement adapté aux grands volumes, le PF 1 200 de Jotul (12 kW) est muni d’un ventilateur qui répartit la chaleur ; il ne s’avère donc pas particulièrement silencieux. Il peut être raccordé à une gaine pour distribuer l’air chaud dans une autre pièce.

Le doux rayonnement d’un poêle à accumulation

Un véritable poêle à accumulation se reconnaît à son poids (entre 800 et 900 kg). Le secret de ces appareils de masse réside dans leur système de chicanes où circulent les fumées chaudes. Ils sont un peu longs à monter en température, mais la chaleur s’installe pour la journée. Les températures de surface sont, au maximum, de 80-100 °C (au-delà, ils produisent de la convection). Leur rendement est supérieur à 80 %, et les émissions de CO sont réduites.

Les atouts de la pierre et de la faïence

Les appareils du fabricant finlandais Tulikivi sont des poêles-cheminées de masse entièrement en stéatite. Cette pierre d’origine volcanique présente une forte capacité d’accumulation et de chauffe par rayonnement infrarouge horizontal qui permet une diffusion régulière de la chaleur dans l’ensemble du volume et une stabilité du degré d’humidité de l’air. Il s’agit d’un phénomène physique naturel : la pierre libère plus ou moins de calories en fonction de la température ambiante. Elle se “videra” donc plus vite de sa chaleur dans un lieu à 15 °C que dans une pièce à 18 °C. Cette particularité évite les surchauffes. De 2 à 4 h de feu suffisent pour 12 à 36 h de chauffage sans feu. Ce type de poêle, extrêmement massif, se monte sur place. Il est maçonné en 1 à 3 jours.
Conçus par Tulikivi, les appareils de la gamme Green, dotés du système P10, permettent de brûler, au choix, des bûches ou des granulés de bois. La grille utilisée pour ce procédé autorise l’emploi de pellets de différents calibres et est extrêmement fiable puisque le poêle fonctionne sans électricité. Elle peut s’installer sur les anciens modèles de la marque (groupe 2).
Autre innovation de ce fabricant, le dispositif électronique de contrôle C10 donne des informations sur la quantité de chaleur emmagasinée et sa diffusion, signale le moment optimal pour cesser le chauffage ou ajouter du bois, gère les arrivées d’air et les ferme lorsque la combustion est terminée afin que la chaleur du poêle ne s’échappe pas dans le conduit de cheminée, alerte en cas de surchauffe. Comptez 1 840 € pour cette option.
Le fabricant alsacien Oliger, spécialisé dans les appareils de chauffage en faïence, a amélioré ces poêles traditionnels grâce à sa technologie du caloritube. Il s’agit d’un corps de chauffe présentant un rendement élevé par sa position horizontale – elle facilite les échanges thermiques avec la fonte – et par l’étanchéité absolue du foyer. La chaleur est absorbée par des faïences à accumulation de 6 cm d’épaisseur. Ce matériau réfractaire emmagasine 65 % de la chaleur du foyer, puis la restitue lentement. Les 35 % restants sont libérés en air chaud afin d’accélérer la montée en température lors de l’allumage du poêle. Ces modèles, préassemblés en usine, ne nécessitent pas de maçonnerie. Ils sont disponibles en trois puissances : 9, 12 et 17 kW. Le tube est garanti 30 ans par le fabricant.

Du béton réfractaire à base d’argile

Les poêles de masse Nordoven de Hiemstra sont fabriqués avec de la chamotte, une argile cuite à haute température, concassée et mélangée à du ciment pour former une espèce de béton réfractaire. Ils existent en trois hauteurs. Le plus grand, le Nordoven 100, pèse 1,60 t et restitue la chaleur durant 15 à 30 h, en fonction des caractéristiques de l’habitat. Le rapport d’essai du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) montre que 9 h après la flambée il reste encore 50 % de calories stockées. Ces poêles acceptent des bûches de 60 cm de long, permettent de brûler de 6 à 18 kg de bois par flambée et de disposer de 20 à 120 kWh par 24 h. Chaque appareil comprend entre 70 et 80 pièces, semblables à de gros Lego, et s’assemble en 6 à 8 h, sans maçonnerie. Tous les modèles sont proposés en différents coloris ou en version brute à personnaliser. Leur grande amplitude de puissance – de 1 à 10 kW de puissance restituée – permet d’utiliser ces poêles même en demi-saison, ce qui n’est pas évident avec des appareils classiques, qui se modulent moins finement.
Isabelle Coune


Mots-clés :

BOIS DE CHAUFFAGE , CHAUDIERE , CHAUFFAGE INDIVIDUEL




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