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Tous carencés en vitamine D ?

Janvier 2011
Le Particulier Pratique n° 364, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Il ne se passe pas un jour sans que l’on pare la vitamine D d’une nouvelle vertu. Elle diminuerait le risque d’attraper un rhume ou la grippe, de souffrir d’arthrose ou d’une maladie cardiovasculaire, voire de développer un cancer. De multiples études attestent de ses remarquables propriétés sanitaires. Qu’en est-il exactement ?

La population de l’hémisphère Nord en manque

La vitamine D est essentiellement fabriquée par l’organisme, qui est capable de la synthétiser grâce à la seule exposition de l’épiderme aux rayons ultraviolets du soleil. Les neuf dixièmes de la vitamine D présente dans le corps humain sont ainsi issus des UVB. Le reste provient de l’alimentation : les aliments d’origine animale, entre autres les poissons gras, procurent de la vitamine D3 ; ceux d’origine végétale (céréales, champignons, etc.) fournissent de la vitamine D2.
En théorie, une exposition au soleil de 10 à 20 minutes par jour couplée à une alimentation équilibrée devrait permettre à l’organisme de fabriquer toute la vitamine D dont il a besoin : 30 nanogrammes (ng) par millilitre de sang, selon les scientifiques. Or, selon The American Journal of Clinical Nutrition, plus des trois quarts de la population de l’hémisphère Nord présentent un déficit de vitamine D en hiver. Un taux qui flirte avec les 100 % chez les personnes âgées placées en institution. Divers facteurs expliquent cette carence : la brièveté et la faible intensité de l’ensoleillement sous nos latitudes entre octobre et avril ; un mode de vie urbain, marqué par la pollution, la sédentarité et certaines habitudes vestimentaires (notamment les vêtements très couvrants), etc. Cette insuffisante est d’autant plus dommageable que la vitamine D possède de nombreuses propriétés.

Un facteur de solidité des os

Première de ses vertus, et certainement la plus connue : la vitamine D contribue à la minéralisation osseuse. Au cours des années 1920, les scientifiques établissent que le rachitisme – une maladie de la croissance se caractérisant par une déformation des os – peut être combattu par l’exposition aux ultraviolets et la consommation d’huile de foie de morue, deux grands pourvoyeurs de vitamine D. Les chercheurs venaient de découvrir le lien entre cette vitamine et sa contribution au développement osseux. Plus précisément, la vitamine D – également appelée calciférol, du latin calciferre : “qui porte le calcium” – est essentielle à l’assimilation du calcium par l’organisme et à sa fixation sur les os. Sans elle, vous pourriez avaler des quantités gargantuesques de yaourts et autres laitages, votre squelette n’en tirerait pas le moindre bénéfice. Il n’est donc pas surprenant que la carence en vitamine D soit l’une des causes de l’ostéoporose, diminution de la masse osseuse qui se traduit par un risque élevé de chutes et de fractures. Les praticiens recommandent de plus en plus d’effectuer un dosage vitaminique, qui sera suivi, si nécessaire, d’une supplémentation destinée à prévenir l’ostéoporose ou à en ralentir la progression. Une étude internationale, dont les conclusions ont été publiées en 2009, montre qu’avec un apport quotidien de vitamine D de 800 unités ­internationales (UI ; 40 UI = 1 microgramme), le risque de fracture après 65 ans diminue de 20 %.
La vitamine D agit aussi sur la force musculaire et l’équilibre. Les fibres musculaires renferment, en effet, des récepteurs de la vitamine D. Celle-ci augmente la taille des cellules et améliore la capacité de contraction des muscles. Selon une étude, un apport d’au moins 800 UI par jour associées à du calcium réduit de 60 % le risque de chute chez les sujets âgés. D’autres recherches évoquent une possible action de la vitamine D sur l’arthrose. Toutefois, leurs conclusions étant contradictoires, il est délicat d’établir un lien entre aggravation de l’arthrose et déficit vitaminique.

Un auxiliaire du système immunitaire

Une découverte danoise a établi le rôle de la vitamine D dans la réponse immunitaire à une infection virale ou bactérienne. Plus important encore, elle serait également efficace pour prévenir l’apparition de maladies auto-immunes – c’est-à-dire qui dérèglent le système immunitaire, celui-ci s’attaquant alors à l’organisme au lieu de le défendre –, dont la sclérose en plaques. Les observations menées par des scientifiques auprès de sept millions de membres de l’armée américaine montrent qu’une concentration en vitamine D de 40 ng par millilitre de sang diminuerait considérablement le risque de sclérose en plaques, du moins chez les sujets à peau blanche.
Autre maladie auto-immune, le diabète de type 1 insulinodépendant est, lui aussi, moins fréquent lorsque le taux de vitamine D est élevé. Une équipe finlandaise a ainsi constaté que l’administration à des nourrissons de 2 000 UI de vitamine D par jour pendant leur première année de vie réduit de 80 % le risque qu’ils développent ultérieurement un diabète de type 1. Des conclusions comparables pourraient être faites à propos du diabète de type 2, mais des études cliniques sont encore nécessaires pour confirmer le lien de causalité.
Par ailleurs, même si les recherches doivent se poursuivre, la communauté scientifique s’accorde pour attribuer à la vitamine D des propriétés anticancérigènes. “Elle agit sur certains gènes contrôlant la prolifération des cellules et limite la multiplication des cellules cancéreuses, explique le Dr Charley Cohen, rhumatologue et auteur de La Vitamine D indispensable pour votre santé (aux éditions du Dauphin). Ainsi, une concentration élevée de vitamine D est associée à une réduction de la fréquence de nombreux cancers (colon, prostate, pancréas, poumon, etc.) et de la mortalité liée au cancer.” Ce que corrobore une étude française conduite par Françoise Clavel-Chapelon, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), auprès de 100 000 femmes, et qui met en évidence des résultats “en faveur d’une association entre taux de vitamine D élevés et diminution du risque de cancer du sein”.

Des effets bénéfiques pour les artères ?

Ce tour d’horizon ne serait pas complet si l’on n’évoquait pas le rôle joué par la vitamine D dans la prévention de l’hypertension et des maladies cardiovasculaires. Bien que les mécanismes ne soient pas identifiés avec certitude, il semble qu’elle ait une influence bénéfique sur la plasticité de la paroi artérielle et qu’elle inhibe la production d’une enzyme augmentant la pression artérielle. Deux études concluent ainsi qu’un taux de vitamine D inférieur à 15 ng par millilitre double le risque d’être atteint d’une maladie cardiovasculaire.
Enfin, soulignons les bienfaits de la vitamine D sur les troubles de l’humeur – elle serait, notamment, efficace contre la dépression saisonnière – et sur la douleur musculaire chronique, en particulier chez les personnes souffrant de fibromyalgie. Elle améliorerait également les performances intellectuelles. Des chercheurs ont même avancé qu’elle aurait des effets préventifs prometteurs contre les maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

Vincent Delfau


Mots-clés :

ALIMENTATION , NUTRITION




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