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À moyen terme : de 4 à 10 ans, recherchez le rendement plutôt que la plus-value

Janvier 2011
Le Particulier n° 1056, article complet.
Auteur : PELLEFIGUE (Marie)
  • Obligations ;
  • Immobilier locatif ;
  • Actions de rendement

Si votre horizon de placement est supérieur à 4 ans, la période est idéale pour insuffler un peu de risque dans votre portefeuille afin de tenter de doper sa performance. « À moyen terme, les investisseurs peuvent s’intéresser à des classes d’actifs un peu moins sûres, car ce sont les plus rémunératrices, notamment si nous entrons dans un nouveau cycle où la croissance sera tirée par les pays émergents », confirme Philippe Waechter. Pour autant, n’espérez pas réaliser de très fortes plus-values. Investissez dans une optique de rapport immédiat plutôt que de forte valorisation à terme. Pour un horizon de 4 à 10 ans, trois classes d’actifs semblent s’imposer : les obligations, l’immobilier et les actions.

De 3 à 8 % pour les obligations en direct ou via des fonds

« Les marchés obligataires ont connu de très belles performances ces 2 dernières années, grâce à la forte prime de risque (écart de rentabilité attendue entre l’ensemble du marché et un actif sans risque, la plupart du temps les obligations d’État, ndlr) qui existait sur les obligations privées. Aujourd’hui, les écarts de taux entre titres publics et privés sont revenus à des niveaux habituels », analyse David Ganozzi, directeur général de Fidelity gestion. En période d’incertitude, les particuliers ont tendance à privilégier les obligations d’État, souvent à travers des Sicav ou des fonds communs de placement. Mais cette stratégie n’est pas vraiment payante – elle peut même être risquée –, car « depuis 2007, les taux d’intérêt à long terme ne cessent de baisser, les emprunts d’État français à 10 ans rapportant autour de 2,50 %. Il est inéluctable que ces taux remontent d’ici à 3 ans », précise Philippe Maupas. Or, si les taux remontent, les investisseurs se détourneront des obligations anciennes au profit des nouvelles émissions, plus rentables. Il en résultera une baisse du prix de ces vieilles obligations, et donc une perte en capital. Pour de meilleures performances, il faut « plutôt miser sur des obligations privées, qui rapportent davantage », confie David Ganozzi. En moyenne, leur rentabilité tourne autour de 3 ou 4 %, un peu mieux que les titres publics, mais avec un risque plus élevé. Pour espérer davantage, il faudra opter pour des fonds d’obligations à haut rendement (high yields), qui offrent des rémunérations de 6 à 8 %. Attention, avec ces placements, le risque de défaut des entreprises émettrices, et donc de perte en capital, est important. « Nous sommes relativement confiants sur ces titres, car le gros de la crise est passé et le risque de faillite est assez bas pour les entreprises », constate Jean-Marie Mercadal. Dans la mesure où il est très difficile, pour un particulier néophyte, d’accéder en direct au marché des obligations d’entreprise, vous devrez privilégier ces placements à travers des fonds ou des Sicav. Prenez, toutefois, le temps d’examiner le niveau de risque du produit qui vous est proposé. Il est indiqué dans la notice d’information.

De 2 à 5 % pour l’immobilier locatif

Si vous souhaitez investir avec un horizon d’au moins 8 ans, optez pour un investissement dans la pierre. Aujourd’hui, vous pouvez financer un achat immobilier en empruntant à 3,20 % sur 15 ans. En outre, si vous achetez dans le neuf, via le dispositif Scellier, vous profiterez d’un avantage attrayant, malgré le rabotage des niches fiscales. Si vous faites l’acquisition d’un logement neuf labellisé « bâtiment basse consommation » (BBC), vous aurez droit à une réduction d’impôt égale à 22 % de votre investissement, plafonné à 300 000 €, et répartie sur 9 ans. De quoi stimuler la rentabilité de l’opération. Selon les villes et le type d’achat que vous réalisez, la rentabilité moyenne d’un investissement locatif oscille actuellement entre 2 et 5 %. « Mais il est possible de trouver des pépites autour de 8 %, à condition d’investir dans l’ancien sur des marchés très précis en province », précise Jean Perrin, président de l’Union nationale de la propriété immobilière. Par exemple, dans le centre historique de Dijon, le quartier de la cathédrale à Clermont-Ferrand ou celui de Villejean à Rennes.
Malgré tous ces avantages, la pierre souffre de prix élevés : « Ceux des petites surfaces sont parfois injustifiés, car elles intéressent à la fois les investisseurs et les primo-accédants, qui font quelquefois de la surenchère », confie un agent immobilier. Ne perdez pas non plus de vue que ce type de placement demande de la trésorerie pour financer les travaux. « Beaucoup de bailleurs sous-estiment le montant des travaux, un patrimoine immobilier doit s’entretenir régulièrement pour être loué facilement et limiter les carences locatives, qui réduisent la rentabilité », constate Christine Vassal-Largy, directrice du pôle immobilier de Thésaurus. Enfin, examinez attentivement le marché locatif où vous comptez investir et privilégiez les villes les plus dynamiques (les grandes métropoles régionales, notamment). Ce sont elles qui vous assureront la meilleure rentabilité à long terme.

Entre 6 et 12 % pour les actions de rendement

« Aujourd’hui, plus personne ne veut d’actions, ce qui est plutôt un bon indicateur d’achat », ironise Philippe Maupas. Les épargnants, découragés par les deux krachs boursiers de la dernière décennie et les montagnes russes qu’ont connues les marchés financiers cette année, ne veulent plus investir en Bourse. Certainement à tort, car les niveaux de valorisation de la plupart des marchés restent très bas. « Sur le moyen terme, il est indispensable de détenir un pourcentage modéré d’actions, conseille David Ganozzi. La période est propice pour investir, car les actions sont plutôt bon marché par rapport à leurs historiques de valorisation. » Les épargnants un peu moins actifs privilégieront des investissements boursiers via des organismes de placements collectifs en valeurs mobilières (OPCVM), car les marchés d’actions risquent de passer, en 2011 comme en 2010, par des pics boursiers suivis de chutes importantes. Pour tirer profit des yoyos des marchés, mieux vaut donc gérer activement son portefeuille, ou le confier à des professionnels.
Donner la priorité aux Sicav ou aux fonds investissant dans les grandes entreprises est moins aventureux que de miser sur les petites capitalisations, car ils présentent moins de risque et le rendement espéré est important. « Les dividendes sont très élevés, aussi bien en valeur absolue qu’en valeur relative ; le rendement moyen d’une action, qui tourne autour de 3,50 à 4 %, est largement supérieur à celui d’un placement obligataire de même nature », confie Jean-Marie Mercadal. Toujours pour minorer le risque, mieux vaut choisir des titres ou des fonds issus de la zone euro, afin d’éviter les aléas du change. Autre avantage de cette zone, « ces actions sont particulièrement bon marché par rapport aux actions internationales, malgré une faiblesse structurelle de la zone euro en raison de l’explosion de la dette publique », explique Sonia Fendler, directrice du développement à Generali patrimoine. Pourtant, les entreprises ne se sont jamais aussi bien portées, comme le prouve la forte croissance de leurs bénéfices en 2010. C’est surtout vrai pour les grosses sociétés européennes, qui réalisent une grande partie de leur chiffre d’affaires à l’international, et profitent donc de la croissance économique des pays émergents.
Si vous êtes plus audacieux, vous pourrez diversifier vos placements sur des fonds d’actions internationales, car ils afficheront sans doute une perspective de rendement plus importante au-delà de 6 ans d’investissement. « L’évolution du différentiel de croissance économique entre la  zone euro et la zone États-Unis plaide en faveur d’un rééquilibrage vers le marché américain », analyse Patrick de Fraguier, responsable de la stratégie à Amundi. En outre, certains fonds internationaux détiennent une faible proportion d’actions d’entreprises des pays émergents dans leur portefeuille, ce qui dopera d’autant le rendement attendu.


Mots-clés :

ACTION , ASSURANCE VIE , BOIS , FCP , FORET , INVESTISSEMENT LOCATIF , LIVRET D'EPARGNE




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