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Les lentilles : plus confortables et moins coûteuses

Janvier 2011
Le Particulier n° 1056, article complet.
Auteur : FERRON (Aurélien)

Les lentilles ? C’est trop cher. Je n’ai pas réussi à m’y faire. Ce n’est pas adapté à mon défaut… » Tels sont les arguments fréquents des porteurs de lunettes, encore très réticents en France à passer aux lentilles de contact. En effet, seulement 3 millions de Français utilisent des lentilles alors qu’ils sont 36 millions à porter des lunettes. Un chiffre à comparer à ceux d’autres pays. Selon le Syffoc, syndicat regroupant les fabricants de lentilles, à peine 5 % des Français ont recours aux lentilles, contre 9 % des Européens, 12 % des Américains, et 15 % des Japonais.

Tous les défauts peuvent être corrigés

Parmi les causes de ce relatif désintérêt, sans doute un déficit d’information. Contrairement aux idées reçues, la quasi-totalité des anomalies de la vision peuvent aujourd’hui être corrigées avec des lentilles de contact souples, de la simple myopie jusqu’à, plus récemment, la presbytie, même associée à d’autres défauts comme l’astigmatisme. Des progrès ont également été accomplis pour améliorer le confort et faciliter la vie des utilisateurs. Après les lentilles journalières, apparues dans les années 90 et qui ne nécessitent aucun entretien, les lentilles en silicone-hydrogel ont fait une percée sur le marché depuis le début des années 2000. Ce nouveau matériau, présent dans 40 % des lentilles mensuelles prescrites en France (il commence juste à être utilisé pour les journalières), offre l’intérêt de laisser passer 5 à 7 fois plus d’oxygène que les lentilles souples classiques, sans silicone. Certaines peuvent ainsi être portées de nuit en limitant les risques d’œdème de la cornée. Comportant peu d’eau, elles ont moins besoin d’être hydratées par les larmes, ce qui limite les sensations de sécheresse oculaire en fin de journée et permet aux personnes présentant un déficit de sécrétion de larmes de les utiliser. Notez que la sécheresse oculaire liée au travail sur écran ou à l’air climatisé n’est pas une contre-indication au port de lentilles. Seule la sécheresse résultant de causes médicales (syndrome de Gougerot-Sjögren, lupus, prise de médicaments comme certains bétabloquants) est contre-indiquée. « Toutes ces évolutions permettent aujourd’hui de proposer des solutions à bon nombre de personnes qui s’étaient vu refuser le port de lentilles il y a 10 ou 15 ans », explique Alain Clouzet, président du Syffoc. Quant aux lentilles rigides, considérées comme les plus difficiles à adapter (une gêne est souvent ressentie pendant plusieurs semaines lors des clignements de paupières) et les moins confortables, elles ne représentent plus que 5 % des ventes des fabricants et ne sont plus prescrites que dans des cas particuliers, notamment pour corriger la myopie des enfants.

Les lentilles doivent être correctement adaptées

Autre frein au développement des lentilles, la mainmise des ophtalmologistes sur l’adaptation. Depuis 1981 et une jurisprudence constante de la Cour de cassation (cass. crim. du 17.2.81, n° 80-92511) l’adaptation est considérée comme un acte médical, réservé aux médecins. Or, il s’agit d’une activité chronophage. À une première consultation, destinée à déceler d’éventuelles contre-indications et informer le patient, suit, en principe, une période d’adaptation. Celle-ci comporte au moins deux autres consultations : une première pour poser les lentilles et vérifier l’état de l’œil plusieurs heures après, une seconde quelques semaines plus tard pour effectuer de nouveaux contrôles et établir la prescription. Cette dernière mentionne alors la marque et le nom de la lentille, ainsi que le produit d’entretien. L’adaptation est facturée soit sous forme de consultations (ces dernières sont totalement ou partiellement prises en charge par la Sécurité sociale et la complémentaire santé, en fonction des éventuels dépassements d’honoraires du praticien), soit sous forme de forfait (généralement compris entre 100 et 150 €) qui n’est pas remboursé.
Or, les ophtalmologistes ne sont pas assez nombreux. Il n’est pas rare de devoir patienter plusieurs semaines, voire plus de 6 mois, avant de décrocher un rendez-vous. Nombre d’entre eux, faute de temps et parfois de compétence (beaucoup n’ont pas suivi de formation spécifique), ne pratiquent donc pas l’adaptation de lentilles, orientent les patients vers des confrères, voire les dissuadent d’en porter. Pour obtenir les coordonnées d’un spécialiste de l’adaptation, outre le bouche à oreille, vous pouvez prendre contact avec la Société française des ophtalmologistes adaptateurs de lentilles de contact (SFOALC), une structure fédérant un millier de praticiens dont l’annuaire est disponible sur internet (www.lentillesdecontact.info). Les ophtalmologistes comptent également sur les orthoptistes, spécialisés dans la gymnastique des yeux, pour alléger leur charge de travail. Depuis 2007, ces auxiliaires médicaux peuvent procéder à l’adaptation des lentilles s’ils travaillent dans le même cabinet qu’un médecin ophtalmologiste. Cet acte leur est autorisé « sous la responsabilité d’un médecin ophtalmologiste en mesure d’en contrôler l’exécution et d’intervenir immédiatement » (art. R 4342-8 du code de la santé publique). Cette contrainte pourrait toutefois bientôt disparaître.
Par ailleurs, et même si les syndicats représentant les ophtalmologistes s’en émeuvent, nombre de praticiens se contentent d’effectuer les examens préalables sans préciser de marque ni de nom de lentille dans la prescription, laissant ce soin à un opticien. Cette pratique concernerait de 20 à 30 % des prescriptions, selon les professionnels que nous avons interrogés. « Il s’agit d’un usage courant, l’ophtalmologiste et l’opticien agissant en parfaite harmonie », confirme Henry-Pierre Saulnier, président de l’Union des opticiens, l’un des syndicats représentatifs de la profession. Selon lui, environ 30 % des 11 000 magasins d’optique ont d’ailleurs, parmi leurs salariés, au moins un opticien compétent en adaptation (du fait de son expérience professionnelle ou parce qu’il a obtenu un diplôme universitaire de contactologie). Les opticiens souhaitent ainsi faire reconnaître leur compétence en contactologie pour être enfin autorisés à procéder à l’adaptation. Il n’empêche, les lentilles de contact sont rarement mises en avant chez les opticiens (elles représentent moins de 9 % des ventes des magasins, selon l’institut d’études GFK France).

Une dépense d’au moins 136 € par an pour un myope

Dernier handicap des lentilles : leur coût, souvent considéré comme élevé mais qu’il est possible de diminuer. Nous vous dévoilons, dans ces pages, le prix des principales lentilles vendues en France selon le défaut visuel à corriger, grâce à des données inédites transmises par Santéclair (voir p. 75). Vous y trouverez les prix moyens des boîtes de 30 lentilles journalières ou de 6 lentilles mensuelles ou bimensuelles, et le prix de revient annuel pour une personne qui les porte quotidiennement sur
ses deux yeux. S’il opte pour des lentilles mensuelles, un myope ou un hypermétrope va dépenser de 140 à 200 € par an, un astigmate de 180 € à 300 € par an et un presbyte jusqu’à 500 € par an. À ce budget s’ajoute celui des lunettes qu’il faut, bien entendu, conserver.
Notez que la Sécurité sociale ne rembourse pas les lentilles de contact. Elle n’intervient que pour certains défauts très particuliers comme les cas d’astigmatisme irrégulier, de kératocône (une maladie dégénérative de l’œil), ou de myopie inférieure ou égale à - 8 dioptries, le remboursement étant alors limité à 25,70 € par œil et par an (65 % d’une base de remboursement fixée à 39,48 €). Dans leur majorité, les déficients visuels ne peuvent donc compter que sur leur complémentaire santé, dont les prises en charge restent, là aussi, souvent limitées. Il n’est pas rare que les formules d’entrée de gamme des contrats ne remboursent rien ou seulement quelques dizaines d’euros par an. Quant aux versions haut de gamme, elles versent rarement plus de 250 € par an. Un forfait optique d’un montant supérieur peut être proposé, mais il ­comprend alors à la fois les dépenses de lunettes et celles de lentilles sur l’année. Les porteurs de lentilles ont donc un reste à charge d’autant plus important s’ils sont astigmates ou presbytes, ou s’ils privilégient les lentilles journalières, les plus coûteuses à l’usage (voir nos tableaux p. 76, 78 et ci-dessous).

Quelques réseaux d’assureurs tirent les prix vers le bas

Il existe, néanmoins, plusieurs solutions pour faire diminuer le montant la facture. La première consiste à s’adresser aux assureurs ou aux mutuelles ayant mis en place des réseaux de professionnels de santé (voir le n° 1055 du Particulier, p. 24). Comme ils le font auprès de chirurgiens-dentistes ou d’audioprothésistes (voir le n° 1050 du Particulier, p. 66), les organismes complémentaires nouent des partenariats avec des opticiens, via des structures spécialisées. Les professionnels y ayant adhéré s’engagent à pratiquer le tiers payant et à proposer aux assurés des tarifs attractifs. Pour l’instant, peu de réseaux ont négocié des prix avantageux pour les lentilles de contact. C’est toutefois le cas de Santéclair qui fait bénéficier ses adhérents d’une réduction moyenne du prix des lentilles de 16 %, et de Kalivia (un réseau de 2 500 partenaires accessible aux affiliés des complémentaires Harmonies mutuelles et Malakoff-Médéric) qui, en octobre 2010, permettait de ramener le panier moyen de ses assurés de 201 € à 132 €, en moyenne, s’ils fréquentaient son réseau.

Jusqu’à 50 % d’économie grâce aux marques de distributeurs

Une autre piste pour faire des économies consiste à acheter les lentilles des grands réseaux de distribution. La plupart des opticiens ont, en effet, créé leurs propres gammes de produits : Biovue (Les Opticiens mutualistes), Dia (Optic 2000), Easylens (Optical Center), Eyexpert (Grand Optical), Irisia (Générale d’Optique), K (Krys), ou encore L’Ephémère (Alain Afflelou). « Il ne s’agit pas de sous-produits, mais de lentilles de marque, sortant des mêmes chaînes de fabrication. Seul l’emballage est au nom du distributeur », rassure Jean-Marc Régent, responsable des produits ophtalmiques chez Krys. Nous vous dévoilons dans le tableau ci-dessous quels modèles de lentilles se cachent derrière les marques des quatre principales enseignes d’optique françaises. Un patient à qui son ophtalmologiste a prescrit la Focus Dailies All Day Comfort, fabriquée par Ciba Vision et vendue par boîte de 30 au prix moyen de 25 €, peut la trouver sous le nom de L’Éphémère Confort chez Alain Afflelou, Biovue Confort chez Les Opticiens mutualistes, ou encore Dia 1 jour Comfort chez Optic 2000. Sous marque de distributeurs la même boîte revient à 15 €, soit 40 % moins cher.
Attention, les gammes des distributeurs changent régulièrement et, sur les emballages, il est rarement précisé à quel modèle de fabricant correspond la lentille. Avant d’acheter, mieux vaut vérifier avec l’opticien s’il s’agit bien de celle qui a été prescrite. Par ailleurs, certains fabricants (Johnson & Johnson notamment) ne vendent pas leurs lentilles sous les marques de distributeurs. De même, nous n’avons identifié aucune lentille multifocale (pour presbytes) vendue sous la marque d’une grande enseigne et une seule lentille torique (pour astigmates) : il s’agit de Dia SiHy Toric, chez Optic 2000, correspondant à Biofinity Toric de Coopervision. Enfin, notez que les dernières nouveautés des fabricants ne sont jamais vendues sous marque de distributeur. Parmi les lentilles du tableau p. 80, une seule (Biofinity de Coopervision) est en silicone-hydrogel, le matériau le plus récent du marché (voir p. 76).

Les sites internet cassent les prix

Il existe une dernière solution pour acheter tous types de lentilles, quel que soit le fabricant, à un prix compétitif : l’achat en ligne. Faute de réglementation et de jurisprudences claires, la vente sur internet s’est développée ces dernières années par l’intermédiaire de sites implantés à l’étranger, surtout en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg. Mais la donne est en train de changer : sous la pression de Bruxelles – la Commission a initié fin 2008 une procédure contre la France pour « entrave à la vente en ligne de produits d’optique-lunetterie » (avis IP/08/1354 du 18.9.08) –, le gouvernement a admis que la vente à distance n’était pas interdite. Les acheteurs français ont donc désormais le choix entre de nombreux sites. Certains sont implantés à l’étranger (notamment lentilles-moins-cheres.com, créé par des Français en Allemagne, et misterspex.fr, leader outre-Rhin de la vente en ligne de lunettes et de lentilles), d’autres en France (candelens.fr, appartenant à un opticien, et optical-center.eu site de vente en ligne – initialement implanté au Luxembourg – de la chaîne de magasins Optical Center). Enfin, Krys devrait également se lancer dans la vente en ligne début 2011.
L’achat sur internet est la formule la plus économique. Les lentilles y sont 10 à 65 % moins chères que chez les opticiens (voir dans le tableau ci-dessus, les modèles pour lesquels nous avons constaté les remises les plus importantes). Des tarifs attractifs que Yann Nouchy, directeur général de candelens.fr, explique par « la négociation de prix de gros directement auprès des fabricants et à des marges deux fois inférieures à celles pratiquées par les magasins d’optique ».
L’achat en ligne implique, toutefois, de prendre des précautions pour ne pas se tromper de modèle. Même si aucun des sites que nous avons visités n’exige de recevoir la prescription de ses clients (ils lui demandent juste de certifier, en cochant une case, qu’il en a bien une), il est conseillé de ne les utiliser que pour un renouvellement de lentilles et non pour tester soi-même un produit non prescrit. De même, il faut être vigilant lorsque l’on renseigne en ligne les caractéristiques de sa lentille. Simple pour les myopes et hypermétropes (il suffit de connaître son diamètre et sa puissance pour chaque œil), la démarche se complique pour les astigmates et presbytes pour lesquels s’ajoutent des données comme le cylindre, l’axe ou l’addition, selon son défaut visuel. Autant d’erreurs possibles !
En revanche, l’achat en ligne ne pose pas de problème aux complémentaires santé, la majorité d’entre elles remboursant les lentilles commandées sur internet comme si elles l’avaient été chez un opticien. À notre connaissance, seule la MGEN refuse de les prendre en charge depuis janvier 2009. « Nous recommencerons
à rembourser les lentilles achetées sur internet
à partir de janvier 2011, mais uniquement pour les sites répondant, selon nous, à tous les critères de santé publique », assure un porte-parole de la mutuelle, qui est actuellement en conflit avec le site
lentilles-moins-cheres.com.


Mots-clés :

INTERVENTION CHIRURGICALE , LENTILLE , LENTILLE DE CONTACT , LUNETTES CORRECTRICES , PRIX




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