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Elaguer de grands arbres : les ficelles des arboristes-grimpeurs

Elaguer de grands arbres : les ficelles des arboristes-grimpeurs
Novembre 2010
Le Particulier Pratique n° 362, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

Élaguer un arbre demande du savoir-faire. Il faut déterminer dans quels cas cette opération est souhaitable ou nécessaire, quelles branches doivent être raccourcies ou éliminées, et dans quelles proportions. Les coupes doivent être effectuées avec des outils adaptés, sains et précis, pour éviter tout risque d’infection de la plaie. Et ce, à plusieurs mètres du sol : à l’âge adulte, de nombreuses espèces d’arbres atteignent 20, 30, 50 m de hauteur. Jouer les équilibristes, tronçonneuse à la main, n’est évidemment pas conseillé. Mieux vaut confier l’entretien de vos grands arbres à des ouvriers forestiers formés à cette tâche.

L’élagage, une affaire de spécialistes

Certains élagueurs travaillent au sein de grosses, voire de très grosses entreprises spécialisées – qui raflent, généralement, les appels d’offres lancés par les organismes publics en proposant des prix sur lesquels les petites structures ne peuvent pas s’aligner. Dans la plupart des cas, ces professionnels ne tiennent pas compte des besoins de l’arbre ; ils se contentent de raccourcir toutes les branches à la tronçonneuse. “Un massacre physiologique et esthétique, se désole Olivier Rochette, élagueur-grimpeur indépendant établi en Corse. Pour des questions de rapidité, ces élagueurs travaillent à partir d’une nacelle hydraulique. Son usage n’est pas condamnable en soi mais ne permet pas d’accéder à l’ensemble du houppier.”
Outre ces grosses entreprises, il existe de nombreux artisans qui travaillent plus finement. Beaucoup de paysagistes s’autodéclarent élagueurs. En fait, seuls ceux ayant obtenu un certificat de spécialisation en taille et soins des arbres devraient se prévaloir de cette compétence.

Les élagueurs-grimpeurs, adeptes de la taille douce

Ces artisans ne coupent que si c’est nécessaire et uniquement ce qu’il faut. Maîtrisant les techniques du grimper sur cordes, ils interviennent directement dans l’arbre, en s’aidant d’un baudrier, de cordes, de mousquetons… “Le grimper sur cordes doit s’effectuer sans griffes, ergots ou crampons pour ne pas blesser l’arbre”, insiste Romain Rioual, arboriste-grimpeur dans les Vosges depuis 8 ans. “Les griffes endommagent l’écorce, confirme Olivier Rochette. Elles provoquent de multiples plaies qui constituent autant de portes d’entrée pour les insectes, les champignons, les bactéries… Leur usage doit être proscrit, sauf si l’arbre doit être démonté (abattu, tronçon par tronçon).” De plus, en taille douce, on coupe avec parcimonie. “Une fois le chantier terminé, certains clients crient à l’arnaque. Ils paient pour avoir du volume au sol ! D’où l’importance de bien expliquer, avant l’intervention, en quoi consiste cette pratique arboricole”, souligne Olivier Rochette, qui a créé un forum très instructif sur Internet destiné à ses confrères et au grand public (on y accède via le site allo-olivier.com, qui est, en lui-même, une véritable mine d’informations).
Les élagueurs-grimpeurs, ou arboristes-grimpeurs, sont encore minoritaires, mais ils ne cessent de moderniser la profession. L’Office national des forêts (ONF) possède également des équipes d’élagueurs-grimpeurs qui assurent l’entretien des forêts domaniales, des arbres plantés en ville ou au bord des routes, mais aussi celui de parcs et jardins individuels.

Les effets pervers de la taille sévère

Couper la ramure au niveau du tronc devrait être une intervention exceptionnelle. Autrement dit, l’élagage sévère est à bannir, du fait de l’importance des plaies et de leur difficulté à cicatriser. “De toute façon, une coupe drastique génère une végétation anarchique et plus dense qu’avant élagage : les feuilles poussent ensuite plus larges, de nombreux rejets se développent, et ces derniers, moins bien ancrés que les branches initiales, présentent un risque accru de rupture en cas de vent fort. Au final, les nuisances d’ombrage, d’encombrement, de chute spontanée, etc., sont aggravées ; l’arbre nécessite alors une surveillance annuelle, et le coût d’entretien est majoré d’autant”, martèle Olivier Rochette.
En anticipant les questions d’encombrement dès la conception du jardin, et en procédant à des tailles régulières de formation les premières années, on peut éviter un élagage sévère quelques années plus tard, souligne-t-on à l’Union nationale des entrepreneurs du paysage (Unep). “La taille de formation consiste essentiellement à couper les branches de petite section pour ne conserver que les branches charpentières les plus intéressantes, ce à un âge où l’arbre cicatrise bien. Elle permet de façonner la silhouette de l’arbre, de le contraindre dès le départ à cohabiter avec ce qui l’entoure : une maison, un autre arbre, peu importe”, explique Romain Rioual. “Cette taille de formation se pratique tous les 2 ans jusqu’aux 10 ans du sujet. Si celle-ci a été bien conduite, une taille d’entretien suffit ensuite : tous les 4 à 5 ans pour les arbres âgés de 10 à 20 ans, puis tous les 10 ans pour ceux qui ont plus de 20 ans”, conclut Olivier Rochette. On est loin des platanes étêtés annuellement dans nos villes.

Sylvie Francisco


Mots-clés :

ARBRE , ARTISAN , JARDINAGE




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