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Faut-il se laisser tenter par la tablette numérique ?

Faut-il se laisser tenter par la tablette numérique ?
Novembre 2010
Le Particulier n° 1054, article complet.
Auteur : VILARASAU (Katia)

Les tablettes numériques sont en train de révolutionner le monde de l’internet mobile. Alors que les ventes de l’iPad dépassent les prévisions, les tablettes concurrentes arrivent en force sur le marché. Découvrez les atouts et les limites de ce phénomène high-tech.

Le cadeau à la mode, à Noël, sera, selon toute vraisemblance, la tablette numérique multimédia ! Lancé au printemps, l’iPad d’Apple a déjà séduit quelque 400 000 consommateurs français en l’espace de 3 mois. Avant de craquer, il peut être utile de faire le point sur les possibilités offertes par cet appareil innovant. Le dernier-né de la firme à la pomme a été conçu pour se démarquer des ordinateurs portables et des netbooks, ces mini-portables prévus pour la navigation sur internet et pour répondre à des besoins bureautiques simples. Il combine les capacités d’un mini-ordinateur avec celles d’un livre électronique. Mais ici, exit la souris : tout est contrôlé directement par le doigt sur l’écran tactile. Sur un iPad, il est ainsi possible, avec l’application iBooks, d’ouvrir un ouvrage électronique d’une simple pression du doigt puis d’en feuilleter les pages en glissant le doigt sur l’écran. L’iPad est également un véritable outil internet. Là encore, la navigation se fait directement sur l’écran tactile. On peut ouvrir plusieurs pages, qui s’affichent alors en mosaïque, enregistrer ses sites favoris, consulter sa messagerie… Écrire un message demande toutefois un peu d’habitude. L’appareil ne possédant pas de clavier mécanique, on doit saisir son texte à partir du clavier virtuel qui apparaît directement sur l’écran. La tablette possède également, par défaut, certaines applications dont Vidéos, qui donne accès à des films et des séries télé, et iPod, qui lui confère les fonctions d’une audiothèque portable et permet d’écouter de la musique. De nombreuses autres applications – outils bureautiques (traitement de texte, tableur…), jeux vidéo, services de géolocalisation, banques en ligne, etc. – peuvent être téléchargées. Certaines de ces fonctions sont les mêmes que celles de l’iPhone (voir le n° 1050 du Particulier, p. 78).

Un bel objet livré avec un équipement minimal

Malgré toutes ses capacités, il ne faut pas considérer l’iPad comme un outil de travail. La tablette ne dispose pas de la connectique habituelle des PC portables, comme les ports USB ou Ethernet, qui permet de brancher une imprimante. Elle n’est pas non plus conçue pour téléphoner, même s’il est possible, grâce au logiciel Skype, de passer gratuitement des appels téléphoniques vers des supports (tablettes, ordinateurs) outillés du même logiciel. Elle ne possède pas de webcam ni d’appareil photo intégré. Le logiciel Flash, très largement utilisé pour le visionnage des vidéos ou pour certains jeux en ligne, avait également été exclu d’iOS, le système d’exploitation qui sert d’interface sur l’iPhone et l’iPad. Résultat, les pages internet étaient amputées d’une partie de leurs animations. Ce désagrément devrait disparaître, Apple ayant annoncé en septembre qu’il en autorisait l’usage « limité » sur de futures applications. Autre handicap, en voie d’être dépassé, l’iPad ne permet pas d’ouvrir plusieurs applications en simultané. La nouvelle version de son système d’exploitation, l’iOS 4.0, qui devrait être disponible en téléchargement dès novembre, vise à réparer cette lacune.
Le succès de l’iPad tient surtout à son esthétique et à une force de frappe marketing et médiatique sans commune mesure. Mais pourra-t-il résister à la déferlante des offres concurrentes d’Archos, de Toshiba, de Dell ou de Samsung ? D’autant que ces challengers disposent de la plupart des options et équipements qui font défaut à la tablette conçue par Apple : fonction téléphone, connectique USB et HDMI (High Definition Multimedia Interface : sortie utilisée pour relier des sources audio/vidéo avec un téléviseur haute définition), appareil photo, batterie amovible, webcam, technologie Flash… « Le Galaxy Tab de Samsung est l’un des meilleurs concurrents de l’iPad. Comme lui, il est beau et bien pensé », selon Laurent Ricard, spécialiste des nouvelles technologies et auteur de l’ouvrage Tout pour bien utiliser l’iPad (éditions Dunod, 9,90 €). Légèrement plus petite que l’iPad (voir tableau ci-dessous), la tablette de Samsung mise sur l’ultramobilité, en étant plus fine (1,19 cm contre 1,34 cm) et, surtout, deux fois plus légère. Annoncée pour la fin d’octobre, sa commercialisation devrait être assurée par les trois grands opérateurs mobiles, en association avec un forfait de téléphonie. Ce qui pourrait permettre de ramener le prix du produit de 699 € à 400 € environ, sous réserve de souscrire un abonnement. Côté applications, le Galaxy Tab devrait être bien pourvu, avec des vidéos à la demande, des livres électroniques (e-books), des jeux et des programmes bureautiques accessibles sur la plate-forme de téléchargement Android Market. Celle-ci propose 80 000 applications… contre 300 000 pour l’Apple Store, le magasin virtuel d’Apple. Autres concurrents annoncés, le français Archos et le japonais Toshiba, qui peaufinent des tablettes tactiles un peu plus grandes que l’iPad, à moins de 400 €. Orange s’apprête également à lancer, d’ici Noël, sa propre tablette avec une clé internet 3G, dont le prix ne devrait pas dépasser 250 €, voire 100 € si elle est couplée à un abonnement. Orange avait déjà mis sur le marché, en 2009, une tablette de 7 pouces, la Tabbee by Orange, fonctionnant sous Linux, sans véritable succès. Pour sa nouvelle version, l’opérateur français a choisi Android, le système d’exploitation développé par Google, qui équipe aussi les modèles Samsung, Toshiba et Archos. Un système bien adapté à l’internet mobile, déjà présent sur de nombreux smartphones et qui dispose d’applications familières et faciles d’utilisation (Gmail, Google Maps, Youtube…) « À la différence du système d’exploitation Windows, très orienté sur le clic de la souris, les systèmes Android ou iOS d’Apple permettent de créer des applications utilisables instantanément par simple pression du doigt, explique Laurent Ricard. En termes de parts de marché, ce sera donc plutôt Apple et les tablettes fonctionnant sous Android qui mèneront le bal à l’avenir… »

À l’achat comme à l’usage, l’addition peut vite grimper

Afin de résister à l’assaut de ses concurrents qui misent à la fois sur la technologie et sur les prix pour se démarquer, Apple pourrait mettre en vente, d’ici Noël, un mini-iPad de 7 pouces (un peu moins de 18 cm), moins coûteux que son aîné. Une offre intermédiaire susceptible d’intéresser des consommateurs désireux de s’offrir le dernier produit technologique de la firme à la pomme mais sans se ruiner. L’iPad se révèle, en effet, assez onéreux, non seulement à l’achat mais à l’usage. Cette tablette n’étant pas distribuée par les opérateurs mobiles (à l’exception de ­Prixtel, voir tableau p. 87), les acquéreurs ne peuvent pas bénéficier de la subvention de 200 à 300 € à l’achat proposée pour les appareils concurrents. Les versions de base, équipées du wifi, valent ainsi de 499 €, pour le modèle à 16 Go de mémoire, à 699 € pour celui offrant 64 Go de mémoire. À titre d’exemple, l’iPad 16 Go permet de stocker une vingtaine de films et 400 titres de musique, contre 90 films et 1 600 titres pour le modèle à 64 Go. De plus, si vous voulez avoir accès à internet partout, vous devez acheter un modèle équipé d’une clé 3G qui vaut 100 € de plus que le basique (voir p. 86). Il faudra également mettre la main à la poche pour pouvoir connecter l’iPad à vos autres appareils ou le protéger, car il est vendu sans accessoire. Un adaptateur Dock/USB pour compenser l’absence de port USB (qui sert à connecter une imprimante) est facturé 30 €. Si vous souhaitez acquérir un clavier et une station d’accueil pour maintenir l’appareil à la verticale, il faut compter 69 €. L’iPad ne possède pas non plus de connectique permettant de télécharger les photos et les vidéos de votre appareil photo. Il faut lui adjoindre un kit de connexion vendu 29 €. Et, pour préserver l’écran des rayures, il est conseillé d’acheter, pour 39 €, un étui de protection qui peut aussi servir de support à la tablette.

L’iPad est quasi vide d’application

En ce qui concerne les logiciels, l’iPad est livré quasiment nu. L’application iBooks, par exemple, qui permet de lire des livres sur la tablette numérique, n’est pas installée par défaut. Il faut passer par l’Apple Store pour se la procurer gratuitement. Mais vous devez d’abord installer le logiciel ­iTunes sur votre ordinateur et créer un compte. Cette étape obligatoire vous permettra de télécharger ensuite (gratuitement ou non) tous les programmes qui vous intéressent pour enrichir votre iPad. L’application iBooks vous donnera accès à l’iBookstore d’Apple, librairie virtuelle offrant un choix de quelque 8 000 ouvrages électroniques en français publiés par les maisons d’édition du groupe Hachette. Si certains ouvrages sont gratuits, les prix peuvent atteindre 30 €. Vous pouvez également télécharger des livres sur d’autres sites comme Numilog, la plate-forme commune des éditeurs français, qui dispose d’un catalogue de 56 000 titres. Attention, ils doivent être au format ePub (format standardisé pour les publications électroniques). Les livres numériques ne sont pas toujours moins chers que les livres papier. Les coûts de production, incluant la conversion numérique, le stockage des fichiers numériques, la sécurisation, les frais juridiques…, seraient quasi identiques. De plus, le livre numérique supporte une TVA de 19,6 % contre 5,5 % pour le livre papier. On trouve ainsi des livres électroniques à plus de 15 € alors qu’ils sont vendus en librairie en format poche à 7,50 €… Mais des ouvrages tombés dans le domaine public, et donc libres de droit, peuvent être téléchargés gratuitement sur certains sites comme ebooksgratuits.com, livrespourtous.com ou numilog.com.
L’offre média de l’iPad s’étoffe de jour en jour. Il est possible de télécharger des quotidiens (Le Figaro, Le Monde, Libération…) pour 0,79 € le numéro, des magazines français ou étrangers en version gratuite (L’Express, Le Nouvel Observateur, The Times, The Wall Street Journal) ainsi que des chaînes de télévision, comme France 24, proposée gratuitement.
Doté d’un écran haute résolution HD (haute définition), l’iPad est l’instrument rêvé pour visionner des films n’importe où. L’iTunes Store propose plus de 1 000 longs métrages en location (comptez de 3 à 4 €) ou à l’achat (de 8 à 14 € environ), mais peu de films sont disponibles en version originale et tous ne sont pas en haute définition. Notez que, si vous souhaitez transférer vos propres vidéos de votre ordinateur vers l’iPad, il vous faudra acquérir un logiciel permettant leur conversion vers le format pris en charge par le système d’Apple. Et la manœuvre peut s’avérer particulièrement complexe s’il s’agit de transférer vos DVD. Vous pouvez également télécharger des logiciels de création musicale sur votre iPad (Nanostudio, par exemple, 11,99 €) ou des applications permettant de lire et de stocker des partitions (Forscore, 3,99 €).
Concernant les applications bureautiques ou pratiques, l’iPad peut s’enrichir de divers logiciels, qui vont du traitement de texte Pages, compatible avec Word (7,99 €), au tableur Numbers, compatible avec Excel (7,99 €), en passant par le TwoNav France, qui permet de transformer l’iPad en navigateur GPS pour 89,99 €. Quelques applications sont gratuites, comme Dropbox, un service de stockage et de partage de fichiers en ligne, ou Tweetdeck, pour utiliser le réseau Twitter sur la tablette. Il est également possible, pour enrichir son iPad, de puiser parmi les 185 000 logiciels disponibles pour l’iPhone. Mais avec des résultats parfois mitigés. La plupart des applications ne proposent que le format prévu pour l’écran d’un mobile (3,5 pouces, soit 8,89 cm) et leur affichage en mode plein écran peut se révéler très décevant, notamment pour les jeux vidéo. Toutefois, des mises à jour logicielles gratuites ou payantes peuvent pallier ce désagrément.
Enfin, l’iPad est idéal pour les jeux : avec sa large dalle, il devient facile de jouer à plusieurs. S’il existe des jeux gratuits (comme Labyrinth 2HD), il est souvent nécessaire d’acheter la version complète pour accéder à d’autres niveaux.

Pas d’abonnement nécessaire pour se connecter en wifi

Pour se connecter à internet, les tablettes numériques utilisent, selon les modèles, soit une connexion wifi seule, soit une connexion mixte, wifi et 3G, le réseau téléphonique sans fil. Le modèle wifi ne nécessite pas d’abonnement spécifique : il suffit de disposer chez soi d’un boîtier wifi, ou d’être proche d’un hotspot (point d’accès à internet, gratuit ou payant). Ceux-ci se multiplient dans de nombreux lieux publics (gares, aéroports, jardins publics, bibliothèques…). Notez que les abonnés de Free et de SFR ont la possibilité d’utiliser automatiquement et gratuitement les ondes wifi émises par les boîtiers des autres abonnés de leur opérateur. Free offre ainsi à ces clients un réseau de plus de 3 millions de Freebox sur l’Hexagone et SFR fait de même avec son réseau de 2,5 millions de Neufbox. Pour connaître la couverture réseau de ces opérateurs, vous pouvez consulter les cartes des sites : www.freebox-wifi.fr (pour Free) et http://cartewifi.sfr.fr (pour SFR).
En revanche, pour pouvoir surfer sur internet partout sans se soucier de trouver une borne wifi, l’iPad version wifi + 3G est plus pratique. Mais il implique de souscrire un forfait auprès d’un fournisseur d’accès internet. Les opérateurs Orange et SFR, qui espèrent obtenir d’Apple le droit de commercialiser ses tablettes dans leurs boutiques d’ici à la fin de l’année, proposent des forfaits bloqués et rechargeables sans engagement. Les offres à 200 Mo (1 Mo = 1 million d’octets) d’Orange (10 € par mois) ou à 250 Mo de SFR (14,90 € par mois) permettent une quinzaine d’heures de navigation par mois (15 Mo équivalant à une heure environ). Les gros consommateurs d’internet ont intérêt à opter pour des forfaits plus importants. Chez Orange, l’offre à 1 Go (1 Go = 1 000 Mo) autorise environ 65 heures de connexion par mois (pour 25 €), et celle de 2 Go, près de 130 heures (pour 39 €), avec possibilité d’ajouter des recharges une fois le forfait épuisé. SFR commercialise un forfait illimité 24 h/24 pour 29,90 €, mais au-delà d’1 Go de consommation la vitesse de connexion est divisée par 14 ! Un troisième fournisseur d’accès internet, Prixtel, un opérateur low cost qui utilise le réseau de SFR, propose depuis juillet l’iPad 3G dans sa version à 16 Go au prix de 399 €, soit 200 € moins cher que sur l’Apple Store. La tablette est vendue avec un abonnement forfaitaire de 24 mois à 500 Mo, pour 29,90 € par mois. Chaque Mo supplémentaire est facturé 20 centimes d’euro. Bouygues Telecom est également en pourparlers avec Apple pour lancer sa propre offre d’ici à la fin de l’année. Sachez que, même avec un forfait 3G, rien n’empêche de se connecter en wifi. C’est même conseillé car les débits en mode 3G se révèlent souvent décevants. Ils atteignent 2 000 kbit/s en réception et 110 kbit/s en envoi, contre respectivement 3 500 kbit et 780 kbit en mode wifi. « Le débit internet 3G est, en réalité, 30 fois en deçà de ce que les opérateurs promettent, souligne Laurent Ricard. Ils prétendent ainsi éviter une saturation du réseau, mais ils veulent aussi limiter leurs investissements. Ce qui pose problème, car les tablettes numériques donnent envie de faire autre chose qu’envoyer des mails… » Avec le 3G, il faut compter une dizaine de secondes pour que les pages très chargées en images s’affichent. Cette lenteur se fait surtout sentir lors du visionnage de vidéos. Par exemple, si l’on regarde un film via Youtube, qui adapte la qualité des vidéos en fonction du débit, la version 3G semble beaucoup plus dégradée que la version wifi. Mais attention, le mode de communication en wifi est très vorace en énergie. Un point à prendre en compte, l’iPad se rechargeant très lentement (plusieurs heures) lorsqu’il est branché sur un ordinateur et pas du tout sur certains appareils qui ne
délivrent pas la puissance nécessaire sur leur port USB. La seule solution consiste alors à utiliser
l’adaptateur secteur fourni.

Katia Vilarasau


Mots-clés :

ABONNEMENT , INTERNET , OPERATEUR , ORDINATEUR PORTABLE , TABLETTE




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