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Etudiez les prix et les garanties avant d'assurer votre voiture

Etudiez les prix et les garanties avant d'assurer votre voiture
Septembre 2010
Le Particulier n° 1052, article complet.
Auteur : FERRON (Aurélien)

Sur le marché de l’assurance auto, très concurrentiel, les offres, de plus en plus variées, sont difficiles à comparer. Nos conseils pour repérer les assureurs qui vous correspondent le mieux et notre diagnostic sur les garanties.

Franchises plus ou moins élevées, exclusions de garanties, kyrielles d’options… Pas facile de comparer les contrats d’assurance automobile, d’autant que, pour fixer un prix, les assureurs utilisent de savants systèmes de tarification où entrent en jeu une multitude de paramètres comme les statistiques de vol du modèle de véhicule assuré, le coût des pièces détachées, le trafic routier des lieux d’habitation et de travail de l’assuré, ses antécédents. Sur ces critères se greffent des considérations commerciales, certains assureurs souhaitant se développer dans telle ou telle région, ou privilégier une tranche d’âge plutôt qu’une autre. À tel point que les tarifs semblent être taillés sur mesure pour chaque automobiliste. Mais une tendance se dessine plus sûrement : les primes sont reparties à la hausse. Les assureurs font ainsi état d’une augmentation du coût des sinistres de 8 % en 2009, sous l’effet conjugué des événements climatiques (48 000 véhicules endommagés, notamment par les tempêtes Klaus et Quinten du début d’année) et de l’accroissement du nombre d’accidents. Conséquence : après plusieurs années de stagnation, voire de baisse des primes, les tarifs ont progressé de 1 à 3 % par rapport à 2009.

Les assurances sur internet ne sont pas toujours les plus avantageuses

Dans ces conditions, quelles sont les compagnies les moins chères ? Nous avons enquêté auprès des principaux acteurs du marché, qui assurent à eux seuls les trois quarts des automobilistes français, et de trois assureurs présents sur internet. Nous avons examiné leurs tarifs pour deux profils d’automobilistes : un père de famille de 45 ans dont le véhicule de 2003 est couvert contre les principaux risques (vol, incendie et responsabilité civile du conducteur, à l’exception des dommages qu’il pourrait causer à son véhicule en cas d’accident responsable) et un retraité de 65 ans disposant d’une voiture récente et assuré tous risques (vol, incendie, responsabilité civile du conducteur, dommages responsables causés à son véhicule et vandalisme). Pour chacun, nous avons fait varier différents paramètres comme le lieu d’habitation ou la garantie souhaitée. Résultat : un assureur peut se révéler très compétitif pour un profil et pas du tout pour un autre (voir p. 78-79). C’est, par exemple, le cas de la Maif, qui propose des tarifs concurrentiels à notre père de famille, mais se situe dans le haut de la fourchette pour notre retraité. Contrairement aux idées reçues, les assureurs sur internet comme Amaguiz (filiale de Groupama), Direct assurance (Axa) et IdMacif (Macif) ne sont pas systématiquement les moins chers : ils sont concurrencés, voire devancés, suivant les profils, par les contrats du CIC-Crédit mutuel, de GMF ou de MMA. Autres enseignements tenant au profil de l’assuré : certaines compagnies sont plus réticentes que d’autres à attirer les moins bons conducteurs. Si notre retraité s’était rendu responsable de dégâts matériels sur un autre véhicule 18 mois avant de changer d’assureur, il aurait vu les propositions tarifaires d’Allianz, Amaguiz, Axa ou MMA s’envoler de plus de 250 €, alors que Direct assurance ainsi que trois grandes mutuelles (Macif, Maif et Matmut) se seraient montrées plus conciliantes en limitant ce surcoût de moitié. À l’inverse, ces trois mutuelles ont tendance à faire payer plus cher dès que la puissance du véhicule augmente : notre retraité débourserait de 130 à 180 € de plus pour assurer une Renault Laguna III (de 8 chevaux fiscaux) plutôt qu’une Citroën C4 de 5 chevaux, alors que les autres compagnies limitent ce surcoût à quelques dizaines d’euros (23 € chez Direct assurance, par exemple).

Jusqu’à 33 % de réduction pour les petits rouleurs

Les assureurs peuvent tenir compte de certaines habitudes pour proposer des tarifs plus avantageux. La Matmut diminue, par exemple, sa prime de plus de 10 % (338 € au lieu de 382 €) si le père de famille de nos simulations n’utilise son véhicule que dans le cadre de ses loisirs, et non pour se rendre à son travail (dispositif « usage sérénité »). Les automobilistes roulant moins que la moyenne des conducteurs français (qui ont parcouru 12 800 km par an, en moyenne, en 2008, selon le Comité des constructeurs français d’automobiles) peuvent être également choyés (voir tableau p. 82). Les assureurs proposent des forfaits « petits rouleurs », sans modification des garanties. Les gains peuvent être substantiels : s’il s’engage à rouler moins de 8 000 km dans l’année, notre retraité, assuré chez Axa, économise 125 € sur sa prime (soit 25 % de réduction), son assurance devenant l’une des plus compétitives du marché. Ces formules reposent sur la confiance : s’il dépasse la limite autorisée, c’est à l’automobiliste de prévenir son assureur pour modifier son forfait kilométrique (passer du forfait 7 000 km au forfait 9 000 km chez Allianz, par exemple) ou revenir à l’offre classique. Mais gare aux oublis : en cas de sinistre, l’expert d’assurance est aussi chargé de relever le compteur. S’il s’avère que l’automobiliste a dépassé son forfait kilométrique, la compagnie peut invoquer la nullité du contrat (le sinistre ne sera alors pas pris en charge) ou réduire le montant de la réparation des dommages. Bien souvent, l’automobiliste a intérêt à communiquer chaque année à son assureur son kilométrage : chez Allianz, tout kilomètre inclus dans le forfait mais non parcouru peut être reporté sur les années suivantes (dans la limite de 5 000 km). Chez MMA, il peut être reporté ou remboursé. S’il a souscrit un forfait de 10 000 km, mais a, en réalité, parcouru 8 000 km dans l’année, notre retraité peut ainsi se voir rembourser les 2 000 km non parcourus sur la base de 8 € des 1 000 km (soit 16 €, dans notre exemple).
Une autre formule, principalement commercialisée par Amaguiz, et dénommée « Pay as you drive », consiste à équiper le véhicule d’un compteur enregistrant et transmettant automatiquement tous les mois le nombre de kilomètres parcourus par la voiture de l’assuré. La prime mensuelle correspond très exactement au kilométrage. Cette formule se révèle avantageuse pour notre retraité dès lors qu’il roule moins de 9 900 km dans l’année (moins de 8 800 km pour le profil père de famille). Et s’il ne parcourt pas plus de 5 000 km dans l’année, il peut même, grâce à ce mécanisme, diminuer d’un tiers le montant de sa prime annuelle.

Les excellents conducteurs sont aussi très convoités

D’autres assureurs sont, eux, prêts à offrir d’importantes réductions aux bons conducteurs. Les assurés disposant d’un bonus de 50 % représentent, en effet, une cible de choix : ils sont, a priori, moins susceptibles que d’autres d’avoir un accident responsable. En partant d’un coefficient initial de 1, il faut, en effet, 13 années sans sinistre pour parvenir à un bonus de 50 % (le coefficient diminue de 5 % par an), preuve de leur bonne conduite. La plupart des assureurs cherchent à choyer cette clientèle idéale en lui proposant, à la souscription, des rabais supplémentaires. C’est ainsi qu’Amaguiz, par exemple, diminue sa prime de 70 € pour notre profil retraité, si ce dernier affiche un bonus de 50 % à la souscription depuis plus de 3 ans. Axa propose même une ristourne de 161 € si l’assuré bénéficie du bonus maximal depuis plus de 7 ans. Mais cette pratique a une limite : l’assureur n’accordera pas de nouvelle ristourne en cours de contrat, même si le profil de l’assuré continue de s’améliorer. C’est pourquoi certaines compagnies ont imaginé une autre offre marketing : le superbonus (voir tableau p. 83). Il s’agit d’un geste commercial, à ne pas confondre avec la pratique du bonus/malus, réglementée par le code des assurances, qui s’applique aussi bien aux nouveaux clients qu’aux automobilistes déjà assurés par la compagnie, tant qu’ils ne déclarent pas de sinistres responsables. C’est ainsi qu’un assuré GMF, Macif ou Matmut peut voir sa prime annuelle diminuer, alors même qu’il affiche déjà un bonus de 50 % et bénéficier de tarifs parmi les plus compétitifs du marché (ce qui n’est pas le cas, à la souscription, pour notre retraité, à la Macif et à la Matmut). Une ristourne qui peut dépasser, compte tenu du bonus de 50 %, 56 % chez GMF, 63 % à la Matmut et 66 % à la Macif. Le contrat Crédit agricole-LCL octroie, pour sa part, un avantage bon conducteur de 2 % par an, tant que l’assuré ne déclare pas d’accident (qu’il bénéficie ou non du bonus de 50 %), avec une réduction maximale de 20 %. Ainsi, notre assuré retraité profite déjà d’une réduction de 15 % à la souscription grâce à ce mécanisme. Et s’il ne déclare pas de sinistre dans les 3 années qui suivent, il verra sa prime à nouveau diminuer, passant de 415 à 386 € (voir tableau ci-dessus). Bien entendu, ces avantages commerciaux peuvent être remis en cause en cas d’accident responsable. Certaines compagnies  (GMF…) gèleront leur application, tandis que d’autres (Macif, Matmut…) en réduiront la portée, voire l’annuleront purement et simplement.
Ces offres marketing ne doivent toutefois pas être confondues avec un autre mécanisme, bien plus répandu mais moins attractif. Dénommé « Bonus longue durée » chez Axa, « Bonus à vie » à la Maaf, « Droit à l’erreur » chez MMA ou « Bonus 50 bonus toujours » chez Direct assurance, il permet à l’assuré bénéficiant d’un bonus de 50 % depuis au moins 3 ans de conserver cet avantage tarifaire jusqu’à la fin de sa vie, quel que soit le nombre d’accidents dont il est responsable (Axa limite toutefois ce nombre à deux). Une formule séduisante… à condition de pouvoir en profiter. Un bonus de 50 % de plus de 3 ans est, en effet, toujours préservé après un premier sinistre responsable (annexe de l’art. A121-1 du code des assurances). Ces offres n’ont donc d’intérêt que si l’assuré provoque un second accident par la suite : il échappera alors au malus de 25 % la première année et aux surcoûts engendrés les 5 années suivantes, le temps de retrouver à nouveau son bonus de 50 %. Pour un assuré payant 500 € de prime annuelle, le gain lié au dispositif est de 328 € (la surprime correspondant au malus de 25 % est de 125 € la 1re année, 94 € la 2e, 64 € la 3e…). Mais cet avantage tarifaire peut se révéler purement théorique : il n’est pas rare qu’un assureur résilie le contrat d’un automobiliste dès lors qu’il se rend responsable de 2 accidents (ne lui laissant alors pas le temps de profiter de l’avantage), surtout s’ils ont lieu dans un court laps de temps et que l’automobiliste n’est pas considéré comme un bon client (en clair, s’il n’a pas souscrit tous ses contrats d’assurance auprès de la même compagnie).

La qualité des garanties peut varier sensiblement

Changer d’assureur nécessite donc de multiplier les demandes de devis, sans se contenter d’internet. Même si les comparateurs en ligne comme Assurland.com, Hyperassur.com ou Lelynx.fr recensent parfois plusieurs dizaines de compagnies, la quasi-totalité des contrats traditionnels en sont absents et restent commercialisés par des agents, des courtiers ou via un conseiller bancaire. Mais le prix ne fait pas tout. Il faut que les garanties proposées soient à la hauteur. Dans les tableaux p. 78-79, nous avons retenu, pour chaque profil, des offres comparables avec un socle commun de garanties. Cela n’empêche pas certaines formules d’être plus complètes que d’autres : ainsi la GMF inclut une assistance sans franchise kilométrique dans ces formules « Tiers confort » et « Tous risques confort », de même Crédit agricole-LCL dans sa formule « Tiers intégral » (garantissant aussi les dommages causés par vandalisme)… Dans le détail, la qualité d’une garantie peut aussi varier sensiblement, comme le démontre l’étude de quatre d’entre elles (voir p. 80-81).

Aurélien Ferron


Mots-clés :

ASSURANCE AUTOMOBILE , COMPAGNIE D'ASSURANCE , PIECE DETACHEE , PRIX




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